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Reprise de la grève de la faim de Marianna Nativi et appel à un rassemblement


Rédigé par le Samedi 21 Novembre 2015 à 17:36 | Modifié le Samedi 21 Novembre 2015 - 19:15


Marianna Nativi avait interrompu le 14 novembre, lors d’un premier rassemblement, sa première grève de la faim afin de respecter la mémoire des victimes des derniers actes terroristes perpétrés à Paris. Ce faisant la porte-parole de toutes les organisations qui partagent son combat et forte du soutien des culturels et des politiques qui étaient présents sur le parvis de l’église Saint-Roch mi-novembre, la directrice artistique de Locu Teatrale reprendra son action le lundi 23 novembre et appelle à un nouveau rassemblement au même endroit le mercredi 25 à partir de 14 heures.


Reprise de la grève de la faim de Marianna Nativi et appel à un rassemblement
Marianna Nativi, directrice artistique de Locu Teatrale, comédienne et metteur en scène souhaite par son action interpeler, interroger, alerter tous les partenaires officiels, "qui au lieu d’encourager prioritairement les structures qui luttent pour la transmission d’une langue vivante, porteuse d’espoir pour la jeunesse, bien au contraire, condamnent, par des baisses de subventions, des interruptions très préjudiciables de versements, et par l’absence de transparence et d’informations, un espace culturel vivant et prometteur.
Un appel lancé prioritairement à l'attention de Paul Giacobbi président du Conseil exécutif de la Collectivité Territoriale de Corse et de Laurent Marcangeli député-maire de la Ville d’Ajaccio auxquelsi l’artiste demande une entrevue autour de l’action commune qui est mise en place aujourd’hui.
        
Le combat de Marianna Nativi vu par Saveriu Valentini
« La grève de la faim de Marianna Nativi, n'est pas un acte inconsidéré, encore mois un acte de désespoir. C'est un acte politique fort dans la campagne électorale actuelle dans laquelle, la défense de la culture Corse, est encore une fois l'alibi de tous.
Locu Teatrale, on peut dire, est depuis vingt ans, la seule troupe professionnelle corsophone de la région d'Aiacciu, si ce n'est de la Corse du sud. La langue corse pour elle, n'est pas le hochet que tous les chasseurs de prime, tous les imposteurs agitent périodiquement pour justifier leurs subventions. La langue corse, est pour Locu Teatrale, sa raison d’être, une démarche vitale, sincère, profonde, la seule façon d'entrevoir leur création, le seul espace possible de leur Théâtre.
En mettant a nu ses difficultés financières, et les disparités dans la distribution des aides régionales et municipales, Marianna Nativi, pointe du doigt la situation marginale faite à la culture corse. Elle montre, si besoin était, l'inconséquence de la politique culturelle de la Région et de la municipalité d'Aiacciu, D’autant que, Locu Teatrale, en plus d’être un espace de création, ce sont aussi des cours de théâtre pour adultes et pour enfants toute l'année et un lieu d'animation culturel de quartier ouvert a des activités diverses.


Elle pose surtout une question fondamentale : La culture corse est-elle prise en compte ?
Oui, à en croire la campagne électorale régionale. Alors, qu'elle est la politique de la CTC en faveur de cette culture corse ? Qui le sait ? On connaît de la CTC un semblant de politique agricole, touristique, économique... rien sur la politique culturelle. Quel est l'élu de la mandature sortante qui pourrait en donner les grands axes, les objectifs, les priorités. Aucun, parce que aucune Assemblée de corse, n’a jamais réfléchi, pensé ce que doit être une véritable politique de développement pour la culture corse. Il en est de même pour la municipalité d'Aiacciu et d’ailleurs.
On ne peut pas considérer la culture comme un passe-temps ! La culture corse en particulier, parce qu'elle est ce qui nous unit, ce qui nous lie au passé, ce qui nous projette dans l’avenir. C'est l'affirmation de l’existence et la permanence de notre peuple, existence, que personne ne conteste plus aujourd'hui. L'Unesco dit de la culture, qu'elle est, dans son sens le plus large, «l'ensemble des traits distinctifs, spirituels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts, les lettres et les sciences, les modes de vie, les droits.» Ce sont ces droits que l’acte de Marianna Nativi met en exergue aujourd'hui.
Un politique culturelle, ne peut se résumer a une distribution de subventions à des programmes d'animation, aussi bons soient-ils. Dans cette période de restrictions budgétaires que l'on peut comprendre, il y a des choix à faire, des priorités à définir. Qu'elle est la part a accordée à l’animation, au patrimoine ? Qu'elle est la part à accorder à la culture corse, si la culture est véritablement ce qui nous constitue en collectivité particulière et distincte, pour ne pas dire peuple, et vu l’état de déliquescence dans laquelle elle se trouve, la création en langue corse ne devrait elle pas être une priorité ? C'est la demande de Locu Teatrale.


Peut-on envisager un projet pour la langue corse, crédible, sans y intégrer la culture ? La culture corse, n'est-ce pas ce qui doit présider a tout projet de développement, quel qu'il soit ?
Agricole, artisanal etc. Le peu d'activités économiques qui fonctionnent aujourd'hui, ne se réfère-t-il pas à notre identité ? Même le tourisme qui se veut intelligent, tente de se donner une identité.
Alors, comment envisager un avenir à la corse, sens prendre en considération son identité ?
Voilà les questions que pose Marianna Nativi dans cet acte douloureux, courageux, responsable. Elle montre combien notre culture est marginalisée, minorée, sans perspectives de développement, que, malgré le Riaquistu, l’aliénation culturelle n'a pas reculé d'un pouce, que la domination culturelle française ne lâche rien, bien servie, aujourd'hui par nos propres institutions régionales, alors qu'elles ont maintenant pleins pouvoirs en matière culturelle. Elles participent ainsi a l'acculturation de notre peuple, pire, à l'ethnocide programmé par le centralisme français qui est sur le point d'aboutir.
La CTC, dans un véritable plan de développement culturel, sur 5 ans ou plus, a les moyens et le pouvoir d'inverser la situation. IL lui reste a en dégager la volonté politique.
Ne pas définir une politique volontariste pour le développement de la culture corse, s'en tenir aux incantations, rester dans l’hypocrisie, c'est accompagner le mort pour qu'il ne souffre pas trop.
C'est ce que font aujourd'hui, nos institutions.
C'est ce que se refuse a faire Locu Teatrale
C'est d’ailleurs ce que raconte, dans la dérision, le dernier spectacle de Marianna Nativi: «Azzeza» Cette grève de la faim en est le prolongement dramatique, mais nécessaire.
Merci Marianna
Merci
Eccu! Scusami, hè dita in francesu, ma cusì, mi sentu un pocu più astutu anc'eiu. »
 
 Saveriu Valentini

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