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"Vivre en Bonne Santé en Corse" : Le nouveau débat de la CRSA à Corte


Rédigé par le Mercredi 9 Septembre 2015 à 23:17 | Modifié le Jeudi 10 Septembre 2015 - 14:04


Le vendredi 2 octobre aura lieu le débat public "Vivre en Bonne Santé en Corse" sur le site de l'université de Corte. Une première édition l'année dernière avait donné entière satisfaction aux intervenants, aux acteurs de santé et au public qui s'était déplacé nombreux pour débattre de sujets autour du thème "Santé et Insularité". Josette Risterucci, présidente de la CRSA qui organisera ce débat public, assure "que le citoyen se doit de participer et de prendre une part active aux questions de santé...que le travail collectif est nécessaire pour défendre notre bien le plus précieux, la santé".


"Vivre en Bonne Santé en Corse" : Le nouveau débat de la CRSA à Corte

 
 

- Vous êtes la présidente de la Conférence Régionale de la Santé et de l’Autonomie créée par la loi HPST de 2009 (portant sur la réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires). Quelles sont les rôles de cet organisme ?
- Cette conférence régionale est encore peu connue, car la pratique de la démocratie sanitaire et du débat public, restent encore peu utilisés. Pour ceux qui la composent, je leur dis toujours "utilisez cet outil, démocratisez le, faites-vous entendre, débattez" même si nous sommes consultatifs. Par exemple, les avis consultatifs donnés dans les commissions et non suivis par le directeur de l'ARS peuvent donner lieu à des recours en tribunal administratif par les promoteurs de dossiers, c'est donc que ces instances sont utiles. L'important est lorsqu’on en fait partie, de participer, ne pas déserter les commissions et se plaindre ensuite de ne pas être entendus... C’est un long travail d'échanges, d'expérience, de respect des textes, mais surtout de constructions d'avis pour élaborer le projet régional de santé.
C'est cela qui m'a motivé dans cette mission, la diversité de la composition de cette instance est une chance. Il ne faut pas pratiquer la politique de la chaise vide, il faut faire vivre les quatre commissions, c'est la responsabilité de chaque président. 


- C’est une instance qui détermine les questions de santé, mais qui organise aussi des débats publics. Le premier a eu lieu l’année dernière à Corte sur le thème « Santé et Insularité ». Une réussite je crois, quels retours du public en avez-vous eu ?
 Je le redis la culture du débat public n'est pas encore dans nos habitudes, par contre en Corse nous avons cette passion du débat contrairement à ce que l'on peut penser. 
C'est ce qui a contribué à la réussite de ce premier débat, ce qui n'était pas évident du tout.
Notre débat "santé et insularité" a été une première, tant sur le sujet qu'au niveau de la CRSA. L'organisation d'un tel débat doit répondre à un cahier des charges, et c'est ce que nous avons voulu et respecté avec le service de la démocratie sanitaire de l'ARS. Cela demande des mois de préparation, d'échanges, de travail. Un débat public en santé n'est pas un colloque, ni une conférence de "sachants" dans le domaine, c'est vraiment la parole au public dans sa diversité, nous ne maitrisons absolument pas les questions et c'est cela qui est primordial.
L'objectif est soit de pouvoir répondre au cours du débat, soit d'apporter dans le temps des réponses au public ; tout est enregistré, un verbatim complet des échanges et une synthèse sont faits et d'ailleurs mis en ligne sur le site de la CRSA corse. 


- Les comptes rendus complets des débats sont transmis à la conférence Nationale de Santé ainsi qu’à la Ministre des affaires sociales et de la santé. Est-ce dans le but unique de les informer de la teneur de ce débat public ou certains sujets de santé publique ont-ils fait état d’un suivi, voire de changements importants ?
Notre objectif avec les présidents des quatre commissions qui composent la CRSA CORSE, est de se servir de ces échanges et de les prendre en compte dans l'élaboration du prochain projet régional de santé pour la Corse. 
Nous ne sommes pas tous des spécialistes professionnels de santé, nous sommes surtout des usagers, des citoyens qui veulent participer et être écoutés et entendus. 
C'est aussi le moyen de faire "remonter" si je puis m'exprimer ainsi par la Conférence Nationale de Santé nos particularités dues à l'insularité, nos atouts et nos faiblesses. C'est pourquoi j'ai invité La Président de la CNS à ce débat et que j'espère pouvoir, dans nos travaux de la CNS, inclure nos problématiques au même titre que ceux des outremers, je l'ai d'ailleurs déjà demandé.
S'il s'agissait de faire un débat, juste parce que la loi le prévoit, mais que rien ne se passe après, autant ne pas nous faire perdre du temps et de l'argent inutilement. 
Les CRSA ne fonctionnent que depuis 4 ans, il a fallu les mettre en place, et en tirer le meilleur si possible. On peut ne pas partager les orientations politiques, les choix etc... Cette instance n'est pas un contrepouvoir de l'ARS, il faut un peu de temps pour trouver sa place.
Mes échanges avec les Présidents de toutes les CRSA m'ont permis d'enrichir cette expérience et de faire partager en toute modestie, avec les présidents des commissions, que nous n'avons pas à nous sentir en retrait dans nos travaux. Pour exemple, la région PACA a organisé un débat public, il y avait 80 personnes, si l'on compare en termes de moyens humains, de taille de la région... on peut donc être satisfaits de celui de l'année dernière.


- Le Vendredi 2 octobre 9h30 à Corte aura lieu un second débat public « Vivre en bonne santé en Corse, Prendre soin de soi et des autres tout au long de la vie ». Quels seront les thèmes abordés ?
- Tout ce qui concerne la prévention et la promotion de la santé, telles que les perçoivent les intervenants puisque la parole est libre. Les thèmes peuvent être la prévention des risques cardio-pulmonaires en lien avec le tabac, la sédentarité, l'alcool, le mal être, etc... la santé des jeunes et les conduites à risque (au volant, par les substances absorbées de façons festives ou habituelles, la précarité...), la dépendance et l'isolement des personnes en situation de handicap physique ou mental, la santé au travail, la nutrition et l'obésité, la pratique du sport, l'éducation à la santé dès le plus jeune âge, les conséquences de la précarité financière et sociale sur notre santé... 

L’objectif est d'élever notre niveau de conscience, nous devons prendre soin de nous-mêmes et des autres, tous les professionnels participent à ces actions, mais elles méritent à être coordonner par des politiques publiques pérennes et cohérentes. Les associations sont très présentes dans ces actions, nous souhaitons qu'elles soient présentes à ce débat.

Nous savons tous que les bénévoles sont très nombreux à œuvrer pour le bien des autres, je rappelle aussi que les représentants des usagers sont aussi des bénévoles et il faut saluer l'engagement et l'intérêt de ceux qui participent à toutes les actions que nous connaissons dans notre région. 

Je crois en la force et en l'union de ces valeurs pour faire avancer, même à petits pas, nos dossiers. 


- De quelle façon la parole du citoyen pourrait-elle être un levier de changement ou d’évolution positive du système de santé actuel ?
Je l'ai expliqué, par le recueil de leurs paroles pour l'élaboration du projet régional de santé, par la reconnaissance aussi de nos carences et de nos atouts, par la place du médecin traitant et des professionnels paramédicaux dans le parcours de santé de chacun d'entre nous de la naissance à l'accompagnement dans nos derniers jours. 

Cependant, pour que l'Etat respecte ses engagements et pour ne pas avoir créé ces CRSA pour se donner juste bonne conscience, effectivement nos débats, la parole publique doivent être non seulement écoutés mais surtout entendus.

C'est là que nous trouvons la plus grosse faille, c'est celle qui traite des moyens financiers attribués à notre région pour rattraper son retard structurel, pour mettre en œuvre rapidement les projets votés dans le PRS. C'est un énorme chantier qui ne peut partir que du constat de la base et non de la vision "parisienne" et "folklorique" de la santé en corse comme je le dis publiquement et dont j'assume totalement mes propos. 

J'estime que nous avons des compétences, des professionnels engagés, des usagers, qu'il faut respecter donc traduire par des résultats les promesses et projets votés. 

Il ne suffit de venir faire un petit tour en Corse pendant des vacances pour prétendre s'occuper de nos vraies difficultés en ne faisant plaisir qu'à des amis...


- La présidente de la CRSA porte quel regard sur la santé en Corse aujourd’hui ? 
-Celui que j'ai décrit précédemment, la Corse est la seule région de France qui n'a pas de CHU, nous avons raté un plan exceptionnel d'investissement (PEI) pour la santé en Corse, il était pour moi primordial, surtout dans une période où les comptes de l'assurance maladie étaient en équilibre. Personne durant cette période n'a porté ce dossier, mon jugement est sévère, il y avait des sujets plus "préoccupants" pour la Corse et la Ssanté ou le médico-social n'étaient peut-être pas porteurs électoralement... je suis volontairement provocatrice, ou nous n'avions pas pris la mesure régionale de nos besoins pour les défendre auprès de l'Etat. Chacun s'occupait d'un bout de dossier ... nous payons très fort aujourd'hui, au nom de la réduction des dépenses publiques, les conséquences.

Je le pense sincèrement, il n'est pas trop tard, la médecine évolue très rapidement, nous pouvons si le Ministère de la Santé et l'Etat daignaient nous recevoir, inclure dans nos projets pour la CORSE, comme le PADDUC qui aborde le sujet, l'urgence de chiffrer ces plans, établir ainsi une véritable continuité territoriale en santé et une égalité territoriale dans l'offre en Corse. Ainsi limiter les déplacements sur les continents, car tout ne pourra jamais se faire en Corse, mais beaucoup peut et doit être fait dans le public comme dans le privé. 

Nous devons passer du curatif au préventif, c'est bien le thème de notre débat, c'est aussi un changement de culture qui nécessite un investissement collectif. Les moyens financiers accordés à la prévention sont autant de gagné sur justement le vivre mieux en bonne santé. Les professionnels, les experts invités en parleront mieux que moi, c'est leur métier. 
Je voudrais conclure en précisant que je suis de celles qui pensent que le travail collectif, que de revenir continuellement sur des dossiers est nécessaire, qu'il ne faut jamais lâcher même s'il peut être démotivant de parfois "radoter"... mais la santé est notre bien le plus précieux, l'accès aux soins est un droit, et nous avons donc des droits et des devoirs, celui de prendre soin de notre santé par la prévention. 



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