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"Une nouvelle Corse" dévoile son "Plan B" pour sauver la langue corse !


le Jeudi 18 Avril 2013 à 20:54 | Modifié le Vendredi 19 Avril 2013 - 00:48


Les membres du mouvement « Une Nouvelle Corse » étaient réunis autour de leur leader Jean-Martin Mondoloni et de l’élue du groupe « Rassembler pour la Corse », Marie-Antoinette Santoni-Brunelli, ce jeudi après-midi à Ajaccio. En question, la co-officialité de la langue corse et la réforme institutionnelle. Des problématiques face auxquelles le mouvement a affiché sa position et dévoilé un "plan B" en cas d’échec définitif de la réforme. Décryptage de ces nouvelles pistes d’action.


Les membres du mouvement "Une nouvelle Corse" étaient rassemblés autour de leur leader Jean-Martin Mondoloni et de l'élue Marie-Antoinette Santoni-Brunelli jeudi après-midi à Ajaccio. Au programme, le dévoilement d'un "Plan B" pour la sauvegarde de la langue corse en cas d'échec définitif du projet de co-officialité. (Photo : Yannis-Christophe Garcia)
Les membres du mouvement "Une nouvelle Corse" étaient rassemblés autour de leur leader Jean-Martin Mondoloni et de l'élue Marie-Antoinette Santoni-Brunelli jeudi après-midi à Ajaccio. Au programme, le dévoilement d'un "Plan B" pour la sauvegarde de la langue corse en cas d'échec définitif du projet de co-officialité. (Photo : Yannis-Christophe Garcia)
Face à l’avis négatif émis récemment par le conseil d’Etat sur le projet de loi constitutionnelle concernant les langues régionales, la langue corse, comme bien d’autres, se retrouve à nouveau dans l’impasse. Une promesse d’officialiser les langues régionales pourtant affirmée par le candidat à l’élection présidentielle François Hollande dans son programme, qui semble être en train de passer à la trappe. C’est dans ce contexte un peu flou et avant la prochaine session de l’assemblée de Corse, que le mouvement Une nouvelle Corse emmené par Jean-Martin Mondoloni a rassemblé ses membres ce jeudi après-midi à Ajaccio. Le but : afficher sa position sur le sujet et faire des propositions concrètes pour l’avenir di a lingua nustrale.

« La co-officialité n’est pas le seul levier pour donner un avenir à notre langue »
« La sauvegarde et l’avenir de la langue corse sont des sujets importants pour que l’on donne notre positionnement (…) Il est question de l’officialité non reconnue d’une langue mais la langue corse existe bien ! C’est un attribut sociétal majeur ! Et Une Nouvelle Corse a une vision tolérante et d’ouverture de la langue corse. Il s’agit de faire sortir cette langue du cadre politicien pour la faire entrer dans le cadre normatif. Une nouvelle Corse est bien évidemment favorable à un statut de co-officialité. Mais cette démarche n’est pas le seul levier pour donner un avenir à notre langue. C’est pourquoi, si le projet de ratification de la charte de co-officialité échoue, nous proposons un Plan B  » a expliqué Jean-Martin Mondoloni. Une démarche partagée par l’élue du groupe Rassembler pour la Corse à l’Assemblée de Corse, Marie-Antoinette Santoni-Brunelli : « Même si nous sommes pour, tout le monde sait que la co-officialité ne verra pas le jour. Toutefois, il n’est pas question d’en rester là et d’être pris au piège de l’exécutif (…) Nous allons intégrer un nouveau chapitre à l’assemblée et je vais être le relais d’Une nouvelle Corse pour amender ce projet ».

Déplacer la stratégie de préservation de la langue vers le secteur privé
Et ce "plan B" est finalement assez simple et se décline sur trois axes majeurs. « Il s’agit de réinvestir cette volonté de sauvegarde de la langue en la transposant dans le domaine privé, ce qui évite l’intervention du législateur. En clair, d’offrir de véritables plans de formation à la langue corse à la population qui officie dans le secteur privé, en partenariat serré avec les chambres consulaires, la CCI etc. Puis, de faire traverser cette politique dans tous les domaines de subvention du secteur privé. Et enfin d’offrir un véritable dispositif juridique à  la langue par la création d’un office, qui aurait à la fois la mission d’abriter les services de la collectivité mais également de professionnaliser les relations avec les scientifiques qui travaillent sur la langue » a précisé Jean-Martin Mondoloni. Pour simplifier, il s’agit de contourner l’obstacle public qui pose problème, en déplaçant la stratégie de la préservation de la langue vers le secteur privé, via des collaborations avec les services consulaires. La démarche placée ensuite sous l’égide d’un office qui ferait l’interface entre toutes les composantes de l’organisation.

Jean-Martin Mondoloni, Marie-Antoinette Santoni-Brunelli et les membres du mouvement "Une nouvelle Corse" jeudi après-midi à Ajaccio. (Photos : Yannis-Christophe Garcia)
Vers un élargissement de la sphère d’action dans une vision de la langue très ouverte
Alors, peut-on raisonnablement penser que de simplement déplacer la stratégie de préservation de la langue du secteur public vers le privé suffira à aboutir à une solution efficace pour sauver la langue corse ? Difficile à affirmer en soi. Car d’autres questions corollaires se posent. Offrir la possibilité d’apprendre est différent de générer l’envie de le faire. Par ailleurs, le statut de co-officialité permettait de reconnaître la langue, mais en filigrane surtout, un peuple, une histoire, une identité. Couper la poire en deux pour se satisfaire d’une option par défaut sera-t-il la clé du succès ? « La délibération aujourd’hui doit s’opérer dans un cadre qui réviserait la Constitution et cela est bien improbable. Pour autant, il nous faut quand même agir, car la langue, c’est la vie, c’est la Corse ! La langue corse ne se sauvera pas qu’avec un statut. Par ailleurs, la langue corse n’est pas que l’affaire des corses. Investir la langue dans la sphère de tous les acteurs du domaine privé, c’est se donner les moyens d’élargir vraiment la sphère d’action dans une vision de la langue très ouverte. Enfin, il y a deux visions de la République : celle qui incite à composer avec la diversité et celle qui engage à s’enrichir de la diversité. Cette dernière vision, c’est la notre et la langue corse est un facteur d’enrichissement, de cohésion sociale voire de développement économique » a martelé Jean-Martin Mondoloni, défendant bec et ongle son projet.
A l’instar de Marie-Antoinette Santoni-Brunelli : « Si on constate de réels progrès de l’éducation, c’est beaucoup grâce à la langue corse. Nous ne nous cantonnerons pas au secteur public. Au contraire, nous souhaitons que la langue investisse pleinement le secteur privé. Je vais être le relais d’Une nouvelle Corse pour amender ce projet et je ne vois pas ce qui pourrait pousser l’exécutif à le rejeter. A moins d’une posture... » a assuré l’élue.
 
L’avenir seul viendra apporter un début de réponse à ce projet. Première étape dans quelques jours avec la prochaine session à l’Assemblée de Corse.
 
Yannis-Christophe GARCIA



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