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San Grisogono de Rome : Une grand-messe en langue corse


Rédigé par le Dimanche 26 Juillet 2015 à 11:28 | Modifié le Dimanche 26 Juillet 2015 - 12:22


Samedi, une grand-messe en langue corse a été célébrée en la Basilique de San Crisogono à l’initiative de l’arciconfraternita Del Carmine et de l’associu Guardia Corsa Papale, invités par les prêtres de Santa Agata et San Crisogono, et avec la bénédiction de leur évêque. Cette célébration a été filmée et retransmise en direct, la Corse et les Corses y ont été conviés officiellement pour sceller cette démarche initiée pour le bien de tous et de nombreuses confréries insulaires étaient présentes. Pour rendre la pareille aux Romains, les 2, 3 et 4 octobre, la Madona Fiumarolla Madonna de Noantri sera portée à Bastia en la cathédrale Sainte-Marie pour trois jours de festivités. Témoignage et images d’Iviu Pasquali, inlassable propagateur de la cause de la garde pontificale corse sur http://www.corse.catholique.fr


San Grisogono de Rome : Une grand-messe en langue corse

Parce que l’histoire de Corse est étroitement liée avec celle de Rome depuis des millénaires, parce que le Vatican et la Corse ont un parcours et des racines particulièrement fortes et communes, parce que culturellement, linguistiquement, religieusement, historiquement, géographiquement, nous sommes très proches, j’ai tenu, à travers la riche et précieuse histoire de la garde corse du pape, à créer une association afin d’honorer la mémoire de ces milliers de Corses qui furent au service de la papauté durant plus de 11 siècle.

Mes modestes recherches et investigations ainsi que ma démarche simple, m’ont permis de découvrir et de comprendre combien la Corse a vécu durant de nombreux siècles en totale osmose avec la terra ferma, avec Rome et le Vatican. La Corse qui fut terre Vaticane l’est, d’une certaine manière, toujours aujourd’hui. Cela a été négligé.

Les ponts naturels qui nous unissaient à Rome ont été volontairement coupés, nos racines italiques effacées pour nous imposer une nouvelle identité monolithique, faisant fi des liens religieux et historiques romains, faisant fi de l’impact positif que cela pourrait avoir sur la fréquentation de nos églises. Nos racines chrétiennes ont façonné notre culture et notre mode de vie ainsi que notre manière d’être et de penser depuis près de 2000 ans. Aujourd’hui, on voudrait nous imposer une laïcité qui ne nous convient guère puisqu’il me semble qu’elle est la racine du mal qu’elle croit combattre.


Des conférences et rencontres depuis 2014
Nous avons durant l’année 2014 fait de nombreuses conférences et réunions pour faire connaitre notre association, nos buts et objectifs. Nous avons aussi fait une conférence à l’universita Roma 3 avec les étudiants en master 2 Communication de l’universita di Corti. Avec notre ami Giampiero Romani Governatore della aciconfraternita della Santissima Madonna del Carmine de San Crisogono, j’ai pu constater, après avoir été reçu de très nombreuses fois, combien nous étions, Corses et Romains, proches non seulement de par la prière mais aussi de par la dévotion portée à la Vierge Marie.

Pour nous qui avons comme hymne National le Dio vi salvi Regina, nous qui avons placé notre ile sous la protection de Marie, il n’est pas étonnant d’apprendre que ce sont les corses du Trastevere, en 1505, qui après avoir découvert la statue de la Vierge dans le Tevere l’ont transportée à San Crisogono et vénérée jusqu’à nos jours.

Ces points communs nous rapprochent et nous donnent envie de poursuivre ensemble un chemin qui nous est cher à tous. Nous tenons à nos traditions et voulons qu’elles perdurent, nous ne braderons pas ce que nos anciens nous ont laissé ; nous en sommes les gardiens. Il y a aussi le fait de pouvoir dire nos messes en Corse dans notre langue naturelle et maternelle, ce qui donne pour nous une dimension plus forte à la parole de l’Evangile. Malheureusement, nous en sommes toujours à des balbutiements.


Depuis Pépin le Bref
La présence de Corses dans l’entourage des Souverains Pontifes remonte au moins à l’époque où Pépin le Bref a attribué l’île au Pape Étienne II en 755, avant sa donation par Charlemagne en 774 à Adrien 1er. La paroisse de San Grisogono est élevée au rang d’église nationale des Corses dès 1445 et fut le lieu de sépulture de nombreux officiers Corses au service du Saint-Siège. Au XVI° siècle, une colonie corse nombreuse et prospère, faite de commerçants, d’ecclésiastiques, d’étudiants y peuplent un quartier du port. On les trouve dans l’entourage immédiat ou dans la famille des papes, tant ecclésiastes que laïcs.

Le service des Corses remonte au règne de Léon IV qui régna de 847 à 855. Rome fut alors le refuge de nombreuses familles corses qui fuyaient les pillages barbaresques. Ce pape les utilisa pour le peuplement d’Ostie et pour la garde de l’enceinte ou "Mure di Leone IV". Comme les troupes ne sont pas permanentes, on en ignore le nombre. Entre 1468 et 1471, quatre compagnies de gens d’armes (cavalerie lourde) Corses sont entretenues et soldées à Rome.

À l’origine, les Corses étaient les défenseurs des états pontificaux. Ils avaient élu domicile dans ce quartier typique de Rome dont les églises San Crisogono et Santa Agata renferment de précieux trésors. En ce jour de grâce de l’an 1664 est scellé le sort des gardes corses. Eux, qui veillent sur les terres pontificales depuis de nombreux siècles sont envoyés aux galères sur ordre du pape Alexandre VII. Sous la menace du roi de France, Louis XIV, le Saint-Père cède. Il signe le traité de Pise et se sépare de ce corps d’élite qui assurait la sécurité des vicaires du Christ. La Guardia corsa papale était effacée définitivement.


Dans le quartier de Trastevere à Rome
Dans le quartier de Trastevere à Rome, où résidait la Guardia Corsa papale, les vestiges témoignent. Deux églises, dont une des plus vieilles de Rome, la Basilique San Crisogono, et celle de Santa-Agata, qui lui fait face, renferment des précieux trésors sur lesquels veille jalousement l’arciconfraternita Del Carmine fondée en 1543 par les gardes corses. Une bulle signée du pape Paul III en atteste à Santa-Agata. C’est effectivement là, dans les maisons alentours, que séjournait la communauté corse. Elle a marqué durablement de son empreinte ce quartier typique de Rome.

Aux XIVe, XVe et XVIe siècles, et même avant, se trouvait sur l’île Tibérine, toute proche, le port de commerce de la cité romaine. De là, transitaient de nombreux bateaux. Les échanges, étaient à cette époque, très florissants avec les ports de Bastia et de Porto-Vecchio. Des Corses venaient grossir les rangs de la Guardia corsa. Ils apportaient dans leur bagage leur piété et leur dévotion à la Vierge Marie. En 1505, ils créaient la fête de la Madona Fiumarolla toujours célébrée aujourd’hui. En 1527, ils donneront leur vie de manière héroïque lors du sac de Rome pour sauver cette Vierge dont la réplique est toujours exposée à la vue des fidèles de l’église Santa-Agata

Dans les catacombes de San Crisogono, à 15 mètres seulement de Santa-Agata, se dévoilent au détour des épais murs, des sarcophages centenaires. Sur certains la mention Corso de Corsica ne peut pas tromper le visiteur sur l’origine géographique des défunts. Tout comme il apparaît évident leur rôle primordial dans le développement de ce quartier.

La communauté corse était très importante. Cette église en est déjà la preuve. Ne serait-ce que par la présence de plaques mortuaires dont une magnifique présentée à la vue du public dans le chœur même de la basilique. Elle fait référence à un colonel de la garde corse : Pasquino Corso. Ils sont plus de 600 en 1600 et sont tous lettrés.

Dans les archives du Vatican, que certains chercheurs et historiens comme Mr Jean Baptiste Ricci , ont pu consulter se retrouve en face des noms la mention Nazione corsa. Preuve qu’à cette époque le peuple corse était connu et reconnu dans l’Europe, y compris à la cour des papes. C’est pour que ne soient pas oubliés ces faits historiques que nous avons créé notre association. Nous voulons retisser ces liens qui se sont distendus au cours des siècles entre Rome et la Corse. Parce que les militaires qui composaient cette armée à la solde du pape venaient des quatre coins de notre île.

Le 25 juillet a été ainsi un grand moment de foi et de partage auquel étaient invités toutes les confréries et fidèles de Corse. Nous souhaitons voir renaître les échanges entre la Corse et Rome. Pour que notre histoire commue soit connue et reconnue.


Une histoire qui appartient à tous
L’histoire appartient à tous, l’histoire n’a rien de politique, nous ne revendiquons rien, nous sommes de simples et humbles personnes corses qui avons conscience qu’il est temps d’agir en symbiose pour ne pas perdre ce qui est d’une importance capitale pour l’avenir de notre ile.

C’est pour tout cela qu’accompagné de Raphael Quilici, Paul Turchi Duriani, Jean Ponteri, Claude Giorgetti, l’abbé Christophe Bocchecciampe ainsi que des centaines d’amis de confrères de multiples confréries de Corse, d’étudiants et de gens venant de toute la Corse, des amis de tous horizons, nous œuvrons à faire connaitre cette magnifique histoire afin de nous unir dans une démarche fraternelle qui, j’espère, aboutira sur de nouveaux liens à reconstruire, dans la prière commune mais aussi avec tout ce qui pourra promouvoir le développement fraternel qui fait tant défaut de nos jours.
Iviu Pasquali





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