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"Une Vie Violente" en projection privée à Bastia


Rédigé par Laurent Hérin le Lundi 5 Juin 2017 à 11:45 | Modifié le Mardi 6 Juin 2017 - 00:33


Le nouveau film de Thierry de Peretti, "Une Vie Violente" a été projeté, ce dimanche, en avant-première, à 19 heures, au Théâtre de Bastia. L’occasion de le présenter au public après sa diffusion à Cannes et avant sa sortie en salle, le 9 août prochain.


(Photos Laurent Hérin)
(Photos Laurent Hérin)
Il est 18h15, comme précisé sur l’invitation quand la foule se masse déjà devant le théâtre. A l’intérieur, pas facile d’avancer, le temps de vérifier les noms et prénoms de chacun sur la liste.
Du coup, la salle se remplie doucement et c’est avec quelques minutes de retard, vers 19h20, que l’équipe du film monte enfin sur scène, face à une salle comble.
C’est Jean-Etienne Brat du collectif Stanley White, producteur du film, qui prend la parole en premier : « Cette soirée, on y tenait particulièrement. C’est important de partager ce moment à Bastia, plus qu’ailleurs. Tant de gens ont participé, aidé à la réussite de ce projet qu’on se devait de leur offrir cette projection. On tient à remercier la ville de Bastia qui a accueilli le tournage et nous a toujours facilité la tâche. Un immense merci aussi à la CTC, notre partenaire sur ce projet. »


Puis, il tend le micro à Thierry, juste à sa droite.
Le réalisateur est ému, ça se sent. Il commence d’ailleurs par ces mots : « C’est particulièrement émouvant d’être ici ce soir, avec vous, avec l’équipe et les acteurs du film. Face à cette salle pleine. Il y a aussi des acteurs dans la salle. Ils n’apparaissent pas tous à l’écran comme vous le verrez. Et je m’en excuse. Mais c’est aussi eux qui ont fabriqué ce film. Vous avez participer à cette grande aventure et nous voulions partager ce moment avec vous, ici, à Bastia, surement plus qu’ailleurs. » Il enchaine, la voix parfois hésitante : « On me demande souvent pourquoi je parle de choses sombres dans mes films ? Mais, la plupart du temps, on ne choisit pas une histoire, c’est elle qui vous choisit. Et si ce n’est pas pour parler de choses aussi fortes et importantes alors pourquoi faire du cinéma ? Je parle dans le film d’une période, d’une histoire qu’on a tous connu. Qui me trouble. Un passé qui me hante. Je voudrais m’excuser d’avance auprès de ceux qui ont vécus ce drame. De près ou de loin. Mon film se base sur des faits réels mais c’est une évocation de l’histoire, c’est mon point de vue, mon interprétation. Et un film qui, j’espère, parlera à notre jeunesse. Parce que c’est aussi son histoire. Notre histoire, celle de tout un peuple. »
A ce moment là, dans la salle, pas un bruit, pas un mot. Ni sur scène d’ailleurs. Un silence impressionnant.
Puis, les membres de l’équipe finissent par rejoindre leurs fauteuils, accompagnés, comme il se doit, d’applaudissements. La lumière s’éteint. La projection peut commencer.
 

Chacun est venu voir « le résultat », apercevoir à l’écran un figurant qu’il connaît, un lieu qu’il fréquente mais aussi par curiosité. Pour savoir ce que Thierry a bien pu faire de ce fait divers qui a secoué l’île il y a quelques années et qui reste, encore, dans toutes les mémoires.
Une Vie Violente a enchanté la presse qui l’a découvert à Cannes. Il faut maintenant convaincre le public et, ici, les « Corses ». Pas évident avec un sujet aussi sensible.
Cette fois, Thierry s’intéresse à la trajectoire de Nicolas Montigny et sa bande d’amis, jeunes militants nationalistes affiliés à Armata Corsa. Un film et une histoire dans laquelle « il faut accepter de parfois se perdre » comme le souligne Jacky Goldberg, critique aux Inrocks. Un film ou la violence « s’exprime sourdement » et qui ressemble à « une tragédie grecque, avec son héros romantique et fataliste » poursuit-il. Un film lourd de sens. Un film qui ose se pencher sur le passé proche de l’île. Un grand film, tout simplement.
 

Pour la sortie, le distributeur table « sur une centaine d’écrans, nous explique Roxane Arnold de chez Pyramide. On croit beaucoup en ce film. C’est notre 2e collaboration avec Thierry après Les Apaches qui était sorti à la même époque mais avec moitié moins de copies. On vise les salles d’art et essai comme les multiplexes. On croit beaucoup à Une Vie Violente. »
Et ce n’est pas le théâtre de Bastia, plein ce dimanche soir, qui va la contredire.




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