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Transports aériens : La première ligne de métro pourrait relier la Corse à l’arc méditerranéen dès 2019 !


Rédigé par Nicole Mari le Lundi 10 Juillet 2017 à 23:02 | Modifié le Mardi 11 Juillet 2017 - 03:38


Un nouveau nom : « Isularia », et un calendrier en cinq étapes. Le métro aérien reliant la Corse, la Sardaigne, la Toscane, la Ligurie, les Baléares et la Catalogne pourrait voir le jour d’ici à deux ans. Une première liaison quotidienne aller-retour Bastia-Ajaccio-Olbia-Cagliari dès l’été 2019 et l’extension progressive des rotations journalières avec Pise, dans la foulée, et Gênes dès 2020, Rome, Palma ou Barcelone à l’horizon 2022. Trois mois à peine après sa présentation, le président de l’Exécutif territorial, Gilles Simeoni, l’actuel président de l’Office des transports de la Corse (OTC), Jean-Félix Acquaviva, et son successeur, Vanina Borromei, ont fait, lundi matin à Bastia, le point sur un projet emblématique de la mandature nationaliste et qui avance à la vitesse du son.


Transports aériens : La première ligne de métro pourrait relier la Corse à l’arc méditerranéen dès 2019 !
Bastia à 35 minutes d’Ajaccio, à 45 mn de Pise et de Gênes. Ajaccio à 1h de Rome et à 1h50 de Cagliari. Des liaisons quotidiennes, des aller-retour dans la journée, et des connexions dans les deux ou trois heures avec toutes les capitales européennes, voire au-delà…  Il y a de quoi rêver ! Et pourtant ce rêve est en passe de devenir une réalité avec Isularia, le projet de métro aérien entre la Corse et l’arc Nord méditerranéen, initié par l’Exécutif territorial. Alors qu’il faut, aujourd’hui, dans le meilleur des cas, 2h30 par la route,  - le trajet actuellement le plus rapide -, pour relier les deux capitales corses. Quand à quitter l’île pour rejoindre l’Italie ou la Sardaigne voisines, c’est le parcours du combattant ! Plus de 6 heures, voire 6h30 d’avion pour gagner de Bastia, la Toscane ou la Ligurie, entre 6 et 8 heures d’Ajaccio pour atteindre le Sud de la Sardaigne. Ceci dans la configuration la plus courte et avec deux changements d’avions ! C’est aussi long qu’un trajet Rome-New York ! Et, avec, la quasi-impossibilité de faire l’aller-retour dans la journée. Sans parler des tarifs dissuasifs… A l’heure où l’avionneur Airbus travaille sur un projet d’avion supersonique qui mettrait Paris à 60 minutes de New York et où il faut moins de deux heures pour relier la capitale française à Pise ou Barcelone, le désenclavement de la Corse est plus qu’une nécessité économique, c’est une urgence vitale !
 
Une priorité stratégique
Partant de ce constat, les Nationalistes ont, dès leur prise de pouvoir en décembre 2015, élaboré une politique de continuité territoriale transfrontalière basée sur des échanges et des partenariats avec les régions voisines. Si le maritime a montré la voie avec la mise en œuvre de deux Délégations de service public entre la Corse et la Sardaigne, l’ouverture du ciel corse vers l’Italie et l’Espagne a été érigé au rang de priorité. « Le métro aérien est la déclinaison dans le domaine des transports de notre vision stratégique de l’inscription de la Corse dans son ère euro-méditerranéenne avec une structuration de l’espace de Méditerranée occidentale dans laquelle toutes les parties prenantes trouvent à la fois des intérêts propres à chacun et des intérêts convergents », explique Gilles Simeoni. Le président de l’Exécutif corse a gagné à sa cause ses homologues sarde, majorquin, catalan et toscan. « Je leur ai dit que nos régions et nos territoires ont intérêt à construire un axe en Méditerranée occidentale qui va d’Ouest en Est, de la Catalogne à la Toscane en passant par les îles de Baléares, de Sardaigne et de Corse. D’abord, pour défendre les intérêts des régions méditerranéennes et insulaires. Ensuite, pour rééquilibrer l’Europe vers le Sud. Enfin, pour faire de la Méditerranée un espace d’échanges et de coopération plutôt qu’une zone de conflit et une nouvelle frontière, une Méditerranée qui rapproche et unit plutôt qu’une Méditerranée qui sépare et oppose ». Lors du G7 Transports qui s’est tenu à Cagliari il y a quelques jours, le projet a été inclus dans la déclaration commune rédigée par les trois îles et transmise à la Commission européenne.

Des liaisons simples et rapides
Pour le mener à bien, l’Office des Transports de la Corse (OTC) a fait appel à l’expertise de NAMA en charge de l’exportation du savoir faire des aéroports de la Côte d’Azur. L’objectif était de valider un programme prévisionnel de vols, d’estimer le trafic potentiel, d’optimiser les possibilités de correspondances au-delà des aéroports connectés, de réaliser des schémas d’exploitation sur 5 ans et un plan d’affaires relatif à ces dessertes. « Il s’agit de mettre en place un système aérien qui offre de bons horaires, des liaisons simples et rapides, des prix raisonnables, des capacités adaptées à la demande et un programme de vols construit autour de correspondances courtes et efficaces permettant de nombreux connecting avec des vols existants. Ceci afin de répondre au marché et de capter une population de passagers la plus large possible », précise Valery Sawocik, chargé de développement à l’aéroport Nice-Côte d’Azur. L’idée est de privilégier des liaisons multi-escales courtes : par exemple Ajaccio – Bastia – Pise, ou bien Rome – Ajaccio – Barcelone, ou encore Gênes – Bastia – Ajaccio – Olbia – Cagliari, et de monter en puissance progressivement en cinq ans. La première année, deux avions de 20 places, basés à Ajaccio et à Bastia, assureront les vols avec des horaires permettant l’aller retour dans la journée entre Ajaccio, Bastia, Pise et Olbia/Cagliari. Par exemple, un départ d’Ajaccio à 7h ou de Bastia à 8h du matin.

Transports aériens : La première ligne de métro pourrait relier la Corse à l’arc méditerranéen dès 2019 !
Des hubs internationaux
La liaison pourrait se prolonger, dès la seconde année, avec le rajout d’un aller-retour Cagliari-Ajaccio-Cagiari dans la journée et l’ouverture vers Gênes et la Ligurie. La troisième année, un appareil supplémentaire, d’une capacité de 50 ou 70 sièges, pourrait être affecté aux liaisons avec les hubs de Barcelone et de Rome pour des vols directs ou avec escales au départ des deux grands aéroports de Corse. « Dès la première année, les Corses pourront facilement se raccorder à près de 178 vols hebdomadaires sur 25 destinations et revenir jusqu’à 10 fois par semaine. La connectivité à l’international sera multipliée par cinq avec Rome qui offre près de 640 correspondances pour un temps d’escale entre 1 et 3 heures. A Barcelone, ce sera l'opportunité de 450 vols hebdomadaires et deux correspondances aller-retour avec l’Amérique du Sud », ajoute Valery Sawocik. Il prévoit, au final, 12 lignes et 26 flux de passagers. Et table sur un volume de 46 500 passagers transportés pour un taux de remplissage des avions de 52%, dès la seconde année, et sur 149 000 passagers transportés pour un taux de remplissage de 69%, la cinquième année. Grâce notamment à des tarifs attractifs : il faudra débourser 60 € pour un aller-simple par tronçon et jusqu’à 100 € sur les destinations les plus lointaines. Ce qui mettrait l’aller-retour Bastia-Ajaccio ou Bastia-Pise à 120 €, et l’aller-retour Ajaccio-Barcelone ou Ajaccio- Barcelone à 200 €. 
 
Des fonds européens
« Ce sera un vrai métro avec une visibilité tarifaire et des fréquences quotidiennes de deux aller-retour par tronçons. On pourra aller de Pise à Cagliari, ou de Rome à Barcelone, et revenir le soir chez soi, y compris en passant par la Sardaigne. Techniquement, en termes d’horaire, de fréquence, de prévision de tarifs et de montée en puissance sur cinq ans de l’ensemble des lignes qui seront mises en place, on arrive à chiffrer le besoin de subventions publiques à 5,7 millions € par an en année 5. C’est tout à fait raisonnable et viable quand on sait que la continuité territoriale Corse – Marseille nous coûte 37 millions € par an ! Le métro serait financé à 85 % par des fonds européens dans le cadre de programmes de coopération, comme le programme Interreg Marittimo et le programme MED, les 15 % restants seraient mutualisés entre toutes les régions partenaires. Autrement dit, le risque est très minime ! », affirme Jean-Félix Acquaviva, président de l’OTC. Mais, avant toute chose, il faut obtenir le feu vert de la Commission européenne, la convaincre de la nécessité et de la pertinence d’une continuité territoriale transméditerranéenne. « Ce dossier est, aujourd’hui, abouti d’un point de vue technique et économique, ce qui nous permet de le porter devant la Commission européenne et de démontrer la déficience du secteur privé sur ces vols et sur le modèle d’ensemble. Ensuite, de le présenter à l’ensemble de nos partenaires qui sont déjà très enthousiasmés, notamment aux Baléares, en Toscane et en Sardaigne, par l’idée de le mettre en œuvre. Enfin, d’élaborer, en 2018, le premier contrat d’Obligations de service public (OSP) transfrontalier sur 4 ans qui serait porté, à titre principal, par le Groupement européen de coopération territoriale (GECT), lequel sera créé d’ici à la fin de l’année. Nous pourrons inaugurer les premiers vols mi- 2019 », poursuit-il. Avec en ligne de mire, des perspectives et des débouchés non négligeables pour Air Corsica qui pourrait se positionner dans le cadre des OSP.
 
Une révolution en douceur
Après le partenariat noué avec les Sardes et l’accord tripartite signé entre la Corse, la Sardaigne et les Baléares, l’Exécutif nationaliste franchit, donc, une nouvelle étape avec le métro aérien. L’enjeu est non seulement de créer de nouveaux flux économiques et touristiques, de développer des activités entrepreneuriales ou d'ingénierie, des échanges culturels et universitaires, mais aussi de forger un lien à la fois sociétal et politique. S'il est conscient que de nombreux paramètres lui échappent, l'Exécutif se montre résolument optimiste et offensif. « L’important est d’engager la dynamique et d’avancer le plus vite possible de façon sérieuse et argumentée, en sachant qu’il y aura forcément des obstacles et des freins imprévus qu’il faudra lever. Si nous arrivons à monter ce projet et à le faire fonctionner, cela modifiera profondément le rapport de la Corse vis-à-vis de l’extérieur », observe Gilles Simeoni. Et de conclure : « Cela montre bien qu’avec une vraie volonté politique, on peut, en peu de temps, mettre sur les rails des projets structurants et les faire avancer de façon significative. Si on place bout à bout tout ce que nous avons engagé depuis 18 mois dans les secteurs stratégiques, et si les Corses nous donnent le temps nécessaire et les moyens de mener à bien tous ces projets, nous pouvons, en dix ans, changer en profondeur, de façon pacifique et positive, le visage de la Corse ». Une sorte de révolution en douceur, à pas comptés et franchis !
 
N.M.

Le président de l'Exécutif, Gilles Simeoni, entouré de Valery Sawocik, chargé de développement à l’aéroport Nice-Côte d’Azur, de Jean-Félix Acquaviva, président de l’OTC, et de son successeur, Vanina Borromei, qui prendra ses fonctions fin juillet.
Le président de l'Exécutif, Gilles Simeoni, entouré de Valery Sawocik, chargé de développement à l’aéroport Nice-Côte d’Azur, de Jean-Félix Acquaviva, président de l’OTC, et de son successeur, Vanina Borromei, qui prendra ses fonctions fin juillet.




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