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Une soirée de soutien pour le Collectif contre les assassinats en Corse


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 29 Novembre 2013 à 21:28 | Modifié le Vendredi 29 Novembre 2013 - 21:54


Le Collectif contre les assassinats et la loi de la jungle en Corse organise une soirée de soutien à son action le 6 décembre à 20h30 au théâtre municipal de Bastia avec la participation des groupes A Filetta et Soledonna et de Guy Bedos qui fera une revue de presse corse. Le but est de récolter des fonds pour lancer une campagne d’affichage et réaliser un clip vidéo. André Paccou, élu national de la ligue des droits de l’homme et membre du Collectif, parle, à Corse Net Infos, de la volonté du Collectif de se rapprocher d’autres associations et, peut-être, d’utiliser la campagne électorale pour interpeller les élus.


Les membres du Collectif autour d'André Pacou
Les membres du Collectif autour d'André Pacou
- Où en est l’action du Collectif ?
- Même si nous n’avons pas eu d’opérations publiques depuis quelques temps, nous continuons à travailler. Nous organisons une soirée de soutien le 6 décembre au théâtre municipal de Bastia avec la participation d’A Filetta, de Guy Bedos et de Soledonna. Cette soirée sera, en plus d’être festive, un moment de travail sur cette question des violences. Il y aura des prises de parole de membres du Collectif et des artistes qui se produiront sur cette thématique.
 
- Pourquoi organiser une soirée ?
- C’est une autre manière de mobiliser et de rappeler que, derrière la Corse des attentats, des assassinats et des violences, il y a une Corse qui travaille, construit et fait des choses, on le voit à travers les artistes. C’est une manière, aussi, d’offrir un autre cadre de mobilisation aux citoyens par rapport à ce thème des violences, des assassinats et de la loi de la jungle. Ensuite, ce Collectif n’est pas une organisation, mais un regroupement d’individus. Il agit avec les moyens que lui donne l’engagement de ses membres.
 
- Est-ce, pour cette raison, que la soirée est payante ?
- Oui. L’entrée est de 15 €. Elle est gratuite pour les moins de 16 ans. Les fonds récoltés permettront de réaliser un clip. Nous projetons, aussi, de nous doter d’une affiche. Nous avons, pour cela, lancer un appel aux plasticiens pour qu’ils nous proposent des logos. Certains ont déjà répondu. Nous formerons un jury qui fera un choix. Tout cela nécessite un financement.
 
- Mesurez-vous l’impact de votre action ?
- Cette action, que nous menons, nous avons conscience qu’il faut l’inscrire dans le temps. Elle peut paraître marginale, aujourd’hui, parce qu’il y a beaucoup de fatalité. Beaucoup de gens nous disent : « Qu’est-ce que vous voulez faire contre ceux qui tuent ? Avez-vous la prétention d’arrêter leur bras ? ». Non ! Ce n’est pas notre prétention ! Nous disons que nous pouvons faire autre chose et faire entendre une autre voix.
 
- Vous vous rapprochez d’autres démarches. Dans quel but ?
- Dès le début, le Collectif a tenu à préciser qu’il ne cherchait pas à rester enfermé sur lui-même. Déjà, par sa composition, il s’est voulu large. Le Collectif, comme le Comité de soutien, se compose de gens d’engagements différents, appartenant à des secteurs différents de la société corse. Nous avons vocation à nous élargir d’une autre manière en rencontrant des gens qui, dans la société corse, s’impliquent contre les violences.
 
- Qui avez-vous déjà rencontré ?
- Nous avons déjà rencontré, il y a quelques semaines, Dominique Bucchini, président de l’Assemblée de Corse et président de la Commission Violence avec qui nous avons eu un échange très intéressant. Ce vendredi, nous rencontrons le Collectif Aïtone. Les contacts sont pris avec la Fondation Umani de Jean-François Bernardini que nous devrions rencontrer avant la fin du mois de décembre. Nous allons programmer des rencontres avec le Collectif A Drogua Fora, qui est une autre mobilisation contre les violences. Notre volonté est de ne surtout pas craindre la diversité des mobilisations existant sur le sujet, ce serait idiot ! Dans ce domaine, comme dans bien d’autres, l’union fait la force. L’union contre les violences doit nous permettre d’être plus forts que ceux qui portent les violences.
 
- Votre appel à l’insurrection des consciences est-il entendu ?
- C’est très compliqué ! La réalité humaine et sociale de notre société est difficile, ici comme ailleurs. Pendant que nous parlons des assassinats et de la loi de la jungle, j’imagine ce que doivent être l’anxiété et l’angoisse des salariés de la SNCM, la difficulté et même la cruauté pour les familles qui vont avoir du mal à fêter Noël avec leurs enfants… Nous sommes conscients que l’état des lieux est dramatique en Corse d’un point de vue social. Le contexte est difficile. Nous voulons dire aux gens qu’il n’y a pas de fatalité. Cette misère, ces inégalités sont, peut-être l’autre pendant d’une société qui est en train de se développer et qui n’est pas acceptable.
 
- La violence et la misère sont-elles consanguines ?
- Il y a, d’un côté, ceux qui veulent de l’argent à tous prix, au prix du sang, par des assassinats, des violences, la loi de la jungle. De l’autre côté, cette société produit, pour l’instant, de la misère et des inégalités. Les deux vont ensemble ! Cet appel aux consciences est aussi un message en direction des gens pour leur dire de reprendre en mains le destin de notre société. Dans les mois qui viennent, il y aura des débats électoraux sur les Municipales, les Européennes, sur le PADDUC. Les élus politiques proposent des programmes, mais les citoyens doivent parler, investir ces débats.
 
- Utiliserez-vous la campagne électorale pour faire entendre votre voix ? Demanderez-vous aux élus de se prononcer contre la violence ?
- J’aimerais bien. Cette question n’a pas été soumise au Collectif, mais je crois qu’il est important que, dans le cadre de ces débats démocratiques que sont les périodes électorales, il faudrait, peut-être, penser à une interpellation des élus. Interpeller les élus, c’est interpeller les consciences, c’est participer au débat pour permettre aux citoyens de mieux comprendre les enjeux. Je ferai cette proposition au Collectif parce qu’il est important de jouer de tous les rouages de la démocratie pour faire vivre la démocratie !
 
Propos recueillis par Nicole MARI
 
Soirée de soutien, le 6 décembre au Théâtre municipal de Bastia à 20h30
Avec A Filetta, Guy Bedos et Soledonna.
Entrée 15 € - Gratuit pour les moins de 16 ans.
Réservations : 07 87 17 98 17
Billets en vente : Centre culturel Una Volta à Bastia, Vibrations, rue Fesch à Ajaccio.
 

Des membres du Collectif autour d'Ange-Pierre Vivoni.
Des membres du Collectif autour d'Ange-Pierre Vivoni.
Corsican Murder Island : Un film australien choc sur les meurtres en Corse

Ange-Pierre Vivoni, président de l’association des maires de Haute-Corse, maire de Sisco et membre du Collectif, a révélé l’existence d’un reportage de la télévision australienne sur la violence en Corse, reportage réalisé suite à l’assassinat du bâtonnier Sollacaro et d’autres notables insulaires, suite aussi à la création du Collectif. L’émission, d’une trentaine de minutes, est une mise à plat assez dure de la situation en Corse avec des photos et des séquences choc. Des Corses ont été interviewés sur la non-violence, dont Ange-Pierre Vivoni qui raconte : « Nous avons vraiment ouvert notre cœur. Nous avons vraiment dit ce que nous pensions. Les journalistes ont amplifié nos propos et ce qui se passe aujourd’hui en Corse. Ce type d’émissions peut porter ses fruits, mais n’est malheureusement pas vue en France. L’université de Corte s’est emparée de ce reportage et travaille dessus. La chaine australienne m’a proposé de faire une émission là-bas en Australie. J’ai refusé, d’abord par manque de temps, mais surtout parce que je pense que la Corse doit être vue sous un autre prisme que celui de la violence. Par contre, dans ce reportage,, la Corse a été très bien filmée et le film montre des images sensationnelles qui reflètent toute la beauté de notre île ».
Le film est visible sur Internet sous le lien suivant : Corsica Murder Island
www.abc.net.au/foreign/content/2013/s-3845579.htm
 




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