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U Rinnovu Naziunali: « Nous revendiquons le droit à l’existence »


Rédigé par le Mercredi 25 Novembre 2015 à 12:09 | Modifié le Mardi 16 Février 2016 - 14:14


Ce mardi soir, U Rinnovu Naziunali tenait un meeting de campagne en vue des élections territoriales, au Palais des Congrès d’Ajaccio. A cette occasion, près de 200 personnes se sont rassemblées aux côtés de Paul-Félix et de ses colistiers, qui ont détaillé la ligne politique dans laquelle le parti nationaliste entend se placer


U Rinnovu Naziunali: « Nous revendiquons le droit à l’existence »
Jour de meeting pour U Rinnovu Naziunali. Ce mardi soir, à Ajaccio, se sont près de 200 personnes qui avaient répondu présentes à l’appel du parti nationaliste, pour l’un de ses rendez-vous les plus importants de cette campagne des territoriales. Des militants de la première heure, mais aussi beaucoup de jeunes, désireux, eux aussi, de jouer pleinement leur rôle à l'heure de décider de l’avenir de la Corse.
 
Sur l’estrade, aux côtés de Paul-Félix Benedetti, Catherine Casimiri, André Quastana, Valérie Orsini, Luc Bernardini, Nathalie Capirossi, Sonia Batistelli et Paul-Antoine Susini prendront successivement la parole, avant que le tête de liste n’entame sa plaidoirie.

« Nous ne sommes pas Français. Nous restons Corses parce que nous avons enraciné dans nos tripes, cette manière de vivre, de voir la vie, d’élever nos enfants, et de respecter les autres. Nous ne sommes un peuple fier, un peuple debout, un peuple qui a souffert, et un peuple qui doit sortir de l’ombre, et trouver une issue politique majeure » lance-t-il d’emblée avant de poursuivre dans la même veine : « Nous revendiquons le droit à l’existence, et à la dignité ».
 
« Une invasion qui fait disparaître le noyau naturel du peuple corse »
Le cadre posé, très vite, le conseiller territorial sortant s’atèle alors à reprendre l’un des principaux chevaux de bataille du mouvement national : « Aujourd’hui nous sommes en péril. Nous sommes minoritaires sur cette terre, et notre société est en perte de repères sociaux et surtout moraux. La Corse se vide chaque jour de ses habitants et 5000 personnes débarquent chaque année de l’extérieur », fustige-t-il en pointant du doigt l’arrivée annuelle de nouveaux continentaux qui s ‘établissent sur l’île. « Cette invasion fait disparaître le noyau naturel du peuple corse légitime. Ce qui veut dire que si dans les quelques années à venir, on ne rétablit un équilibre culturel, si les habitants de cette île n’ont pas la possibilité d’avoir une immersion linguistique et culturelle, nous allons avoir toute notre âme qui va disparaître. En plus, comme nous avons des spéculateurs très forts qui nous volent nos maisons, nous allons être chassés naturellement de cette île », s’alarme-t-il.
En écho, Catherine Casimiri, 6ème  de la liste,  indiquera quant à elle sa crainte de voir là la naissance d’un « désert culturel » engendré par des « apports qui s’installent sur notre terre sans s’être empreint de sa culture ».
 
Face à cette situation, le Rinnovu aspire à mettre en place une citoyenneté qui donnerait des droits et des devoirs à tous ceux qui habiteraient l’île depuis un minimum de 10 ans. De par l’avènement de celle-ci, le parti entend en effet notamment imposer des contraintes sur l’arrivée sur le territoire. « Aujourd’hui, on a une progression de population à 2% par an. Cela ne se voit nulle part ailleurs dans le monde. C’est une volonté étatique pour nous asphyxier et pour nous assimiler à la France », appuie Paul-Félix Benedetti, « Comment peut on accepter qu’il y ait une telle invasion économique alors que nous avons une si grande progression de la paupérisation, du chômage et de tous les traceurs sociaux ».
 
« Une gouvernance des plus mauvaises et des plus méprisables qu’ils puissent y avoir en Europe »
Au niveau social, c’est en effet une précarité galopante, en particulier chez les jeunes et les personnes âgées, un chômage qui a fortement augmenté ces dernières années, et le quotidien de 60 000 insulaires qui vivent avec moins de 800 euros par mois que le leader d’U Rinnovu dépeint : « Nous n’avons jamais connu une situation aussi dramatique », déplore-t-il.
 
Dans le même temps, il s’attache à rappeler les aides dont la Corse a bénéficié pour tenter de remédier à cette paupérisation : « Nous avons eu des mannes financières substantielles de l’Europe et même de la France, dans le cadre du plan de compensation financier, historiquement arrachées par les patriotes corses, et malgré cela nous sommes dans la déchéance. Nous avons eu une gouvernance des plus mauvaises et des plus méprisables qu’ils puissent y avoir en Europe », gronde-t-il tout en dressant un parallèle avec la Sardaigne qui « avec les mêmes aides et avec les mêmes politiques européennes a doublé sa richesse sur ces 20 dernières années ».
 
Construire un avenir sur de nouvelles bases
« On est là parce qu’on vit le même quotidien que le votre », assure Nathalie Capirossi, seconde sur la liste, « Aujourd’hui c’est un avenir qu’il faut qu’on arrive à construire ».

Cet avenir à construire, U Rinnovu entend bien en jeter les jalons en formulant une « revendication politique cohérente » : « Il faut que nous ayons une compétence exclusive dans tous les domaines de l’organisation de la vie d’une société : les transports, la santé, l’éducation, les loisirs, l’aménagement du territoire, la fiscalité locale, la justice de proximité », détaille Paul-Félix Benedetti.  Paul-Antoine Susini, 3ème de la liste, enfonce le clou : « Nous avons besoin d’un cadre politique de reconnaissance des droits du peuple corse, de sa langue et de sa culture. Sans cela on ne s’en sortira pas ».
 
« Nous avons besoin d’une réflexion politique stratégique »
« Cette revendication n’est pas le rêve du Rinnovu », précisent-ils, « mais tout simplement le statut qu’a l’île de Sardaigne depuis 60 ans ». « En Sardaigne il n’y a eu ni martyr, ni révolution. Il y a eu tout simplement une volonté étatique d’avoir des régions fortes et d’accepter la coexistence des peuples, ce qui n’est pas le cas de la France », vient ajouter le tête de liste.
 
Pour arriver à cette concrétisation, le Rinnovu n’entend pas se contenter de « solutions par petites étapes ». Plutôt que prendre les problèmes « à l’emporte pièce », la ligne du parti est claire : « Nous avons besoin d’une réflexion politique stratégique qui ne soit pas utopiste, qui soit pragmatique, adaptée au monde moderne pour qu’on puisse pleinement entrer dans le XXième siècle. De quelque chose qui soit admis par l’Union Européenne pour qu’on ne puisse pas nous opposer une anti constitutionnalité internationale », explique Paul-Félix Benedetti.
 
« Nous serons leur mauvaise conscience »
Crédité de 1% des  intentions de vote par un sondage sorti au début du mois de novembre, le Rinnovu espère encore atteindre la fameuse barre des 5% qui lui pourrait lui permettre d’entrer à l’Assemblée.  « Il est encore temps », lâche Paul-Félix Benedetti, avant de reprendre : « De toute façon nous pèserons, nous serons leur mauvaise conscience, nous serons l’aiguillon, nous serons les militants qui depuis toujours n’ont jamais changé, qui n’ont jamais rien renié et jamais renoncé à rien ».
 
Lors de la mandature sortante, Paul-Félix Benedetti, seul conseiller territorial d’U Rinnovu à siéger à l’Assemblée de Corse, s’était à plusieurs reprises démarqué en faisant entendre une voix dissonante au sein de l’hémicycle. A l’instar de l’examen sur la Programmation Pluriannuelle de l’Energie, lors de la dernière session, durant il avait été le seul élu à voter contre.
 
« Le vote Rinnovu est un vote pour des lendemains meilleurs, pour nous permettre de véhiculer un discours d’espoir, un engagement militant très fort, une opposition frontale à tous les tenants de l’archaïsme, du népotisme, de l’affairisme qui gangrène la Corse », conclut-il. Sonia Battistelli, 8ème sur la liste, résume quant à elle : « Cette liste est notre vision de la Corse, celle d’aujourd’hui, mais surtout celle de demain, celle que nous voulons pour nos enfants ».

U Rinnovu Naziunali: « Nous revendiquons le droit à l’existence »
Le rendez-vous manqué d’un regroupement patriotique
Ce meeting a également été l’occasion pour le Rinnovu de revenir sur les raisons qui l’ont conduit à se lancer dans la campagne des territoriales. « La liste du Rinnovu est une anomalie de l’histoire de la politique. Il y aurait dû y avoir un regroupement patriotique avec une force d’alternance et de compétences pour arracher la Corse de l’ornière, pour s’opposer au clanisme, au tribalisme, aux affairistes, aux mafieux, et à tous ceux qui gangrènent la Corse, qui nous amènent vers la déchéance et vers l’abîme. Au lieu de cela, il y a eu les refus, il y a eu des près carrés, des aventures individuelles, des logiques électoralistes, des compromis, voire des compromissions potentielles et à venir. Dans ces conditions, les militants nous ont demandé d’engager la démarche », a ainsi cinglé Paul-Félix Benedetti.  « Nous avons tendu la main. Nous n’avons pas été entendu. Nous avons été ignoré aussi », a quant à lui condamné André Quastana, 5ème de la liste.
 
En écho à ce rendez-vous raté pour une grande alliance nationaliste, le parti de Paul-Félix Benedetti a donc fait le choix de proposer son projet politique qu’il qualifie de « proposition cohérente, réaliste, claire et sans compromis ».  « Nous avons le devoir de porter la Corse vers des jours meilleurs et nous avons l’obligation de nous opposer à tous ces tenants des archaïsmes, car la Corse doit en finir avec ces tutelles qu’elles soient locales ou internationales », complète le leader d’U Rinnovu Nazionale.

Manon PERELLI



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