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Scontri internaziunali à Corte : La situation au Proche et Moyen-Orient en débat


le Mercredi 25 Février 2015 à 20:47 | Modifié le Mercredi 25 Février 2015 - 23:11


Ce mercredi, les journées des Scontri internaziunali se sont poursuivies au sein de l’amphi Ribellu à la faculté de Corte, avec une conférence sur la situation au proche et Moyen-Orient. Pour cette seconde journée, des délégations Kurdes et Palestiniennes, ainsi que l’historien Jean-Christophe Latour, étaient invités pour participer au débat et livrer leurs témoignages.


Jean-Christophe Latour, présent avec les délégations Kurdes et Palestiniennes
Jean-Christophe Latour, présent avec les délégations Kurdes et Palestiniennes
Pour cette 11e édition des Scontri, l’historien et spécialiste du Moyen-Orient est venu dresser un état des lieux sur la situation géopolitique de cette partie du monde et retracer l’histoire des peuples Kurdes et palestiniens. Jean-Christophe Latour a ensuite laissé la parole aux représentants des délégations Kurdes et palestiniennes qui ont livré des témoignages poignants.

« Si protéger sa culture veut dire qu’on est nationaliste, alors oui, nous sommes nationalistes. »

La délégation kurde a fait le déplacement jusqu'à Corte pour témoigner des massacres des Kurdes, notamment sur la terrible attaque qu’ont subie la ville et le peuple de Kobané en Syrie. « Ils ont capturé les femmes et les ont vendu au Qatar et à l’Arabie saoudite
Le ton est donné, c’est avec franchise et sans détour que la délégation kurde fait part de ses sentiments sur les choix politiques des pays occidentaux et des États-Unis, mais aussi, plus fraternellement, sur la Corse et les Corses qu’ils ont rencontrés ces derniers jours.
« En arrivant ici, en rencontrant de nombreux Corses, il me semble que l’idéologie dominante est de protéger votre territoire, votre langue, votre culture, comme les Kurdes. Nous ne voulons pas que le gouvernement central en Turquie prenne des décisions pour nous. Nous voulons prendre en main, avec toutes les cultures qui nous composent, notre destin. Nous souhaitons vivre avec une administration qui nous respecte. Chaque peuple a le droit d’enseigner sa culture et sa langue à ses enfants. Nous ne voulons pas que les Kurdes apprennent la langue arabe, nous voulons qu’ils apprennent la langue kurde. C’est important d’apprendre de nombreuses langues pour lier des liens avec le monde certes, mais on n’a pas le droit de nous interdire d’apprendre notre propre langue. Comme ici en Corse, nous sommes tolérants, nous vivons avec les Juifs, les Turcs et les Arabes, beaucoup de cultures vivent ensemble en paix. Les Corses acceptent beaucoup de cultures différentes sur  leur propre terre mais les autres n’acceptent pas la culture Corse, nous devons être nationalistes pour protéger notre identité. »
En conclusion, la délégation kurde a rappelé à l’ensemble de l’auditoire les conditions de vie actuelles des Kurdes ; « une loi votée récemment nous interdit de porter des vêtements traditionnels kurdes, aujourd’hui et depuis 100 ans, la langue kurde est interdite, depuis 100 ans, il est interdit de fêter le jour de l’an kurde. »

Gaza, « cette prison à ciel ouvert. »

Jean-Christophe Latour est ensuite revenu sur la question de la Palestine, notamment sur la bande de gaza, « cette prison à ciel ouvert » et sur la Cisjordanie où la situation, même si elle semble aussi dramatique, reste plus complexe à étudier. Divisée en trois parties plus ou moins contrôlées par les instances Israéliennes, la Cisjordanie bénéficie moins de soutien populaire que pour le sort des Gazaouis, comme l’a fait remarquer la délégation palestinienne durant le débat : « Nous ne voulons pas de la sympathie ou de la charité, nous souhaitons des individus à nos côtés qui comprennent notre lutte, pas seulement des gens qui pleurent nos morts à Gaza par simple respect, comme si nous étions victimes d’une catastrophe naturelle. »


Résumer des dizaines d’années de lutte est assez difficile, commente en introduction le second représentant de la délégation palestinienne. Giorgio, étudiant palestinien vivant à Bethléem, a ensuite évoqué la question des prisonniers palestiniens, qui compte près de 110 enfants. « Le plus jeune prisonnier palestinien à 12 ans... » L’étudiant a ensuite livré son vécu au quotidien à l’ensemble de l’amphithéâtre ; « le mur construit en 2004 qui entoure le territoire palestinien, nous le comparons au mur de Berlin. Ils ont construit ce mur entre les territoires de 1948 et de 1967 et il est tellement haut, que certains de mes amis habitant à côté ne voient même plus le soleil… »
Le quotidien de Giorgio est aussi perturbé par des lois et des obligations « épuisantes psychologiquement » : « Au Liban, il existe des listes d'emplois que les Palestiniens ne peuvent pas faire. Les Palestiniens n’ont pas les mêmes droits que les Libanais. Pour pouvoir aller en Jordanie, il faut obligatoirement des papiers délivrés par les autorités israéliennes, nous mettons deux jours pour faire seulement quelques kilomètres. » 

La guerre fait aussi partie du quotidien de Giorgio : « durant le dernier conflit en 2014, 2 400 Palestiniens ont été tués, la moitié était des enfants et des femmes. Ils ruinent les maisons avec comme excuse qu’il y a des terroristes, mais ils tuent principalement femmes et enfants. »
La délégation palestinienne a souhaité conclure le débat sur une note d’espoir… et sans que cela paraisse contradictoire, pleine de pessimisme : « Nous espérons la paix, d’abord en interne avec le Hamas, puis la paix avec les Israéliens, même si eux ne la souhaitent pas… »




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