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Rythmes scolaires : Calvi met en place des garderies payantes


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 19 Juin 2014 à 23:49 | Modifié le Vendredi 20 Juin 2014 - 09:40


Face à l’obligation d’appliquer la très controversée réforme des rythmes scolaires, les mairies insulaires réagissent différemment selon les moyens dont elles disposent et la grogne des parents d’élèves et des enseignants. La fronde se cristallise sur la demi-journée d’enseignement supplémentaire le mercredi matin et les 45 minutes en fin de journée, dévolus aux activités périscolaires. Faute de budget nécessaire, de nombreuses communes résument ce temps périscolaire à de la garderie. La mairie de Calvi va plus loin et décide, avec l’accord des parents, de faire payer la garderie. Explications d’Ange Santini, maire de Calvi.


Ange Santini, maire de Calvi et élu territorial UMP.
Ange Santini, maire de Calvi et élu territorial UMP.
- Appliquez-vous la réforme des rythmes scolaires ?
- Après avoir examiné cette réforme, autant vous dire que la municipalité de Calvi est, sur le fond, absolument contre ! Nous considérons que cette réforme n’est pas de nature à atteindre le but recherché, c’est-à-dire à améliorer le bien-être de nos enfants. L’organisation du temps scolaire n’appartient ni aux élus, ni aux parents, mais à l’Education nationale. Le recteur l’a rappelé. C’est l’Education nationale qui va décider, si possible dans la concertation, au besoin en dehors de toute concertation, de l’organisation des 24 heures à effectuer durant le temps scolaire avec les 3 heures du mercredi matin. Ce qui signifie qu’il reste trois heures, qui étaient avant effectuées dans l’après-midi, hors du temps scolaire.
 
- Que se passe-t-il pour ces 3 heures ?
- L’Education nationale renvoie la balle aux communes et aux parents. Ce qui est relativement pervers et difficile à appréhender ! Si à Calvi, par exemple, nous ne faisions rien pour ces 3 heures périscolaires, qui raccourcissent de 45 minutes les 4 demi-journées du lundi, mardi, jeudi et vendredi, ce seraient aux parents, qui travaillent, de prendre leurs dispositions pour récupérer leurs enfants à 16h15 et non plus 17h.
 
- Pour autant, qu’allez-vous faire ?
- Avec mon adjointe aux affaires scolaires, nous avons réuni les 25 parents d’élèves qui sont les délégués des 25 classes de Calvi. Nous leur avons fait un certain nombre de propositions d’aménagement du temps scolaire. Sur les 25 délégués, 23 étaient présents à la réunion et 21 ont accepté notre proposition. A savoir que le lundi, mardi, jeudi et vendredi, l’après-midi se termine à 16h15. Ensuite, la municipalité de Calvi prendra le relais pendant ¾ d’heure, voire 1 heure en mettant en place, uniquement, des garderies périscolaires améliorées.
 
- C’est-à-dire ?
- On regardera, à travers ces garderies, quelles possibilités avons-nous pour occuper de manière ludique et intelligente les enfants. Nous irons vraisemblablement vers des garderies payantes parce que la commune ne peut pas supporter, à elle seule, la charge d’une réforme qu’elle n’a pas voulue et qui lui est imposée ! L’Education nationale prend ses responsabilités, c’est son rôle. La commune de Calvi cherche à faire, au mieux, dans l’intérêt des enfants et des parents qui travaillent, mais aussi dans l’intérêt de ses contribuables. La rémunération ne couvrira pas complètement les frais de fonctionnement, mais permettra d’y participer.
 
- Les parents ont-ils accepté de payer ?
C’est la solution choisie par les parents ! Ils ont voté et signé la liste d’émargement. L’heure de garderie pourrait être payante autour de 1,50 € ou 1,60 €. L’effort demandé est relativement modique, mais montre la solidarité qu’il faut avoir avec l’ensemble de la population. Si nous pratiquons pas un tarif, fusse-t-il modique, cela occasionnerait un surcoût pour la commune de Calvi d’environ 90 000 € ! C’est une somme qui n’est pas négligeable. Il y aura, en tout état de cause, un déficit à supporter. Faire payer la garderie est une manière de responsabiliser les parents et d’éviter que la somme globale ne repose entièrement sur le contribuable calvais.
 
- Pourquoi n’avez-vous pas, comme d’autres communes, grouper les heures le vendredi après-midi pour proposer des activités périscolaires ?
- Ce n’est pas possible sur Calvi ! C’est même très compliqué à organiser. Pour une raison simple : les écoles calvaises sont, toutes, en centre-ville. Or, toutes les possibles activités périscolaires se situent en dehors de la ville, du côté du complexe sportif, à quelques kilomètres de Calvi. Ce qui signifie qu’aux frais occasionnés par les activités, s’ajouteraient les frais de transport. Ceux-ci sont relativement onéreux et exigent de mobiliser un certain nombre de cars, des chauffeurs et passer, soit par une DSP (Délégation de service public) ou par une mise en concurrence. Le coût supplémentaire serait, alors, bien supérieur à 90000€. Lors de la concertation avec les parents, nous avons, en plus, estimé que regrouper trois heures d’activités ne ferait que fatiguer davantage les enfants qui doivent, déjà, travailler le mercredi matin.
 
- Combien d’enfants sont scolarisés à Calvi en primaire ?
- A Calvi, 633 enfants sont scolarisés dans le primaire-maternelle. Aujourd’hui, il convient de savoir combien d’enfants seront sous la responsabilité de la commune entre 16h15 et 17h et combien de parents pourront se libérer pour pouvoir les récupérer à 16h15 ? On ne peut pas le dire puisque la rentrée scolaire s’achève. Des enfants vont changer d’établissement et rentrer au collège, d’autres, dont les parents sont mutés, vont partir ou revenir sur Calvi. Nous ne pourrons faire un point complet qu’à la rentrée de septembre. Nous demanderons, alors, aux parents l’option qu’ils ont choisie.
 
- Pour vous, est-ce une réforme pour rien ?
- Pour nous, c’est une réforme pour pas grand chose ! Mais, il y a une loi et une commune ne peut pas faire autrement que de l’appliquer ou de ne pas l’appliquer ! Si nous ne faisons rien, la difficulté va se situer entre la commune et les parents qui travaillent et ont d’énormes difficultés à récupérer leurs enfants à la fin des classes à 16h15. Aussi avons-nous préféré regarder avec les parents quelle solution paraissait la mieux adaptée, la moins coûteuse et permettait de récupérer les enfants à la même heure qu’auparavant.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.



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