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Sa patiente amputée pour gangrène dépassée : Un mois de suspension avec sursis pour un médecin bastiais


Rédigé par le Jeudi 22 Septembre 2016 à 21:24 | Modifié le Lundi 26 Septembre 2016 - 00:34


La chambre disciplinaire de première instance de l'ordre inrterrégional des médecins des régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Corse a prononcé le 1er Juillet dernier une suspension de 1 mois avec sursis à l'encontre d'un médecin pratiquant à Bastia pour un comportement "contraire" à certaines "dispositions du code de la santé publique".


Sa patiente amputée pour gangrène dépassée : Un mois de suspension avec sursis pour un médecin bastiais
Nous vous avons parlé en Février 2014 des tribulations de Toussainte Agostini-Dominici à l'aéroport de Marseille-Marignane.
Mais nous n'avions a aucun moment, elle-même ne l'avait jamais fait, évoqué les causes de ses malheurs parce que "'j'avais entamé des poursuites contre un chirurgien de Bastia" rappelle t-elle.

Aujourd'hui Toussainte Agostini, à la faveur de la décision de la chambre disciplinaire de première instance de l'ordre des médecins des régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Corse, rendue publique par affichage le 1er Juillet dernier, a décidé de rompre le silence "après 5 ans d'un combat très difficile."

"Non pas par esprit de vengeance, mais pour que les gens sachent" dit-elle tranquillement; après nous avoir transmis la copie de décision de la chambre disciplinaire sollicitée par le conseil départemental des médecins de la Haute-Corse qui sans émettre d'avis avait, lui, décidé de passer le relais au niveau national.

"Mon cas ayant été terrible, la chambre, composée de six médecins et d'un président, a décidé, à l'unanimité après son audience du 28 Avril 2016, de suspendre le médecin pendant un mois avec sursis. 

"Je me suis battue corps et âme, j'ai tellement investi d'énergie physique et morale pour obtenir cette condamnation, que je n'éprouve  vraiment aucun plaisir aujourd'hui a l'évoquer" ajoute t-elle.
"Depuis cette décision J'ai, néanmoins, attendu, comme n'importe quel citoyen lambda, des explications, et même espéré, des excuses, mais en vain… Le silence a été d'or malgré mes demandes incessantes auprès de ce médecin. Il est vrai, aussi, que le silence est parfois bien plus éloquent que la parole. De toutes façons je sais que je devrai m'en contenter, hélas"

Toussainte Agostini-Dominici ne peut alors s'empêcher de se remémorer les moments dramatiques vécus durant toute cette période.
"Ma terrible aventure, qui a commencé en août 2011 par une amputation au gros orteil, dû à une bactérie S très résistante, a fini au mois de décembre par une amputation trans-tibiale droite .
J'avais à l'époque consulté à plusieurs reprises le docteur en question. A la suite à mon intervention au gros orteil, l'antibiothérapie avait été arrêtée le 3 octobre et n'a malheureusement jamais été reprise, même si une prise de sang avait révélé, le18 de ce même mois une grosse infection. Le staff médical n'en a jamais tenu compte. Seule une consultation chez une consœur… gastro-entérologue a été demandée, comme si mon foie ou mon estomac ou bien encore mon intestin avaient pu être responsables de mon infection d'un membre inférieur!"

 

"Un staphylocoque doré et d'autres bactéries, toutes aussi dangereuses les unes que les autres, qui donc n'ont pas été combattues, ont eu raison de mon état de santé.
Le 15 décembre 2011, j'ai été transportée dans un état très grave aux urgences du CHU de la Timone par ma famille à bord par un vol commercial. Mon pronostic vital étant engagée, j'ai été amputée en urgence, pour gangrène dépassée, dès le lendemain !"


La suite, pour Toussainte Agostini-Dominici, s'est située devant le conseil de l'ordre de Haute-Corse puis devant la chambre disciplinaire de l'ordre des médecins du Sud-Est qui estime dans ses considérants que le comportement du médecin a été contraire à deux articles du code de la santé publique .

" - Considérant que les Art 4127-32 et Art 127-33 de la santé publique prévoient respectivement : Dès lors qu'il a été accepté de répondre à une demande, le médecin s'engage à assurer personnellement au patient des soins consciencieux, dévoués et fondés sur les données acquises de la science en faisant appel si il y a lieu à l'aide de tiers compétents et le médecin doit toujours élaborer son diagnostic en s'aidant dans la mesure du possible des méthodes scientifiques les mieux adaptées et si il y a lieu de concours approprié."

 

- Considérant que pour la période du 10 Septembre au 15 Décembre 2011, le docteur Thomas Le Carrou n'a procédé à aucun examen d'imagerie médicale, ni examen biologique et n'a pas consulté des confrères compétents et que ce comportement est contraire aux dispositions ci-dessus rappelées du code de la santé publique,
- Considérant qu'il y a lieu de prononcer en conséquence à l'encontre du docteur la sanction d'une suspension avec un mois de sursis" 
Par ces motifs la sanction de suspension de un mois avec sursis est prononcée à l'encontre du docteur Thomas Le Carrou."


L'ordre des médecins de la Haute-Corse, le préfet de Haute-Corse, le procureur de la République de Bastia, l'agence régionale de la Santé, le conseil national de l'ordre des médecins et le ministre chargé de la Santé ont été destinataires de la décision de la chambre disciplinaire.


Sollicité  par nos soins, le médecin, qui n'a pas fait appel de la décision de suspension rendue publique le 1er juillet, nous a fait savoir par l'intermédiaire du cabinet de Me Véronique Esteve qu'il ne souhaitait pas s'exprimer.





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