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Réforme du collège : A Ajaccio non plus on n’en veut pas


Rédigé par le Mardi 19 Mai 2015 à 19:38 | Modifié le Mardi 16 Février 2016 - 15:47


Comme dans de nombreuses villes françaises, les professeurs des collèges étaient dans la rue, mardi matin, à Ajaccio. Une trentaine d’entre eux se sont rassemblés devant le rectorat de l’Académie de Corse afin de dénoncer la réforme du collège prônée par le gouvernement


Réforme du collège : A Ajaccio non plus on n’en veut pas
La réforme du collège aura bien lieu. La ministre de l’Education Nationale persiste et signe. Et pourtant chez les enseignants, la pilule a toujours du mal à passer : La réforme on n’en veut pas ! Ou du moins pas comme ça. Le mot d’ordre est le même partout sur le territoire français. Alors, quand l’intersyndicale SNES-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU, SNAL et CGT Educ’Ation, a lancé un appel à la grève nationale, nombreux sont les profs qui sont descendus battre le pavé dans la rue pour essayer de faire reculer le gouvernement.
 
A Ajaccio aussi mardi matin, c’est une trentaine de professeurs des collèges, rassemblés devant le rectorat de l’Académie de Corse qui ont entendu manifester leur grogne contre la réforme du collège. « Nous disons non à cette réforme. Le ministère se garde bien de communiquer là-dessus, mais elle est rejetée par plus de 80% des enseignants de collège. On veut donc nous imposer une réforme contre la volonté d’une grande majorité de nos collègues. C’est inadmissible », déplore Lucien Barbolosi, président académique du SNALC en Corse.
 
« Pour nous cette réforme n’a rien de bon »
 Il faut dire que bien que le gouvernement se targue de vouloir transformer le collège en véritable tremplin de réussite, des doléances contre la réforme, ce professeur de sciences physiques au collège Fesch, lui, en trouve à la pelle :  « Pour nous cette réforme n’a rien de bon. Elle va engendrer une autonomie des établissements plus importante. Elle ne répond pas aux besoins des élèves les plus en difficulté, contrairement à ce que la Ministre avance. Elle fait disparaître les sections européennes. Elle fait disparaître les sections bilingues. Elle induit une globalisation des horaires disciplinaires pour les sciences en 6ème. Il y a du français et des mathématiques en moins pour les élèves de 6ème, ce qui va porter préjudice aux élèves les plus en difficulté. La réforme va aussi conduire à caporaliser les enseignants, parce qu’il va y avoir une mise en compétition des enseignants, des disciplines et des établissements. Donc pour nous non seulement cette réforme ne répond pas aux besoins, mais la réponse apportée par ce projet n’est pas du tout ce qu’il faut », commente-t-il.
 
Un impact sur l’enseignement de la langue corse ?
Plus loin, et contrairement à ce que le recteur de l’Académie de Corse avait avancé, il n’y pas si longtemps, la réforme pourrait avoir des conséquences directes au niveau insulaire, selon le président académique du SNALC : « Cette réforme peut représenter une mise en danger de l’enseignement de la langue corse. Le problème est en effet qu’il n’y a plus d’horaire affecté à cet enseignement. Dans le projet il n’y pas de place pour les 3 heures d’enseignement de la langue corse », explique-t-il.
 
Ce mardi, la mobilisation contre la réforme affiche un bilan en demi-teinte. En effet, sur l’ensemble du territoire, le ministère de l’Education Nationale comptait seulement 27,61 % des professeurs de collège grévistes. Pour les syndicats, les chiffres montaient toutefois à 50 %. Des estimations qui passent d’une simple au double, et l’histoire d’une réforme qui aura donc fait couler beaucoup d’encre.

Une chose est sûre, les grévistes affichent toujours une mobilisation sans faille, envers et contre tout. « Nous resterons mobilisés jusqu’au retrait pur et simple du projet. On ne peut pas imposer une réforme contre l’avis de 80% des personnels. Ce n’est pas possible », lance ainsi Lucien Barbolosi.
 
A noter qu’une délégation de représentants syndicaux a été reçue ce mardi matin par le recteur d’Académie, Michel Barat. 

Selon le rectorat le taux de participation à la journée de grève dans les collèges, pour l’ensemble des remontées de l’académie de Corse est de 16,15%

Manon PERELLI




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