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Quand les équipements communicants se mettent en "SEN" au lycée Jules-Antonini


le Lundi 25 Mars 2013 à 14:03 | Modifié le Mardi 26 Mars 2013 - 00:46


Second volet de notre série de reportages sur les diverses filières proposées par le lycée professionnel Jules-Antonini d’Ajaccio. Cette semaine, nous avons passé une journée avec les élèves de première de la filière Système Electronique Numérique (SEN). Une section centrée sur l’apprentissage des divers systèmes électroniques et numériques en direction des équipements dits communicants. Une filière assez méconnue et clairement surprenante, en phase avec le développement de nombreux systèmes modernes de plus en plus utilisés au quotidien par le grand public.


Les élèves de 1ère de la filière SEN passeront leur Bac Professionnel l'an prochain. Ils seront ensuite amenés à occuper des postes de techniciens spécialisés dans l'électronique au sein de diverses entreprises. Ici, l'un des groupes d'élèves en séance de travaux pratiques en compagnie de leur professeur Dominique Urbani. (Photo : Marilyne Santi)
Les élèves de 1ère de la filière SEN passeront leur Bac Professionnel l'an prochain. Ils seront ensuite amenés à occuper des postes de techniciens spécialisés dans l'électronique au sein de diverses entreprises. Ici, l'un des groupes d'élèves en séance de travaux pratiques en compagnie de leur professeur Dominique Urbani. (Photo : Marilyne Santi)
Un lave linge intelligent qui peut, via un programme électronique, communiquer sur votre smartphone et vous permettre de lancer votre machine à distance du bout du doigt… Un réfrigérateur dit "communicant" qui enregistre l’ensemble de son contenu alimentaire et qui, au citron près, vous permet d’organiser vos repas pour optimiser votre plein de course… Cette technologie qui paraissait encore futuriste, voire inaccessible, il y a quelques années, est aujourd’hui… une simple réalité ! Même si la chose peut, pour les moins initiés d’entre nous, paraître assez obscure, le principe de base est finalement très simple. Il s’agit en fait d’une batterie de systèmes électroniques embarqués dans nos objets du quotidien, du plus usuel au plus spécialisé. Systèmes qui permettent, souvent via l’informatique et internet, d’avoir une action à distance sur un système équipé pour cela.

Une filière qui touche à l’électronique pour le grand public
Et apprendre tout à la fois la complexité et la subtilité de ces systèmes orientés vers les équipements communicants, afin d’en connaître tous les rouages et être en mesure de les réaliser et de les faire fonctionner, c’est le vaste et complexe programme destiné aux élèves de première de la filière Système Electronique Numérique (SEN) qui se préparent au Bac Professionnel au lycée Jules-Antonini. « C’est une filière généraliste qui touche à l’électronique pour le grand public. Que ce soit dans les domaines de la vente, le SAV, l’informatique, mais aussi l’électroménager, la vidéo surveillance ou la téléphonie, nos élèves sont formés à cette polyvalence » explique Dominique Urbani, professeur d’Electronique. Et dans la classe où nous pénétrons, les élèves ne chôment pas. Sur une classe de première de 22 élèves répartis en deux groupes, celui que nous rencontrons s’active sur les machines et autres instruments de travail. 

De la TV par internet à la reconnaissance par empreinte digitale
Ainsi, en binômes, les apprentis techniciens s’affairent. Certains installent des cartes pour recevoir la télévision par internet sur des ordinateurs pendant que d’autres les configurent. A côté, c’est à l’installation d’un contrôle d’accès avec reconnaissance par empreinte digitale qu’un élève s’attelle. Plus loin, Preslov Roev, 17 ans, a complètement démonté un ordinateur. Sa mission : vérifier l’ensemble des pièces de la machine, détecter les problèmes et autres pannes et commander les pièces pour réparer l’ordinateur (voir par ailleurs notre interview). Enfin, d’autres penchés sur la téléphonie, installent des réseaux sans fil ou préparent des présentation de leur travail sur des logiciels spécifiques. Une mise en situation pratique de leur enseignement qui apparaît comme une vraie valeur ajoutée à l’enseignement. « Notre filière fonctionne avec l’entreprise et le monde du travail. Les élèves acquièrent de plus en plus de responsabilités, y compris dans les relations humaines au sein des entreprises. Ils ont le savoir-faire du milieu professionnel mais aussi la culture générale et technique nécessaire et c’est un net avantage » ajoute Dominique Urbani. 

Du monde du travail directement après le Bac à la poursuite d’études supérieures…
Un avis partagé par Laurent Beveraggi, également professeur d’Electronique. « Nous leur apprenons toute la technique en vulgarisant sur les matériels électroniques et communicants entre eux, et ce, dans l’ensemble des domaines concernés. Avec une spécialisation ensuite vers les Télécoms/réseaux et Alarme/Sécurité Incendie (…) Ce qui fait qu’ils sont opérationnels directement après le Bac et souvent, il arrive que des entreprises où les élèves ont effectué leurs stages souhaitent les recruter » explique l’enseignant. Une capacité à intégrer rapidement le monde de l’emploi qui n’exclut toutefois aucunement la poursuite d’études, bien au contraire. « Je les engage toujours à faire des dossiers et plusieurs demandes vers les établissements concernés pour la poursuite de leurs études après le Bac, afin de leur permettre d’avoir le choix et de laisser des portes ouvertes » précise également Laurent Beveraggi.
Et si les professeurs poussent leur élèves à poursuivre leurs études, c’est car il y a plusieurs possibilités de sortir en fin de cursus avec des BTS Electrotechnique (au lycée Laëtitia) ou encore des DUT vers la filière Système réseaux et communications (SRC) à l’IUT de Corte. Quoiqu’il advienne, « on leur donne les bases pour aller le plus loin possible » conclue Dominique Urbani.

De l'enseignement théorique et pratique en passant par les stages en entreprise et l'expérience en ateliers entièrement équipés, les élèves de la filière SEN reçoivent un enseignement dans des conditions optimales. (Photos : Marilyne Santi)
Un équipement professionnel à la pointe de la technologie à disposition des élèves
Si la formation générale et technique ainsi que la mise en situation via les stages en entreprise semblent être les clés d’un système d’apprentissage efficace, l’ensemble est également appuyé par un équipement technique à la pointe de la technologie. C’est accompagnés de Bruno Dassiou, professeur d’Electrotechnique, que nous partons dans le dédale des couloirs du bâtiment entièrement dédié à la filière, à la découverte d’un des centres névralgiques : l’atelier technique. Et c’est une véritable caverne d’Ali Baba qui s’offre à nos yeux. Au-delà des salles informatiques remplies d’ordinateurs (plus d’une machine par élève !), une batterie de machines "high-tech" trônent dans les lieux. Robot roulant équipé d’une webcam entièrement pilotable depuis l’ordinateur, tableaux électriques complexes dignes d’une centrale EDF, jusqu’à un lave-linge intelligent pilotable à distance, c’est un véritable laboratoire doté de machines professionnelles qui est mis à disposition des élèves pour leur apprentissage.

L’expérimentation pratique au service de l’efficacité professionnelle
 « J’essaie, en prenant toutes les précautions nécessaires pour écarter tout danger potentiel, de leur faire toucher un maximum les divers outils. Car il faut que les élèves puissent assumer en fin d’études la totalité des tâches à effectuer chez les clients afin de répondre aux exigences de tous ces métiers. Trouver l’anomalie, la détecter, l’écrire et proposer une solution, c’est ce que je demande aux jeunes » explique Bruno Dassiou.
Et parfois, en travaux pratiques d’électricité, cela passe par des petits pièges formateurs. A l’image d’un branchement qu’il est demandé aux élèves de réaliser en 8 volts alors que le système préconise 6 volts maximum. Un élève demande conseil à Bruno Dassiou. Ce dernier l’invite à réfléchir et à prendre en compte la logique avant de l’inciter à prendre une décision. L’élève réalise le piège et corrige le branchement en question. L’objectif pédagogique est atteint.

Et la volonté de créer une proximité toujours plus importante entre les entreprises et le lycée a permis la création d’un véritable réseau. Et au-delà de celui-ci, de faire du lycée et des élèves, un vivier d’emploi potentiel qui profite concrètement à tous. Une valeur ajoutée indéniable pour l’établissement qui espère bien voir les élèves de cette filière d’avenir, occuper dans un futur proche des emplois qualifiés au sein des entreprises insulaires spécialisés. Et ainsi renforcer l’image d’un "lycée des métiers" qui a toute sa place à jouer dans la formation des futurs techniciens. C’est en tout cas toute la réussite que l’on souhaite pour ces jeunes !

Yannis-Christophe GARCIA 

>> PORTRAITS CROISÉS
Ils ont tous les deux 17 ans et sont en classe de 1ère pour préparer l’année prochaine leur Bac Professionnel dans la filière Système Electronique Numérique. Rencontre avec Preslov Roev et Alexandre qui ont aimablement accepté de se prêter au jeu de l’interview, pour évoquer leurs choix d’orientation et les enjeux de celle-ci.


Preslov Roev et Alexandre, 17 ans tous les deux, ont  intégré par passion la filière SEN du lycée Jules Antonini directement après le collège. Si le premier souhaite poursuivre vers un BTS dans sa filière de formation, le second envisage une carrière de pilote de ligne après une préparation de remise à niveau. (Photo : Marilyne Santi)
Preslov Roev et Alexandre, 17 ans tous les deux, ont intégré par passion la filière SEN du lycée Jules Antonini directement après le collège. Si le premier souhaite poursuivre vers un BTS dans sa filière de formation, le second envisage une carrière de pilote de ligne après une préparation de remise à niveau. (Photo : Marilyne Santi)
Preslov Roev, 17 ans, élève en 1ère SEN

Corse Net Infos : Quel est le parcours qui vous a conduit vers cette filière au lycée Jules Antonini ?
P.R : Je suis rentré directement au lycée Jules Antonini après la 3è. L’informatique et l’électronique m’ont toujours passionné. En fin de 3è, lors de l’orientation, on nous a demandé ce qui nous intéressait. Et pour moi, c’était ce type d’études.

CNI : Les perspectives d’emploi et les débouchés professionnels ont-ils été des facteurs importants dans votre choix ?
P.R : Oui et non. Oui, car même avec plusieurs années d’études après le Bac, on voit qu’on a souvent des difficultés pour trouver un emploi. Un Bac Professionnel, c’est un net avantage et cela a de l’avenir. Et non car à l’époque, j’étais, et même maintenant, encore jeune et je en réalisais pas forcément tous les enjeux professionnels pour l’avenir.

CNI : Envisagez-vous de poursuivre vos études au-delà du Bac dans cette filière et y a-t-il déjà un métier spécifique que vous souhaitez exercer dans l’avenir ?
P.R : Oui, je compte poursuivre des études supérieures au lycée Laëtitia, vers un BTS Electrotechnique/Informatique. Pour le métier, je n’ai pas encore clairement défini mon choix. Pour l’instant, j’ai travaillé durant mes stages dans le secteur de l’électricité et de la vente informatique.
Mais c’est la réparation électronique que je préfère. Je l’ai notamment constaté lors de mon stage que j’ai effectué chez Flash Informatique. Je devais chercher et détecter les pannes, les résoudre et rendre la machine en état de marche. On va dire que je suis surtout intéressé par l’évolution du multimédia, la veille informatique et électronique et je suis de très près les innovations des dernières technologies.

Alexandre, 17 ans, élève en 1ère SEN

Corse Net Infos : Mêmes questions que pour votre camarade, évoquez nous votre parcours, vos choix et votre perspective d’avenir…
Alexandre : Personnellement, c’est moi qui ai choisi de ne pas m’orienter vers des filières générales car je pensais que je resterais à un niveau moyen. Par contre dans cette filière, je fais ce que j’aime et c’est à cette condition que les choses peuvent marcher et qu’on peut réussir. Après mon Bac, j’envisage une poursuite d’études pour pouvoir intégrer plus tard une école de pilote de ligne sur le continent.

CNI : Pilote de ligne, c’est assez différent de ce que vous faites ici au lycée non ?
Alexandre : C’est ma vraie passion d’être pilote. D’ailleurs je compte passer mon brevet sur des petits appareils pour commencer. Et puis, pour la mise à niveau, je compte faire une prépa spéciale pour pouvoir intégrer l’école. C’est, comme vous dites, un peu différent, mais finalement pas tant que ça. Car dans un avion, il y a toujours beaucoup d’équipements électroniques et connaître déjà toutes les bases de cette technique est un gros avantage.

CNI : Vous êtes donc satisfaits de votre orientation ?
Alexandre : Tout à fait ! Avec un Bac Pro, je fais des études plus concrètes, plus pratiques. Je vais me spécialiser ensuite vers le domaine spécifique que j’aurais choisi. Faire de longues études et sortir avec un Bac général avec lequel on ne peut pas travailler, cela ne me semble pas très utile…
En plus, mon Bac Pro, comme n’importe quel autre Bac général me permettra d’intégrer des écoles, une prépa qui me mènera là où je souhaite aller. Sauf que jusqu’au Bac, j’aurais fait quelque chose qui me plait et qui m’aura permis d’acquérir en plus un savoir faire professionnel !

Propos recueillis par Yannis-Christophe GARCIA

* Le 3è volet de notre série de reportages nous conduira la semaine prochaine à la découverte d’une nouvelle filière au sein du lycée Jules Antonini.

>> Savoir +
Pour en savoir davantage sur les diverses filières et formations proposées par le lycée Jules Antonini, rendre-vous sur le site internet de l’établissement http://www.lpantonini.com
3 Avenue Docteur Noël Franchini
Tel : 04.95.10.66.00






 




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