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Territoriales : Le tandem Paul-Félix Benedetti/Jean-Baptiste Arena dévoile sa démarche à Ponte Novu


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 15 Octobre 2017 à 23:46 | Modifié le Lundi 16 Octobre 2017 - 15:54


C’est sur le lieu emblématique de la bataille de Ponte Novu que le tandem nationaliste formé de Paul-Félix Benedetti, leader d’U Rinnovu, et de Jean-Baptiste Arena, maire de Patrimoniu, entouré de Brigitte Artily, numéro 2 de la liste, et d’environ 300 militants, a présenté sa démarche pour les élections territoriales des 3 et 10 décembre prochains. Un projet d’inspiration paoliste pour une Corse nouvelle, dénommée Core in Fronte, qui se fonde sur deux axes : un axe constitutionnel avec la souveraineté en deux étapes d’ici à 2032, et un axe de développement avec la priorité à la terre, à l’économie et au social. Explications croisées, pour Corse Net Infos, de Paul-Félix Benedetti et Jean-Baptiste Arena.


Le tandem Paul-Félix Benedetti/Jean-Baptiste Arena, accompagné de Brigitte Artily, numéro 2 de la liste, et entouré de près de 300 militants.
Le tandem Paul-Félix Benedetti/Jean-Baptiste Arena, accompagné de Brigitte Artily, numéro 2 de la liste, et entouré de près de 300 militants.
- Pourquoi avoir choisi Ponte-Novu pour présenter votre démarche ?
- Paul-Félix Benedetti : C’est un lieu symbolique qui a signifié le début de l’annexion militaire de la France, la fin de la nation corse souveraine. Nous voulons en faire symboliquement un point de démarrage, d’espoir, de recomposition, de renouveau… projeter aussi la vision paoliste de l’organisation de la société corse de demain.
- Jean-Baptiste Arena : Ce lieu est, comme son nom  « Ponte Novu » l’indique et malgré le fait que le pont soit détruit, le point de départ d’une démarche nouvelle et d’une reconstruction, d’un renouveau des fondamentaux qui ont été bafoués depuis 40 ans. C’est, aussi, un moyen d’attirer l’attention sur le monde rural qui est en train de mourir. Nous voulions marquer les esprits en démarrant notre campagne dans le Centre Corse. C’est, enfin, représentatif du combat qui nous attend. Ponte Novu ne doit pas rester une défaite historique, mais doit devenir le point de départ d’une victoire politique, économique, culturelle et émancipatrice pour notre peuple.
 
- Que signifie ce nom : « Core in Fronte » ?
- Jean-Baptiste Arena : Il est directement tiré de Pasquale Paoli et de son « Avanzà u Corsu, core in fronte è strada diritta ». Nous avons besoin de vertu ! La Corse, aujourd’hui, en manque énormément. Paoli le disait déjà. Nous le disons encore : la Corse ne pourra se construire que si elle est vertueuse. Il est toujours dangereux d’associer la vertu au vice. Il faut que le vice, qui parfois nous vient d’ailleurs, soit combattu par la vertu. C’est pour cela que Core in Fronte doit être une plateforme de renouveau. Cette phrase de Paoli a 250 ans, mais est toujours d’actualité au regard de tous les combats qui attendent la Corse et les Corses.
- Paul-Félix Benedetti : Ce nom est, encore, une symbolique historique et une référence au paolisme. C’est, aussi, un message de générosité, d’enthousiasme, d’esprit volontaire, de fougue, d’envie d’aller de l’avant, d’ériger ce pays, une nouvelle fois, au firmament de l’Europe, de lui rendre une place qu’il n’aurait jamais du quitter. C’est affirmer un mieux vivre-social et la préservation de nos droits historiques inaliénables et fondamentaux.
 
- Pourquoi ce choix d’un tandem commun avec Jean-Baptiste Arena ?
- Paul-Félix Benedetti : C’est un choix naturel ! Notre démarche se base sur le regroupement de plusieurs personnalités qui ont envie de sortir la Corse de l’ornière où elle se trouve, d’avoir un message politique clair et cohérent. Il y a, en parallèle, une dualité entre, d’un côté, notre passé, notre histoire, notre culture, nos racines… et, de l’autre côté, la projection vers l’avenir, le dynamisme, la construction d’une Corse nouvelle et le refus de l’électoralisme, les logiques d’idées qui prévalent sur les logiques de groupe et de nombre… Avec Jean-Baptiste, nous partageons cette démarche commune et cohérente qui prendra jour au lendemain de l’élection.
- Jean-Baptiste Arena : Si scrive inde u filu stòricu di cinquant’anni di lotte à prò di u populu corsu, per a ricunniscenza di i so diritti. Piglia e so ràdiche inde a Storia di l’Omi, è vene impastata da i valori universali di fraternità trà l’omi è i pòpuli. U fine, u scumpartimu tutti quì, offre à issu populu i mezi di u so spannamentu, di a so emancipazione pulitica, ecunomica, suciale è culturale.

- Quel est le sens de votre démarche ?
- Paul-Félix Benedetti : Notre démarche se base sur deux axes. Un axe de souveraineté avec une feuille de route en deux étapes. Une étape immédiate consiste à imposer au président Macron, qui se dit Girondin, le respect de ses engagements de campagne électorale avec l’octroi à la Corse de pouvoirs législatifs de plein droit dans les domaines importants de l’organisation d’un territoire : le social, la santé, l’éducation, le cadre de vie, la culture, l’aménagement, la fiscalité, les échanges avec l’Europe… Un statut d’autonomie élargie, à l’égal de celui que détient la Sardaigne depuis 50 ans. Nous le demandons à échéance maximum de trois ou quatre ans, avant la fin du quinquennat Macron.
 
- Est-ce le point fort de votre programme ?
- Paul-Félix Benedetti : C’est le point constitutionnel en termes d’architecture de la Corse de demain. Nous ne pouvons pas nous contenter de la collectivité territoriale nouvelle avec la fusion des Conseils départementaux sans aucun transfert de compétences ou de moyens… ou du moins sans aucune possibilité de chercher des moyens nouveaux puisque nous n’avons aucune compétence fiscale. La deuxième étape porte sur une période de 10 ans de mise en application de ces compétences nouvelles avec notre volonté de sortir la Corse du marasme économique et de la paupérisation, de donner, au peuple corse, une ossature salutaire qui lui permettra d’entrevoir non plus sa survie, mais son avenir. Ensuite, au terme de ces 10 ans, en 2032, nous proposerons aux Corses, de manière très claire, par voie référendaire, un scrutin d’autodétermination avec un choix simple : soit le statu quo sur le statut autonomie qui aura été obtenu dix ans auparavant, soit une souveraineté pleine et entière comme, par exemple, à Malte.
 
- En quoi cette démarche de souveraineté se distingue-t-elle de celle de l’autre liste nationaliste ?
- Paul-Félix Benedetti : Je ne connais pas la tenue de leur programme. Ils tergiversent beaucoup sur la notion d’autodétermination. J’entends quelquefois parler d’autodétermination à titre individuel. Dans le cadre d’une lutte d’émancipation, l’autodétermination ne peut être que l’aboutissement d’un processus d’accession à la souveraineté. Si on veut être respectueux des règles démocratiques, celle-ci ne peut, in fine, être décidée que par référendum avec des questions très claires.
 

Paul-Félix Benedetti et Jean-Baptiste Arena.
Paul-Félix Benedetti et Jean-Baptiste Arena.
- Quel est le second axe de votre démarche ?
- Jean-Baptiste Arena : Il est simple et clair. A l’heure de la mondialisation, de la libéralisation à outrance, meurtrière partout sur la planète, le peuple corse est en difficulté sur sa terre. Plus de 80 000 personnes vivent avec moins de 800 euros par mois. Nos anciens finissent dans des mouroirs, notamment dans le rural. Les jeunes n’ont plus accès à la terre, que ce soit pour une agriculture productive ou pour un logement. Pour toutes ces raisons, notre discours est tourné vers le social. En même temps, nous sommes pour l’esprit d’entreprise qui est source de développement et de richesse. Nous avons toujours prôné l’émancipation de l’individu, que ce soit par rapport au clan ou au niveau économique. C’est une question d’équilibre entre combattre la précarité et le libéralisme ravageur, mais en proposant une alternative économique basée sur une agriculture qualitative. Une agriculture qui est là pour produire, et non pour servir d’alibi ou de vitrine à un tourisme de masse. Il faut aider les espaces ruraux de l’intérieur qui sont en grande difficulté et mieux répartir équitablement les richesses sur tout le territoire.
 
- Votre priorité reste-t-elle toujours la préservation du foncier ?
- Jean-Baptiste Arena : Bien entendu ! C’est vraiment la priorité absolue ! Pourquoi ? Parce que la préservation de la terre touche à nos valeurs, à l’essence même du peuple corse, à ce qu’est ce peuple, à ce lien viscéral qu’il le lie à sa terre. Que ce soit par rapport à l’agriculture, l’environnement, à tous ces villages qui meurent… il faudra trouver des solutions pour revitaliser l’intérieur, relancer l’économie et repeupler ces microrégions qui, aujourd’hui, sont vides. Tout ce cheminement économique contribuera à nous aider à combattre la spéculation immobilière. Si demain, une agriculture forte produit de la qualité, elle sera nourricière pour son peuple, mais aussi pour les familles qui en vivront et en vivront bien, nous n’aurons pas besoin d’autres moyens de lutte pour contrer la spéculation immobilière.

- Que vous inspire le front républicain qui se veut un rempart contre les Nationalistes ?
- Paul-Félix Benedetti : Les vieux démons ré-envahissent la Corse ! Les vieux partis du clan tentent de se régénérer avec des visages nouveaux et angéliques, mais un discours politique diabolique qui revient aux pires années, aux temps de la CFR ! Ils agitent le spectre d’une séparation néfaste et d’un avenir meilleur en restant sous les auspices d’une France qui aurait des mamelles généreuses ! Aujourd’hui, je ne vois que deux choix : d’un côté, l’archaïsme, la féodalité, l’asservissement des populations, la paupérisation… De l’autre côté, la liberté et le mieux-vivre. Ce choix sera clairement exposé aux Corses.
 
- Quel score escomptez-vous réaliser au 1er tour ? Pensez-vous franchir la barre des 5% ?
- Paul-Félix Benedetti : Nous ne faisons pas de prévisions électorales. Notre liste se compose de militants, de gens qui ont souvent mouillé la chemise, qui sont toujours allés au devant des évènements sans chercher à les subir, avec une logique idéologique qui prend le dessus sur des logiques politiciennes. Nous voulons véhiculer des idées, les faire partager par les Corses et essayer de recueillir le maximum d’adhésion. Dans ces conditions-là, cela voudra dire que nous avançons vers les pans de la souveraineté, de la liberté et que nous sommes sur le point de solder ce conflit corso-français qui dure injustement, de manière contemporaine, depuis le début du 20ème siècle.
 
- Quand présenterez-vous votre liste définitive ?
- Paul-Félix Benedetti : Nous avons donné les trois premiers noms. Du fait de l’accélération du scrutin au 3 décembre, nous envisageons de présenter l’intégralité de la liste sous huit jours, aux environs du 25 octobre.
 
- Si vous franchissez l’étape du 1er tour, envisagez-vous la fusion avec l’autre liste nationaliste ?
- Paul-Félix Benedetti : Nous verrons à ce moment-là quels seront la conjoncture, l’état de la société politique corse, les points de convergence. Nous serons, en tous cas, au rendez-vous de l’histoire, nous ne les avons jamais ratés ! Nous n’avons jamais été des entraves à la liberté.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.




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