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Ses assises se tiennent dans le Niolu : Dieu que la montagne est belle


Rédigé par Jean-François Vinciguerra le Jeudi 1 Décembre 2016 à 18:47 | Modifié le Jeudi 1 Décembre 2016 - 23:40


« Faire en sorte que la revitalisation de la Corse soit cause d’intérêt majeur.» Ce mot d’ordre, lancé depuis Levie, le 21 Octobre dernier par Jean-Felix Acquaviva, président du comité de massif, a été partagé par l’ensemble des participants au premier rang desquels on comptait les présidents du conseil Exécutif et de l’Assemblée de Corse, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni. Bon nombre de conseillers exécutifs et d’élus avaient également fait le déplacement à Casamaccioli, dans le Niolu, pour ces deux journées d’assises de la montagne


Il faut dire que depuis l’adoption, en première lecture, par l’Assemblée nationale, (511 voix) de l’amendement instaurant un statut île montagne, un nouveau visage de la Corse se dessine. « La montagne Corse est à la croisée des chemin » a lancé Gilles Simeoni dont on sait l’attachement qu’il porte à la montagne.
Les  perspectives de réaménagement de l’espace comme de rattrapage économique deviennent principe de réalité. C’est donc ce nouveau cadre juridique qui a alimenté les échanges et débats, parfois très denses. Au-delà de l’ingénierie Etat-CTC et Etat-Territoire qui  fut ainsi  scellée, parallèlement, le cap a été mis sur le « Schéma d’aménagement et de développement de la Montagne. » Identifié par la nouvelle mandature comme étant un document primordial permettant tout à la fois sauvegarde de la ruralité et la défense de la montagne, il sera la  clé de voûte du renouveau. Accessibilité des réseaux (routes, rail, numérique). Des services de base. (Santé, éducation, formation). Tourisme de montagne ou encore revalorisation des productions primaires (agriculture et forêts), tels sont les enjeux que ce schéma renferme. Autant dire « une plus-value », par rapport à l’existant. En attendant le vote définitif de la loi Montagne, d’autres échanges étaient inscrits à l’agenda comme ces assises qui se déroulent depuis hier et ce jusqu’à ce soir.


Solutions pérennes
En Corse, « la géographie a contraint l’histoire  des hommes » affirmait Fernand Braudel, le grand historien de la Méditerranée. Il faut dire que les handicaps structurels sont nombreux et que la population doit fait face aux cloisonnements hérités des anciennes Pieve et aux difficultés d’accès qui en résultent. L’isolement lié aux contraintes de l’insularité finit de parachever le lot d’inconvénients. Tourner le dos aux sempiternels handicaps structurels de la Corse et proposer des solutions dynamiques pérennes, voilà l’ambition du comité de massif présidé par le conseiller exécutif Jean-Félix Acquaviva.
Il a été créé par la loi du 22 Janvier 2002, mais a longtemps été en sommeil et n’a que très peu fonctionné. C’est à la faveur d’une délibération portée par le nouveau pouvoir nationaliste datant du 26 mai 2016 que ce comité a pu renaître de ses cendres, fort d’une composition élargie et d’une ambition politique affirmée en faveur du renouveau de la montagne Corse. Cette longue mise en sommeil équivaut à un manque à gagner, puisque du côté de l’exécutif, on affirme « le comité de massif n’ayant pas fonctionné, ce manquement a coûté à la Corse près de 60 millions d’euros et a fortement pénalisé les communes de montagne»


Des objectifs bien précis
La relance du comité de massif change la donne et un nouveau visage de l’île se dessine pour l’horizon 2016-2020. Celui de l’accessibilité des réseaux, des infrastructures (eau, assainissement, énergie), des services de base (santé, éducation, formation,) sans oublier les productions primaires (agriculture et forêt). Plusieurs financements, à savoir : le reliquat de l’enveloppe de continuité territoriale, le partenariat avec l’Etat, la reconnaissance du statut île montagne.
De la mer à la montagne, il n’y a qu’un pas. Car c’est bien grâce aux économies réalisées dans le domaine des transports maritimes que le massif Corse pourrait connaitre un nouvel essor. 104 millions d’euros prévus en Décembre 2015 par l’ancienne mandature et une situation de « surcompensation » contre 73,5 millions d’euros prévus par la nouvelle majorité nationaliste, soit un gain financier, à hauteur de 3O millions d’euros, réalisé sur les reliquats de l’enveloppe de continuité territoriale, gain qui sera affecté en partie à l’intérieur de l’île. Entre 5 et 7 millions d’euros par an iront à la revitalisation de l’intérieur sur des projets divers comme le renouveau de la filière bois, agrotourisme, création de maisons pluridisciplinaires de santé et des métiers qui en découlent. Le reste ira aux infrastructures terrestres, à l’aérien, à la baisse su tarif résident sur le maritime, de même qu’une baisse réalisée à l’import comme à l’export.
On se rappelle qu’une ingénierie Etat-CTC a été insaturée lors du dernier comité de massif, réuni à Levie le 21 Octobre dernier. Ainsi, exemple concret de cette collaboration : Un appel à projet de 4 millions d’euros a été lancé pour le secteur Bois-énergie. De même que la mise en place de contrats de ruralité. Ces avantages reposent sur trois leviers :
  • La création d’une zone fiscale prioritaire de montagne
  • FNADT : Fonds national d’aménagement du territoire en Montagne et ce dans la perspective d’une remise à niveau censé apporter 8 millions d’euros par an à la Corse.
  • FEDER MASSIF : Fonds Européen de développement économique régional : il apporterait à la Corse près de 10 millions d’euros par an.
Précisions apportées par Jean-Félix Acquaviva :
« Dès l’exercice 2016-2017, sur la question des services publics et des institutions, la reconnaissance du statut île-montagne, permettra de rehausser le FNADT (Fonds national d’aménagement du territoire en Montagne) pour le mettre à niveau de celui d’un massif comme le  Jura ou les Vosges qui sont équivalents à la Corse en terme de mètres carrés. Ce fonds octroie à ces massifs (Jura et Vosges) entre 7 à 8 millions d’Euros par an, alors que la Corse ne bénéficie actuellement que de 200 000 Euros, ce qui constitue une disparité.
Le président du comité de massif ajoute en substance : « Il s’agira de renégocier le FEDER MASSIF (Fonds Européen de développement économique Régional. C’est un fonds structurel Européen qui corrige les déséquilibres régionaux. Si ce fonds est renégocié : il apporterait à la Corse près de 10 millions d’euros pas an. »
Ces deux fonds réunis généreraient des entrées de 18 Millions d’euros par an, soit près de 80 millions d’EUROS en 5 ans pour financer des projets de service public, d’infrastructures, de développement économique, de tourisme, d’agriculture de montagne dans les zones de l’intérieur. Cela ouvre la voie à la remise à niveau de la Corse, privée de comité de massif depuis longtemps.

Le statut île-montagne bien sûr…

Si le vote définitif, en seconde lecture, instaurant la Corse ile montagne est adopté avant la fin de cette année, il y aura donc un article 3 Bis dans la loi Montagne entérinant la Corse comme étant un statut île montagne. Ce qui ouvre le champ à des politiques adaptées au niveau national. Et des avantages financiers importants
Parallèlement, sur un tout autre registre, méditerranéen et Européen cette fois, la coopération Corse-Baléares-Sardaigne se poursuit. Cette union inédite entre trois îles de la Méditerranée se fixe pour objectif de plaider de concert auprès de la commission Européenne, la renégociation de l’article 174 du traité Européen, ce qui permettrait de  définir des politiques précises pour les îles montagne, dont la Corse fait partie…..
Au niveau de la Corse, sur les 360 Communes que compte l’île,  336 intègrent la loi montagne et loi littoral. 288  font partie du dispositif de la loi montagne.


Petites phrases
" 60 à 70% de notre territoire ne peut pas être laissé pour compte" a déclaré Jean Félix Acquaviva, président du comité de massif, en guise de propos d'ouverture de ces premières assises de la montagne au niolu. Avant d'ajouter " l'ambition et l'état d'esprit qui nous anime est celui d'un plan Marshall". Sur 5 ans, Jean Félix Acquaviva espère arracher des financements afin de briser la spirale de la désertification qui affecte la montagne corse. 
Il s'agit de mobiliser des fonds, de différentes manières. 
 
Évoquent le schéma d'aménagement, Jean Félix Acquaviva assure: " ce n'est pas l'alpha et l'oméga mais un outil pour impulser un cercle vertueux
 
De son coté Gilles Simeoni a affirmé " la montagne corse est à la croisée des chemins nous sommes à un point de convergence. La présence de l'état l'atteste. L'essentiel est notre volonté commune de travailler ensemble. Mais c'est aussi cette volonté politique qui est celle de toutes ces femmes et tous ces hommes pour qui il ne peut y avoir un avenir si la montagne n'est pas développée."
 
 
Jean Christophe Angelini a annoncé vouloir contribuer à lutter contre la fracture numérique en affectant une partie des fonds du plan numérique à la montagne 
Vendredi, les assises se poursuivent avec des groupes de travail et avec, au terme, une synthèse des deux journées de travaux.
J.-F. V.




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