Corse Net Infos - Pure player corse

Visite de François Lamy : La déception des habitants du Puntettu


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 15 Juin 2013 à 00:42 | Modifié le Dimanche 16 Juin 2013 - 02:20


Arrivé dans la matinée à Bastia, le ministre délégué à la Ville, François Lamy a visité, principalement, à pied les quartiers Sud en cours de rénovation, notamment Lupinu et Paese Novu, et une partie du centre ancien. La halte, promise au Puntettu où les habitants, qui s’opposent au projet de démolition de la ville, l’attendaient impatiemment, a tourné court. Inseme per Bastia relaye leur déception.


Un habitant du Puntettu crie son désespoir au ministre.
Un habitant du Puntettu crie son désespoir au ministre.
La visite ministérielle débute dès midi, comme de coutume, par un accueil républicain à la Mairie de Bastia en présence d’une grande partie de la majorité municipale. Après le déjeuner, le ministre entame, en grande partie à pied, sous un soleil de plomb, un tour d’horizon des quartiers Sud, de Lupinu à Paese Novu, ponctué de plusieurs haltes. Première halte à la Maison des quartiers Sud où lui est résumé le programme de rénovation urbaine entrepris par la ville. Quelques mètres plus bas, François Lamy pose, symboliquement, la première pierre du centre culturel des quartiers Sud qui doit être livré fin 2014. Il souligne « l’exemplarité en termes de réinsertion sociale » de ce chantier de 15 millions €, en partie financé par l’Etat, qui emploie « 10% des habitants du quartier».
 
Rencontre avec les associations
Toujours à pied, le ministre traverse le quartier rénové de la nouvelle école Charles Andrei pour atteindre les locaux d’Alpha, une association sise au pied de l’église Notre Dame des victoires et intervenant dans le cadre de CUCS, contrats urbains de cohésion sociale. Après que sa directrice, Danielle Mattei lui ait expliqué le rôle joué par Alpha, le ministre rejoint à Paese Novu, le centre social François Marchetti. Cette maison des services publics regroupe 27 associations qui travaillent à la réinsertion et lui exposent leurs missions et leurs difficultés, notamment, pour obtenir des subventions. Attentif et patient, le ministre écoute, compatit et promet de faciliter l’octroi d’aides au fonctionnement.
 
Au pas de charge
Son périple bastiais s’achève sur le Vieux Port après une promenade dans le centre ancien et une traversée au pas de charge du Puntettu où l’attend le comité de quartier luttant contre le projet de démolition prévu par la Mairie. Le ministre avait, d’abord, accepté une rencontre avec le Comité de quartier, le matin même à la Préfecture. C’est finalement son directeur de cabinet qui reçoit les habitants venus lui exprimer leur désarroi. Mais la promesse de pouvoir plaider leur cause auprès du ministre lors de la visite de l’après-midi tourne court. Les porte-paroles du Comité de quartier peuvent à peine approcher un ministre cerné par une garde municipale. Ils ont juste le temps de lui remettre Pesce Anguila, le livre emblématique de l’histoire de ce plus vieux quartier de Bastia. Le ministre est arrêté quelques mètres plus tard par Mustapha, un des habitants, qui, en pleurs, lui supplie d’empêcher son expulsion de la maison dont laquelle il vit depuis 40 ans. « Vous serez indemnisé », lance Ange Rovere, le 1er adjoint. Le cortège repart jusqu’au Vieux Port. Le ministre enfui, les habitants ne cachent ni leur déception, ni leur amertume.
 
La riposte d’Inseme
L’opposition municipale d’Inseme per Bastia, venue en soutien, est restée à l’écart, observant la scène. Son leader, Gilles Simeoni, ne mâche pas ses mots. « Inseme per Bastia n’a pas été invité à la réception qui a été donnée pour accueillir le ministre. C’est la conception de l’accueil républicain à la Mairie de Bastia qui n’invite pas l’opposition, y compris quand elle représente des milliers de Bastiais. Malgré ce premier acte de goujaterie, nous sommes venus aux côtés des habitants du quartier du Puntettu dans, toujours, un esprit de dialogue constructif. Le Comité attendait le ministre pour lui montrer de visu et in situ ce que l’actuelle majorité municipale propose de détruire. Le ministre a été cornaqué de très près par Emile Zuccarelli et sa garde rapprochée. Il est passé à deux mètres et on l’a empêché de venir parler aux habitants qui l’attendaient. On ne peut que comprendre leur amertume, leur déception et leur frustration. Malgré cela, nous allons continuer à expliquer que nous sommes tout à fait favorables à la réhabilitation du quartier, favorables aux destructions lorsqu’elles concernent des logements insalubres. Par contre, chaque fois qu’il y a une richesse patrimoniale exceptionnelle, comme c’est le cas de plusieurs bâtiments qu’on se propose de détruire, il faut préserver, réhabiliter et réaménager en conservant l’esprit des lieux ». Le combat sur le Puntettu se poursuivra, dès dimanche matin, où le Comité de quartier prévoit une nouvelle action de sensibilisation.
 
N.M.





1.Posté par Y-C Garcia le 15/06/2013 12:28
A croire que c'est devenu une mode, un pitoyable style politique, cette façon de venir au pas de charge, de se retrouver en Préfecture en cercle fermé et ensuite de refuser de rencontrer les habitants en déléguant les délégués des délégués, qui eux-mêmes bottent en touche sur les sujets primordiaux.
Déjà qu'il n'y a jamais autant eu de défiance et un gouffre d'incompréhension entre les politiques (de tous bords) et la population en général, cette méthode plus qu'inélégante (et disons le, carrément méprisante envers ceux qui ont porté au pouvoir les "édiles" !) ne va pas, bien au contraire, améliorer les rapports déjà suffisamment tendus.
Il faudrait peut-être que les élus prennent conscience de ça, (ne serait-ce que par intérêt politicien), puisque les élections municipales se rapprochent à grands pas...
Enfin, que dire de ce pauvre homme, Mustapha, qui contraint de hurler son désespoir pour simplement ne pas être expulsé de chez lui (et qui ne vit sans doute pas dans un palazzu, loin s'en faut!), se voit répondre un lapidaire "vous serez relogé"... C'est lamentable !
Alors, au delà des récupérations politiques et des critiques, il faudrait juste rappeler à tous ces élus que c'est uniquement parceque les habitants leur ont "confié" une mission, qu'ils sont en situation de responsabilité politique.
Que le terme "responsabilité" n'est pas un vain mot et qu'une politique juste et efficace pour le bon fonctionnement d'une ville et l'épanouissement de sa population, ne peut pas se faire dans le dos et le mépris affiché de ceux qui ont porté leurs élus au pouvoir.

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Samedi 3 Décembre 2016 - 19:08 La magie de Noël opère à Biguglia

A la une | L'actu régionale | Faits divers | Société | Justice | Economie










Retrouvez les offres d'emploi avec notre partenaire





Les plus récentes
L'actu régionale
Charles Monti | 24/11/2016 | 85201 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
L'actu régionale
Michela Vanti | 16/09/2016 | 40767 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
1 sur 345