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Simon Renucci : "Il faut traiter la question corse de façon globale"


Rédigé par le Lundi 10 Décembre 2012 à 20:12 | Modifié le Mardi 11 Décembre 2012 - 01:22


Simon Renucci, le maire d'Ajaccio, a été le premier à réagir aux propos tenus Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, à l'égard des élus insulaires au lendemain de la vague d'attentats qui a secoué l'Île du Nord au Sud. Corse Net Infos a voulu savoir pourquoi le maire de la cité impériale avait si vivement réagi à la prise de position ministérielle…


Simon Renucci : "Il faut traiter la question corse de façon globale"
- Manuel Valls a exhorté les élus Corses à dénoncer la violence. Que vous inspirent ces   propos ? 
- Dès hier soir, j’en ai appelé à la prudence dans cette affaire. Je persiste et je signe dans cette voie. En effet, les élus corses sont honnêtes. Et faudrait il rappeler que la sécurité des droits et des personnes est une prérogative régalienne qui incombe à la puissance publique. C’est à l’Etat de  jouer son rôle. Voilà la réalité ! 
Parallèlement, j’ajoute que l’écrasante majorité de la population est victime de cette violence où se mêlent crainte et angoisse du lendemain. Aussi évitons les amalgames fâcheux. Evitons aussi le piège de la responsabilité collective. 

- Selon vous, le gouvernement  actuel emploie t-il la bonne méthode en Corse ? 
- La seule et unique méthode qui vaille, repose sur le respect mutuel. Un tel procédé a fait ses preuves par le passé. Mais, le président François Hollande ne dit  pas autre chose lorsqu’il encourage  les élus Corse à faire des propositions. Il y a là l’empreinte du fameux « dialogue à ciel ouvert » initié par Lionel Jospin. 

- Que préconisez-vous pour sortir de cette spirale infernale ? 
- Sortir notre île de l’ornière ne se fera pas du jour au lendemain. Cependant, j’ai la faiblesse de penser que seul un véritable contrat de confiance passé entre Paris et la Corse est susceptible de ramener la paix.  Cette paix qui ne se décrète pas, mais se construit patiemment. Son pilier? La  justice sociale et le développement économique.  Voilà en peu de mots les moyens de retrouver les chemins de la sérénité et que chacun appelle d’ailleurs de ses vœux.  
Parallèlement, les raisons d’espérer et d’y croire existent. Je veux croire en la gauche. Cette  gauche,  qui a prouvé par le passé qu’elle était capable de relever le défi. Aurait-on oublié les périodes Defferre, Joxe, Jospin ? Aujourd’hui François Hollande se pose en digne héritier. Le comité interministériel créé il ya peu est à mes yeux le symbole d’une volonté politique évidente : traiter la question Corse de façon globale. 

- Quelle serait la première décision à prendre pour qu’elle soit suivie d’effets ?  
- Ce n’est pas dans l’émotion que se règle de manière pérenne une problématique aussi complexe voire dramatique. Au-delà de votre question, qui a le mérite d’être posée, je crois, qu’un acte isolé ou une décision extraite de son contexte n’aura qu’une valeur de portée limitée, voire relative. 
En contrepoint, je pense, que la politique devant prévaloir en Corse doit être, comme je l’ai souligné précédemment, globale. Elle doit s’attaquer aux maux mais aussi à leurs racines. C’est une démarche exigeante qui doit être entreprise. Elle ne doit laisser place à aucun amalgame. Mais à l’inverse, être pétrie de justice et de justesse. 
Au nécessaire établissement de l'état de droit doit répondre, comme en écho, la solution aux problématiques sociétales. Elle est seule  à même de bâtir une véritable  corse citoyenne sur le socle du « vivre ensemble » ou de l’harmonie retrouvée.
Propos recueillis par Marilyne SANTI
 
 
 



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