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Trafic de cocaïne entre la Corse et Marseille : « Un vrai gros réseau de stupéfiants qui sort de l’ordinaire ! »


Rédigé par le Vendredi 6 Novembre 2015 à 20:45 | Modifié le Vendredi 6 Novembre 2015 - 22:15


Une enquête préliminaire de 9 mois, depuis mars 2015, a permis aux gendarmes de mettre un terme à un trafic de cocaïne qui depuis la région de Marseille était destiné à alimenter très largement la Corse. Le procureur de la République Eric Bouillard, entouré du Général Cayet, commandant de la région de gendarmerie et du lieutenant-colonel Michel adjoint de la section recherche à Ajaccio, a donné une conférence de presse ce vendredi pour faire le point sur ce trafic de cocaïne entre Marseille et la Corse démantelé ces derniers jours. Sur une table étaient disposés une partie des objets saisis, soit 440g de cocaïne, 110 000 euros et une balance de précision servant à confectionner les différentes doses.


Trafic de cocaïne entre la Corse et Marseille : « Un vrai gros réseau de stupéfiants qui sort de l’ordinaire ! »
Dans le cadre de l’information judiciaire les enquêteurs feront vite le constat que ce réseau est bien en train de se structurer de manière remarquable, c’est-à-dire qu’il sort de l’ordinaire.
Depuis mars 2015 les enquêteurs avaient localisé précisément les personnes qui trafiquaient, après un gros travail de surveillance et d’analyse, qui sous le contrôle du juge d’instruction ont débouché sur les interpellations de ces derniers jours.
Aujourd’hui dans ce dossier traité par les services spécifiques de la gendarmerie depuis la brigade territoriale de Porto-Vecchio, avec l’appui de la Brigade de recherche d’Ajaccio, des personnes sont mises en cause pour "trafic de stupéfiants" au moins sur les quinze derniers mois, pour "importation de stupéfiants", "blanchiment de trafic de stupéfiants", et "non justification de ressource. Un travail patrimonial qui n’est pas encore terminé, mais qui est à ce jour assez important pour mettre fin à cette activité illicite.

 

Une tête de réseau « corse-marseillais » qui demeure à Marseille.
4 personnes ont été interpellées à Marseille, dont 3 déférées au juge d’instruction. 8 personnes l’ont été en Corse dont 6 étaient déférés aujourd’hui au Palais de justice. Les personnes déférées n’étaient pas consommatrices.
 « Le train de vie des personnes impliquées est impressionnant. Des gens qui n’ont pas de revenu réel, pas d’emploi, et qui bénéficient souvent d’aides. Les 100 000 euros d’économie retrouvés, les 440g de cocaïne qui impliquent un gros investissement, sont les signes de l’importance du réseau et du coup qui a été porté aux bénéfices de cette équipe, mais aussi aux bénéfices qu’ils ont dégagé. Ces gens trafiquaient en très grosse quantité » expliquent les représentants de la gendarmerie.
Une enquête qui est remontée jusqu’aux membres du réseau qui refusent de parler. Un balayage à partir des informations a été fait de haut en bas et de bas en haut du réseau, et dans cette affaire nous sommes montés assez haut. Les petits revendeurs (« fourmis ») prennent les peines et les autres les bénéfices, un fonctionnement établi dans l‘organisation, et qui est visiblement accepté par tous.
Contrairement aux croyances établies sur ces trafics, celui-ci ne concerne pas « de petits jeunes » de la deuxième et troisième génération issue des banlieues. Les têtes de réseau ne sont pas des consommateurs et pourraient même au quotidien expliquer à leur environnement que consommer ces drogues n’est pas bien. »
Un réseau démantelé avec quasiment tous les maillons de la chaine, de la tête de réseau à ceux qui étaient plutôt chargé de procéder au transport. Viennent ensuite les personnes chargées de stocker les produits (les mules ou les nourrices) et enfin les revendeurs qui sont aussi souvent consommateurs.
A la tête de ce réseau se trouvent des personnes qui ne souhaitent pas parler de ce qui se passe « au-dessus », mais qui ont déjà un casier judiciaire ou qui sont connues pour des faits similaires. L’enquête se poursuit dans la région PACA, sur un volet Marseillais.
 
Une prise de stupéfiants de 440g de cocaïne
Les 440 g de cocaïne présentée ce matin par le procureur, représente les 2/3 de ce qui a été saisi en zone gendarmerie depuis le début de l’année sur 5 affaires. Cette multiplication des affaires de stupéfiants vise à déstabiliser les réseaux locaux et c’est cette déstabilisation qui permet de faire tomber une partie de l’édifice. 500g de cocaïne permettent, pour des trafiquants, de mener un assez beau trafic. La ville de Marseille en est le fournisseur, et plusieurs type de voyages en bateau, pour des approvisionnements, des contacts et la structuration du réseau ont permis son développement.
440g vendus à 60 euros le gramme pur représente un gain de plus de 20 000 euros. La cocaïne comme l’héroïne sont coupées avec des produits en vente libre. Des produits dont on atténue ainsi la dangerosité, mais qui multiplie les bénéfices.

Des armes pour dissuader ou inciter
Un dossier dans lequel la violence est très présente. Parmi les voyages organisés, certains étaient destinés uniquement à faire des recouvrements de dettes. 4 Armes de poing (révolvers) étaient utilisées pour accentuer la pression et menacer ceux qui avaient des dettes ou pour inciter certains à se livrer plus ardemment dans le trafic. 3 armes d’épaule, ont aussi été retrouvées dont deux armes de chasse qui pouvaient être bricolées pour les rendre plus impressionnantes.
 
Un travail en synergie de plus d’une centaine de militaire
7 militaires ont été le noyau actif de l'enquête pendant ces derniers mois, appuyé par des moyens spécialisés.
Mardi, 100 militaires ont été mobilisés sur 4 jours, il s’agissait aussi des personnes à l’origine des dossiers de la compagnie de Porto-Vecchio. La section de recherche a pris la direction de l’enquête avec les gendarmes des Bouches-du-Rhône, et dans les deux départements l’institut criminelle de la gendarmerie a permis d’identifier les caches possibles.
De plus 70 militaires ont été associés aux auditions et à l’exploitation de tous les renseignements qui ont pu être délivrés. « C’était une enquête extrêmement dynamique à partir du moment où le regroupement d’information permettait de rebondir, et la cocaïne présente ici était la prise de ces quelques dernières heures d’investigation. La première journée ne fait pas le succès d’une enquête, mais bien la continuité des investigations des 70 militaires. Avant et pendant cette enquête d’autres affaires étaient liées à ce dossier. De futures investigations montreront que d’autres connexions existaient entre les différentes affaires. Certaines ont déjà été mises à jour, et d’autres le seront dans les mois à venir. »






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