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Un pôle d’insémination artificielle ovine, installé à Altiani, pour développer la race corse


Rédigé par Nicole Mari le Mardi 16 Février 2016 à 00:22 | Modifié le Mardi 16 Février 2016 - 01:29


Le nouveau Centre d’insémination artificielle ovine a été inauguré, lundi matin, à Altiani, par François Sargentini, conseiller exécutif et président de l’ODARC, et Barthélémy Simonetti, président de la CORSIA (Coopérative de sélection et d’insémination), berger et sélectionneur à Tralonca, en présence des représentants de la Chambre d’agriculture, des organismes de recherche et des éleveurs ovins. Une victoire pour ces derniers qui se battent depuis 30 ans pour sauver la race corse. La sélection génétique devrait permettre aux ovins insulaires de conserver leurs caractéristiques de productivité et de rusticité, tout en augmentant la production laitière pour combler une partie du déficit en lait de l’île. Explications, en vidéo, pour Corse Net Infos, de François Sargentini et Barthélémy Simonetti.


La race ovine corse au Centre d'Altiani.
La race ovine corse au Centre d'Altiani.
Il aura, donc, fallu trente ans de lutte pour sauver et faire reconnaître la suprématie de la race ovine corse, pourtant « La seule race laitière française, les autres sont des races mixtes », précise fièrement Barthélémy Simonetti. Cette race de petite taille, productive et rustique, tout à fait adaptée à la géographie insulaire de montagne et de plaine, a bien failli disparaître sous la poussée des chèvres sardes que les pouvoirs publics et l’industrie agroalimentaire voulaient imposer dans l’île, la jugeant plus productive. Un argument réfuté obstinément par des éleveurs dont la détermination a payé. Le premier centre d’insémination à Casabianda étant devenu obsolète, ils ont obtenu la création d’un nouveau centre qui, pour des raisons pratiques, a été installé sur la station d’Altiani de l’ODARC. Ce centre, qui a coûté 760 000 euros, dont 345 000 € financés par les fonds européens du FEDER, 415 000 € par la Collectivité territoriale de Corse, devrait permettre une sélection génétique des animaux sur deux critères : l’augmentation de la production laitière dont la Corse a besoin, puisque les fromageries importent, chaque année, entre 3 à 4 millions de litres de lait pour combler le déficit, tout en conservant les caractéristiques de la race insulaire.
 
Des progrès génétiques
Ce travail d’amélioration génétique de la race corse est mené depuis plus de 15 ans. Il repose sur l’amélioration de la quantité de lait produite, et donc du revenu de l’éleveur, de la résistance à la tremblante et de la préservation des qualités de la brebis corse : sa rusticité, la qualité des cornes chez les mâles, la qualité de la mamelle chez les femelles... Parallèlement, la CORSIA (Coopérative Ovine Régionale de Sélection et d’Insémination) assure, par toute une série d’actions commerciales, la diffusion, au sein du cheptel insulaire, du progrès génétique réalisé, ceci en étroite collaboration avec l’Organisme de Sélection (OS race ovine corse). Elle effectue environ 6 500 inséminations artificielles chaque année, d’avril à mi-juin, pendant environ 40 journées de collecte, et mène des actions d’appui auprès de ses 316 coopérateurs. Près de 300 agnelles corses et 350 béliers reproducteurs âgés de 18 mois, issus d’accouplements raisonnés, sont, ainsi, élevés et vendus, chaque année. Chaque bélier sera accouplé avec environ 120 brebis réparties sur une trentaine d’élevage, ce qui assure une large diffusion de leur potentiel génétique que le Centre devrait encore amélioré. « Nous avons un très bel outil dans les mains. A nous, maintenant, de nous en servir », estime Barthélémy Simonetti.
 
Un pôle de compétences
Ce centre s’inscrit, pour l’ODARC, dans un projet global de constitution d’un pôle de compétences en élevage. L’objectif est, conformément aux vœux de la profession, de regrouper les filières animales au sein d’une même structure pour favoriser les échanges et mutualiser les compétences. Dans ce cadre, plusieurs autres structures sont en cours d’installation sur la station Altiani : un centre administratif, une verraterie pour la filière porc, une miellerie avec un centre d’insémination artificielle apicole, un centre d’élevage des chevrettes pour la filière caprine et un atelier de fromagerie. Ce programme d’insémination et de structuration pourrait, bientôt, s’étendre, de la même façon, à la filière bovine. L’objectif, pour l’ODARC, est, non seulement, de pérenniser les races insulaires, mais surtout de rendre plus rentable une profession qui souffre de la désaffection des jeunes et d’un déficit d’installation. « L’extension du périmètre de la station sera un plus pour notre élevage et un plus pour notre économie. Notre volonté politique est d’accompagner ce travail pour faire en sorte que notre économie soit gagnante par la création de richesses et par l’installation d’apiculteurs et d’éleveurs », conclut François Sargentini. Un souhait partagé par les éleveurs présents qui attendent que cette volonté de pérenniser les races corses s’inscrive dans un schéma de développement des filières, cohérent et durable.
 
N.M.
 

La satisfaction de François Sargentini et de Barthélémy Simonetti.





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