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Sea Shepherd s’installe en Corse


Rédigé par le Lundi 9 Novembre 2015 à 22:27 | Modifié le Mardi 16 Février 2016 - 14:20


Le groupe local de la célèbre ONG de protection des océans est né ! Ce samedi soir à Ajaccio, ils étaient plus d’une centaine à être venus assister à l’inauguration officielle, à Ajaccio. Un événement auquel la présidente nationale, Lamya Essemlali, avait aussi répondu présente et à l’occasion duquel elle est revenue sur la campagne Mare Nostrum, menée cet été en Méditerranée


Sea Shepherd s’installe en Corse
Les t-shirts noirs floqués de bannières pirates étaient légion ce samedi soir dans le centre ville d’Ajaccio. Pas de doute Sea Shepherd avait à nouveau largué les amarres dans la cité impériale, quelques semaines après y avoir déjà séjourné dans le cadre de l’opération Mare Nostrum. Mais cette fois, pourtant, point de bateaux à l’horizon. Les Bergers des mers étaient en effet en ville pour lancer en bonne et due forme Sea Shepherd Corsica, qui devient ainsi le 16ème groupe local français de l’ONG de protection des océans et de la faune marine.
 
Et le moins que l’on puisse dire c’est que Sea Shepherd sait rassembler. L’Irish pub, choisi pour héberger l’événement, était plein à craquer d’une grosse centaine de personnes qui avaient fait le déplacement, pour ce rendez-vous qu’aucun n’aurait voulu rater.
Au milieu de cette ambiance très conviviale, on pouvait même croiser la présidente nationale et co-fondatrice de Sea Shepherd Global, Lamya Essemlali, qui s’est prêtée, avec le sourire, aux sollicitations des nombreux fans désireux d’en savoir plus sur les protecteurs des océans, tout au long de la soirée. Peut être un peu plus qu’ailleurs, l’action de Sea Shepherd semble faire mouche auprès des insulaires.
 
Un groupe local en Corse attendu de longue date
« Ca fait longtemps qu’on a envie de lancer une antenne en Corse, et ça fait longtemps que les gens nous la demande », reconnaît Lamya Essemlali, ravie que l’aventure puisse enfin se poursuivre sur l’île. Un aboutissement qui a pu voir le jour grâce à une jeune femme, Virginie Doare, qui sera la coordinatrice locale de cette nouvelle antenne.  « Il y avait vraiment une demande de la part des gens d’avoir un point d’ancrage ici pour pouvoir un peu propager le message de protection des océans et de la faune marine, surtout vu que nous sommes entourés de réserves naturelles », ajoute cette dernière.
 
Pour l’épauler, la jeune coordinatrice locale a constitué autour d’elle ce qu’elle se plait à qualifier de « noyau dur ». Six personnes qui l’aideront à mettre Sea Shepherd Corsica en route, « chacun avec ses spécificités », explique-t-elle : « Nous avons dans ce groupe des plongeurs, des gens qui travaillent auprès de la fonction territoriale, mais aussi une jeune femme qui fera le lien avec la langue corse ».
 
Un plus pour la préservation de la Méditerranée
Ainsi, avec sa petite équipe, Virginie Doare aspire dans un premier temps à rechercher sur quels terrains le groupe pourra agir, et comment il pourra se placer en collaboration avec tous les acteurs de l’île. Plus loin, elle imagine déjà des interventions dans les écoles pour sensibiliser les plus jeunes à la protection marine, des actions de ramassage sur les plages, ou encore la diffusion de films type Blackfish*. « L’objectif de cette antenne sera aussi d’aider à faire connaître et à prendre conscience de la richesse de la Méditerranée, et de mobiliser toutes les bonnes volontés. Même si cela se fait déjà, on est content que Sea Sherperd apporte sa pierre à l’édifice dans cet effort collectif », complète Lamya Essemlali.
A noter que d’une seule voix, la présidente nationale et la coordinatrice locale insistent sur le fait que Sea Shepherd Corsica n’entend en aucun cas se substituer aux autres associations de préservation marine qui existent déjà sur l île. « C'est un plus », appuient-elles. 
 
L’opération Mare Nostrum était passée par Ajaccio en septembre dernier
Plus loin qu’une simple inauguration, cette soirée a aussi été l’occasion pour Lamya Essemlali de revenir sur la campagne « Mare Nostrum ». Menée cet été, trois mois durant, en Méditerranée celle-ci avait pour but d’enlever les filets fantômes, abandonnés ou perdus par les pêcheurs. « Une problématique qui est assez sous estimée et peu connue, alors qu’il y a énormément de filets fantômes », détaille la présidente de Sea Shepherd France.
 
Après avoir sillonné les côtes françaises, puis italiennes, la campagne avait jeté l’ancre à Ajaccio, le temps de quelques jours de septembre. Un séjour durant lequel l’ONG avait été chaleureusement accueillie au port Tino Rossi par Mr Simonetti. « Il y avait beaucoup de boulot à faire ici. On a récupéré beaucoup de filets et on a même dû partir avant d’avoir pu tous les enlever. C’est vraiment une opération qui est amenée à se renouveler », explique Lamya Essemlali, « Durant cette campagne, on a aussi voulu sensibiliser sur les déchets, parce que c’est vraiment la responsabilité de tout le monde. Cette mer est polluée de toutes parts, que ce soit par des filets de pêche mais aussi par les déchets ménagers qui sont les symboles de notre vie quotidienne. Il faut mettre la tête sous l’eau pour montrer ce désastre, et en même temps pour montrer que cette mer n’est pas seulement une poubelle mais aussi une mer qui est belle, qui est encore vivante », ajoute-t-elle.
 
Aussi vivante que fragile, la Méditerranée nécessite une attention toute particulière. « On a encore plusieurs espèces de dauphins, des requins, des baleines, des tortues qui sont encore là et c’est presque miraculeux. Il y a une biodiversité marine qui est encore très riche et qu’il est encore temps de sauver », souligne Lamya Essemlali, tout en déplorant qu’elle soit chaque jour très exposée à la pollution: « La Méditerranée représente moins de 1% de la surface maritime et en même temps, c’est 40% du trafic maritime qui y passe ».
 
« Si les océans meurent nous mourons »
Créée en 1977 par Paul Watson, Sea Shepherd n’a depuis jamais laissé indifférent. L’ONG dérange tout autant qu’elle fascine. Véritables justiciers des mers, ses membres n’hésitent pas, en effet, à sortir de la légalité pour la défense des créatures marines des quatre coins du globe. A l’instar des campagnes contre les baleiniers japonais qui ont fait la renommée de l’organisation, et qui lui ont valu les qualifications d’éco-terroristes ou de pirates. « L’ADN de Sea Shepherd c’est intervenir contre ce qui est illégal, et intervenir et braquer les projecteurs sur ce qui est légal mais qui pourrait être immoral », résume la présidente française.
 
Mais au delà de ses emblématiques campagnes internationales, Sea Shepherd tend également à multiplier ses actions locales, comme elle le fera bientôt en Corse, toutes aussi importantes pour préserver les océans. Un enjeu de taille, puisque, comme le dit si bien Paul Watson: « Si les océans meurent nous mourons ».
 
 
 Manon PERELLI
 
* D’ici quelques jours, une page Facebook Sea Shepherd Corsica sera créée afin de permettre d’organiser des futures actions sur l’île



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