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Simon Giuseppi : "L'internement en Corse pendant la Grande Guerre"


Rédigé par le Mardi 20 Janvier 2015 à 23:06 | Modifié le Mardi 22 Décembre 2015 - 23:30


Simon Giuseppi présentera ce mercredi à 18 heures à la bibliothèque Prelà de Bastia son ouvrage "L'internement à Corbara en Corse de civils Austro-Allemands - 1914 - 1920". Le 24 Janvier il participera au salon du livre corse à Marseille.


Le couvent de Corbara et…
Le couvent de Corbara et…
Personne n’ignore, la commémoration nationale aidant, qu’il y a très exactement cent ans, en janvier 1915, la France était en guerre et qu’un très grand nombre de nos jeunes corses partis  au front, étaient en voie d’y payer un lourd tribut.
 
Mais par contre, très peu de Corses savent qu’à cette même date le couvent de Corbara  donnait abri à presque huit cents prisonniers civils austro-allemands. Dans les bâtiments conventuels, dimensionnés pour recevoir au maximum une quarantaine de religieux, se trouvaient entassés ces centaines de représentants de pays ennemis, encadrés par un contingent de plus de soixante soldats et gendarmes qui constituaient la garde.
 
Au mois de juin dernier, au couvent, Simon Giuseppi a présenté son ouvrage intitulé L’Internement à Corbara en Corse de civils austro-allemands -  1914-1920, qui venait de paraître chez l’éditeur ajaccien, Alain Piazzola. Son travail avait comme objectifs de mettre dans son contexte historique le phénomène international de l’internement de civils pendant la Grande Guerre, puis de montrer comment la politique française en la matière a été traduite dans l’environnement corse. L’auteur a élu d’exposer prioritairement le cas de Corbara, sans pour autant oublier les autres « dépôts » d’internés établis dans les couvents d’Oletta, Morsiglia et Luri, car il avait découvert à Vienne une collection tout à fait remarquable  de dessins ramenés en Autriche par un artiste amateur en 1918, à la fin de ses quatre années de détention dans le couvent balanin qui racontent graphiquement et avec beaucoup d’humour la vie précaire des internés.
 
Puis, au mois d’août Simon Giuseppi a été l’invité de l’association Casa Mariani et de la mairie de Morsiglia pour présenter son livre. La Casa Mariani, ancien bureau de poste, puis maison refuge d’artistes de passage, est devenue, depuis 2013, association  loi 1901 qui met à disposition un lieu de rencontre destiné à favoriser toutes formes d’expression artistique. Les deux salles  ont rempli parfaitement leur vocation à cette occasion, car au rez-de-chaussée Simon Giuseppi a exposé une collection de dessins et de photos et a dédicacé son livre, alors qu’à l’entresol il a projeté en boucle des illustrations puisées principalement dans son livre et a présenté deux conférences au sujet de l’internement de prisonniers civils pendant la Grande Guerre où il a mis l’accent sur le rôle joué par les couvents de Morsiglia et Luri.
 
En effet, les couvents de Morsiglia et Luri ont accueilli, pendant la Grande Guerre, plusieurs centaines de prisonniers civils étrangers. Les conférences ont permis à des audiences médusées (le sujet est à ce point méconnu) d’apprendre comment vivaient, comment survivaient ces Austro-allemands, comment, pour remplacer les travailleurs corses partis au front, ils ont contribué à faire tourner l’économie du Cap-Corse, et ce qu’ils ont laissé comme souvenir culturel.
 
Les « révélations » que l’auteur a apportées à son audience pourtant constituée en grande partie de voisins proches des deux couvents ont donné naissance à l’idée de constituer une annexe à son livre,  qui serait consacrée, elle, exclusivement à la présence d’internés  au couvent de l’Annunziata de Morsiglia et à celui de Saint-Nicolas de Luri. Les maires de Morsiglia et de Luri se sont engagés à soutenir ce projet.

l'autoportrait éalisés par l'Autrichien Julius Hammer
l'autoportrait éalisés par l'Autrichien Julius Hammer

L’auteur dispose déjà de suffisamment de matière pour une deuxième publication ; par exemple, aux murs d’une pièce obscure du couvent de Morsiglia, qui a servi sans doute de cachot, il existe des graffiti vieux de cent ans ;  Simon Giuseppi déchiffrera ces inscriptions, les interprétera.  Puis, il possède des photos inédites et rares, d’une grande qualité, qui viennent authentifier les dessins de Corbara. Les archives insulaires et internationales fournissent des éléments concernant spécifiquement la direction des deux dépôts et leurs populations étrangères. Parmi les prisonniers à Morsiglia un journaliste allemand a rédigé et publié le journal de sa captivité  sous le titre « 1914-1917 Carnet d’un Boche en France » ; ce document sera analysé et commenté.

 

Mais pour le permettre de compléter son projet Simon Giuseppi lance aujourd’hui un « appel à témoin ». Toute personne ayant des documents, des informations ou des anecdotes concernant l’internement dans le Cap qu’elle est disposée à partager est invitée à se mettre en contact avec Simon Giuseppi

 

Pour ceux qui n’avaient pas pu écouter Simon Giuseppi au mois d’août, une nouvelle conférence/exposition, organisée par l’association capcorsine Petre Scritte, a eu lieu, grâce la généreuse invitation de Madame Rose-Marie Carrega, à fin octobre, à la Villa Gaspari-Ramelli à Sisco. A cette occasion il a été suggéré que le projet pourrait inclure utilement la présence d’internés civils dans le couvent d’Oletta et aussi, même si cette présence a été éphémère et au tout début de la grande Guerre, dans le couvent de Cervione et le pénitencier de Casabianda.
L’appel à témoin est donc élargi en conséquence.





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