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Porto-Vecchio : Rassemblement de soutien à Olivier Sauli


Rédigé par le Mardi 18 Novembre 2014 à 23:03 | Modifié le Mardi 18 Novembre 2014 - 23:30


Cinq jours après l'attentat dont a été victime Olivier Sauli , plus d'une centaine de personnes , militants, amis, personnalités politiques d'horizons divers ont répondu à l'appel di U Riacquistu di Portivechju et sont venus lui apporter leur soutien.


Dumè Tafani a lu une lettre d'Olivier Sauli absent à ce rassemblement. Micheli Giraschi prenait ensuite la parole au nom de Corsica Libara avec un discours  profondément humain et en même temps fortement politique. 

La lettre d'Olivier Sauli
J'ai consacré l'essentiel de ma vie à la Corse.
Depuis mon adolescence jusqu'à aujourd'hui, du lycée jusqu'à la commune de Portivecchju, j'ai toujours prôné et défendu une vision d'avenir pour notre pays.
J'ai toujours été, je suis, et je reste un patriote corse.
Je suis convaincu de la nécessité de l'indépendance pour notre île. Cette indépendance étant avant tout l'aboutissement d'un logique processus d'autodétermination. Le peuple étant seul souverain quant au choix de sa destinée.

Mon engagement m'a valu d'être, plusieurs fois, entendu, mis en garde à vue, arrêté, déporté et incarcéré. Mon engagement m'a également amené à me soustraire – pendant plusieurs années – à la justice française.
Ma tête, avec cinq autres personnes, fut publiquement mise à prix.
Mon militantisme quotidien, je l'ai exercé pour défendre nos droits essentiels : ceux concernant notre peuple, notre culture, notre langue et notre terre.
Mon militantisme quotidien je l'ai exercé pour défendre les prisonniers politiques, leurs conditions de vie et leur famille. Avec d'autres prisonniers corses, j'ai entamé durant ma dernière détention à la maison d'arrêt de Fresnes, un long mouvement de lutte pour de rapprochement.

 Je suis un homme d'idées. Je les exprime publiquement depuis des dizaines  d'années. Tant dans mon militantisme structurel qu'au sein du journal mensuel « U Ribombu ». Je participe également à l'animation du blog d'information de la démarche de « U Riacquistu di Portivecchju ». Ces idées, je les confronte, je les exprime, je les échange avec mes adversaires politiques.

J'ai activement participé – avec beaucoup d'autres – à la réconciliation nationale.
Je demeure attaché à cette vision stratégique qui met en synergie forces patriotiques et forces progressistes.
Je suis profondément attaché à la démocratie. A son exercice quotidien. Je l'ai encore démontré il y a quelques mois en m'attelant – avec beaucoup d'autres – aux dernières élections municipales de notre commune. J'y ai rappelé – avec beaucoup d'autres – mon attachement au bien public, aux droits sociaux, à l'accès à la propriété et au logement, à l'accès au travail, au combat contre la précarité et à une juste répartition des richesses pour le plus grand nombre. J'y ai aussi rappelé combien la défense de l'environnement et du patrimoine sont des atouts pour notre économie. J'ai tout autant affirmé mon rejet d'une logique de développement exclusivement axé sur la dépossession foncière et la spéculation immobilière.

 Il y a peu, j'ai clairement affirmé, après l'annonce faite par le FLNC – UC d'une démilitarisation progressive, de l'impérieuse nécessité pour le gouvernement français à s'engager sur les voies d'une réelle solution pour la Corse.

En ce mois de novembre, mois – anniversaire d'un martyr de notre histoire,  le militant exemplaire Ghjuvan Battista  Acquaviva, on a donc essayé de m'assassiner.
Je ne me connais pas d'ennemis, ni de situation particulière qui puissent « expliquer » un tel acte. Et je me refuse à accepter selon un traditionnel vocabulaire employé pour la circonstance - « fait divers » et « droit commun » la banalisation de cette tentative d'assassinat.
Il n'est pas question d'accepter la banalisation d'assassinat – ou tentatives d'assassinat – de militants nationalistes.
Il y a ceux qui tuent. Il y a aussi ceux qui commanditent et qui alimentent des contextes. Cela participe à criminaliser un territoire là ou il y a exigence de solution politique. Cela permet ainsi à l’État français d'exercer sur la Corse une activité de police et de justice d'exception, là ou il est question de reconnaissance de droits nationaux.
La Corse, à travers la déliquescence de sa société, continue de souffrir du système colonial français imposé il y a plus de deux siècles…

Nous avons toutes et tous, institutions, organisations, associations et personnes le devoir de sortir tous ensemble la Corse de l'ornière. Nous avons toutes et tous, quelques soient nos approches politiques, philosophiques et religieuses le devoir de mettre un terme – définitif – à ces desseins mortifères qui ruinent notre tissu sociétal.
Je suis persuadé  que les services du renseignement intérieur français savent qui a commandité ma tentative d'assassinat et qui a essayé de m'abattre quand je me rendais – comme à l'accoutumé – sur mon lieu de travail.
Ma mort n'aurait rien changé. Les idées que j'ai toujours défendues sont désormais grandement partagées par l'ensemble des couches sociales.

Je remercie toutes celles et ceux  qui depuis vendredi– au-delà de leur appartenance politique - m'ont témoigné soutien et affection comme ils m'ont ouvert leur porte. Ils sont – par centaines – la démonstration de la vivacité de notre culture devant l'injustice.
Je remercie les militant(e)s de Corsica Libera pour l'hommage rendu durant la dernière Assemblée Générale : Cela m'a profondément touché.
Je remercie la société dans laquelle je suis employé pour son soutien public à ma personne et à mon travail.
Je remercie – avec ma famille – toutes les personnes aujourd'hui présentes. Elles nous amènent beaucoup de réconfort dans cette terrible épreuve.
Que chacune et chacun aient conscience que ce qui m'est arrivé – si nous n'y prenons pas garde tous ensemble – se renouvellera.
Malgré bien des menaces, je continue à militer pour mon peuple et je continue à exercer professionnellement dans les activités me concernant.
Je ne peux conclure sans un message d'espoir, d'avenir et de paix pour toutes et tous, et pour notre peuple, en reprenant cette maxime d'un célèbre patriote irlandais : « Notre jour viendra ! »





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