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Vagabondu Isulanu : Dans les mâchoires de Satan


Rédigé par Vagabondu le Lundi 18 Août 2014 à 20:58 | Modifié le Mardi 28 Octobre 2014 - 12:30


Vagabondu Isulanu. C'est une signature que l'on apprécie et que l'on trouve régulièrement sur Facebook. Aujourd'hui, Corse Net Infos, avec son aimable autorisation, a décidé d'élargir le cercle de ses lecteurs, déjà conséquent, en reprenant quelques-uns de ses écrits. Aujourd'hui une, brillante, réflexion sur les derniers incendies criminels. A lire.


Vagabondu Isulanu : Dans les mâchoires de Satan
L’atroce a cette insoupçonnable façon de se travestir, le vice est un déguisement, la violence change de visage comme elle change de cible. Aux armes de choix, cette fois, c’est par la flamme qu’elle s’est montrée. Non pas celle de l’espoir, mais celle de l’agonie, celle qui met encore la terre de Corse à genoux, d’une autre manière. Elle a plus d’un tour dans sa folie, la violence.
Sur la carte géographique de l’île, c’est le flanc oriental qui a eu chaud, chaud jusqu’à en mourir. Flanc nacré de cendre, juste face au turquoise de l’eau, contraste affligeant. Les mains assassines à l’affût, la bêtise humaine en renfort.
Le diabolique mélange d’un rire satanique à faire froid dans les reins éclate aux premières rafales de vent. L’hilarité démentielle d’un souffle aux multiples combinaisons, de celui qui sagement sait éteindre l’innocente flamme, à celui qui va l’alimenter pour qu’elle devienne destructrice. L’instabilité des ressemblances décrira également les mêmes avant-bras de l’homme, tout semble identique, jusqu’aux extrémités… Pourtant, leurs mains n’ont plus le même désir. De celles qui sombreront dans le chaos, à celles qui tenteront de le stopper. L’infini combat du bien et du moins bien, pour ne pas dire du pire.
Quoi qu’il en soit, c’est toujours en victime que notre terre se trouve et se retrouve.
Violée par le feu, salie par le charbon, souillée par la douleur. Silencieuse de ses cris, muette d’indignation, seul le crépissement du maquis témoigne de la souffrance de ses brûlures. Ecorce humaine pour première peau, fragile défense pour une terre déjà blessée par tant de maux.
Le feu, ça brûle, chantait un adage enfantin. Si l’on considère que notre Corse est une vivante, chez nous, il tue. La violence n’est autre qu’un festival de costumes, un défilé d’emprunts, elle se glisse sous toutes les formes, vole tous les masques, s’habille de toutes les couleurs, se fond dans les masses. La seule certitude pour qu’elle soit identifiable, c’est qu’à ses commandes, il y aura toujours une main d’homme.
Si dicerà torna ‘’BASTA U FOCU’’, cum'è l'ultima preghera.
Vagabondu




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