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Transports maritimes : Vent favorable entre la CTC et l’Intersyndicale des marins de la MCM et de la CMN


Rédigé par Nicole Mari le Mercredi 13 Janvier 2016 à 18:09 | Modifié le Mercredi 13 Janvier 2016 - 18:46


Comme convenu après la levée du blocus du port de Marseille, le Conseil exécutif et le président de l’Assemblée de Corse ont rencontré, mercredi matin, à la Collectivité territoriale (CTC), l’Intersyndicale des marins de la MCM et de la Méridionale. Ce premier contact n’a pas permis d’aborder les problèmes de fond des transports maritimes entre la Corse et le Continent, mais d’éclaircir la situation sur des points généraux. Les deux parties ont acté une rencontre constructive et une volonté réciproque de dialogue. Explications en vidéo, pour Corse Net Infos, de Jean-Félix Acquaviva, président de l’Office des transports de la Corse (OTC) et de Louis Ducreux, secrétaire général de l’union régionale CFDT-Corsica.


L'Exécutif et la présidence de l'Assemblée de Corse lors de la rencontre avec l'Intersyndicale des marins de la MCM et de la CMN. Photo CTC.
L'Exécutif et la présidence de l'Assemblée de Corse lors de la rencontre avec l'Intersyndicale des marins de la MCM et de la CMN. Photo CTC.
Pas de grandes avancées, ni de questions de fond abordées, mais une rencontre qui, aux dires des deux parties, a été constructive, faisant mentir ceux qui prédisaient qu’elle tournerait court. Pendant plus de trois heures, mercredi matin, le président du Conseil exécutif, Gilles Simeoni, le président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, le président de l’Office des transports, Jean-Félix Acquaviva, et le président de l’ADEC, Jean-Christophe Angelini, ont discuté avec les représentants de l’Intersyndicale des marins de la MCM et de la Méridionale et des représentants régionaux de la CGT et de la CFDT. La feuille de route de la réunion avait été tracée, dimanche dernier, par l’Exécutif dans un communiqué qui avait permis une sortie de crise. Elle portait sur trois axes : la création d'une compagnie corse comprenant les acteurs privés et maîtrisée par la CTC, la redéfinition du système de continuité territoriale à travers de nouvelles DSP (Délégation de service public) et OSP (Obligation de service public) à mettre en œuvre en octobre 2016, enfin l'impulsion d'une véritable continuité territoriale européenne et méditerranéenne.
 
Une volonté partagée
« Cette première prise de contact s’est passée dans un bon état d’esprit. Nous avons réaffirmé nos orientations et nous avons bien l'intention de les mettre en application. La première d’entre elles est la création d’une compagnie publique, maîtrisée par la CTC. Il n’y a aucune hostilité de la part de l’Intersyndicale à cette création, s’agissant notamment du capital. Au terme de ces échanges qui ont été très constructifs, nous avons pu nous rendre compte qu’il y a une volonté partagée de trouver une compatibilité entre toutes les démarches, voire des convergences. Nous sommes, néanmoins, en charge d’intérêts qui sont distincts. A ce stade, nous identifions un certain nombre de points qui feront l’objet de discussions, notamment les inquiétudes des syndicats sur le montant de la compensation. Néanmoins, des voies s’ouvrent devant nous pour trouver des équilibres qui seront à chercher à travers des discussions plus techniques », commente Jean-Guy Talamoni.
 
Des positions réaffirmées
Une satisfaction prudente partagée par l’Exécutif. « Sur le fond, chacun a réaffirmé ses positions. En ce qui concerne la majorité territoriale, nous avons dit ce que serait notre fil rouge pour les semaines à-venir. Ceci étant, nous avons acté une volonté réciproque de dialogue, la volonté de mettre au cœur des débats de la semaine à-venir, ce qui nous paraît être l’essentiel : refondre le système pour lui permettre de répondre et de défendre l’intérêt de la Corse. Nous avons affirmé que la préoccupation sociale était également au cœur de nos objectifs. Nous allons, maintenant, rentrer dans une phase beaucoup plus opérationnelle où nous allons lister les problèmes, voir ce que chacun préconise et trouver des points d’équilibre », ajoute Gilles Simeoni.
 
Des préoccupations sociales
De son côté, tout en saluant l’état d’esprit positif de la rencontre et le fait de discuter directement avec les représentants de l’Assemblée de Corse, l’Intersyndicale a martelé ses préoccupations sociales, des préoccupations en termes d’emploi, de sécurité et de stabilité. « Il n’y a pas de désaccords de fond sur l’ensemble des points, plutôt des désaccords sur la forme. Nous n’avons pas de blocage, ni d’opposition à la création d’une compagnie par la CTC, mais elle n’est pas la solution à tous les problèmes. Nous sommes d’accord pour intégrer, jusqu’à l’intérieur des compagnies, la CTC au capital, mais dans un ensemble régulé et maîtrisé qui permet de préserver la totalité des emplois et de viabiliser le dispositif. Nous n’accepterons pas que le projet industriel et social des compagnies, bâti avec la DSP, soit remis en cause », précise Frédéric Alpozzo, secrétaire général de la CGT-Marins. S’inquiétant de la baisse annoncée de l'enveloppe de continuité territoriale, il prévient, aussi, contre les « fausses bonnes économies » qui pourraient « déséquilibrer les compagnies de service public » et seraient « préjudiciables pour les emplois et les prix ».
 
Un calendrier de trois mois
Une satisfaction réciproque pour cette première rencontre qu’il faut néanmoins nuancer. La discussion est restée générale. L’Exécutif corse a expliqué sa stratégie, ce qu’il voulait faire, comment il voulait le faire et dans quel délai. L’Intersyndicale a posé des questions et demandé des clarifications. Mais, aucun point de litige, actuel ou potentiel, n’a véritablement été directement débattu. Tout comme le sujet qui fâche de la Corsica Marittima est resté en filigrane. Et, si un consensus semble, désormais, se dessiner autour d’une future compagnie régionale, les divergences ne manqueront pas de surgir sur les points de détail de sa mise en œuvre. Le plus conflictuel reste à venir : quelle desserte, quelle flotte, quel pavillon, quel emplacement pour le siège social, quel type de fonctionnement, quel statut social pour les personnels, quelles conventions collectives, quelle politique de continuité territoriale, européenne et méditerranéenne avec l’intégration du Maghreb, quels opérateurs… ? L’Exécutif entend mettre à profit les trois prochains mois pour balayer, à travers un calendrier de discussions encore à définir, l’ensemble des questions financières, techniques et juridiques. Il devrait rapidement rencontrer les trois opérateurs potentiels : la MCM, la Méridionale et la Corsica Marittima. L’Intersyndicale annonce, pour sa part, des propositions dans les jours à-venir.
Affaire à suivre…
 
N.M.
 
 

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