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Paul-Marie Bartoli : « Nous serons une opposition constructive, pour le pragmatisme, contre l’incantation »


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 19 Décembre 2015 à 00:19 | Modifié le Samedi 19 Décembre 2015 - 00:45


Le maire de Propriano, Paul-Marie Bartoli, ex-conseiller exécutif et ex-président de l’Office des transports de la Corse sous la précédente mandature, a été réélu sur la liste conduite par Paul Giacobbi. Il siège, désormais, dans l’opposition et a, présenté au nom du groupe Prima a Corsica, sa candidature au perchoir de l’Assemblée, lors de la séance d’investiture. Il a livré à chaud, à Corse Net Infos, sa réaction et expliqué comment il conçoit son rôle d’opposant.


François Tatti, Pierre Chaubon, Maria Guidicelli et Paul-Marie Bartoli, membres du groupe d'opposition Prima a Corsica. Photo C. Andreani.
François Tatti, Pierre Chaubon, Maria Guidicelli et Paul-Marie Bartoli, membres du groupe d'opposition Prima a Corsica. Photo C. Andreani.
- Pourquoi avez-vous décidé de présenter votre candidature à la présidence de l’Assemblée ?
- José Rossi est venu me féliciter en me disant que, des trois listes qui concouraient pour la victoire, j’étais le candidat qui avait fait le meilleur score dans sa commune. D’une commune, bien sûr, de plus de 1500 ou 2000 inscrits. Donc, mes colistiers ont estimé que je devais être candidat pour marquer la présence de notre futur groupe. C’est tout à fait logique. C’est le régime des assemblées qui veut cela. Il était normal que nous présentions un candidat au 1er, 2ème et 3ème tours comme l’ont fait nos opposants en 2010 et comme ça l’a toujours été dans cette maison. Nous l’avons fait dans la sérénité. J’ai recueilli l’ensemble des voix de notre liste Prima a Corsica. J’en suis très satisfait.
 
- Serez-vous candidat à la présidence du groupe Prima a Corsica ?
- Nous n’en sommes pas encore là ! Nous ferons probablement deux groupes : le groupe de la liste du 1er tour de Paul Giacobbi et le groupe du Front de Gauche. Nous verrons bien, avec mes colistiers, qui sera président de groupe. Je ne vous cache pas que je proposerai ma candidature. Je voudrais dire, aujourd’hui, que je suis très content que cette assemblée puisse être gouvernée.
 
- Pourquoi ne le serait-elle pas ?
- Eh bien, contrairement à ce qui nous avait été reproché en 2010 où on nous avait accusé d’avoir volé neuf sièges, nous ne disons pas, aujourd’hui, à la liste gagnante : « Vous avez volé neuf sièges ! ». Non ! Nous sommes très contents qu’elle ait eu la prime pour pouvoir gouverner et administrer cette Assemblée. Imaginez, un seul instant, ce qui ce serait passé, s’il n’y avait pas cette prime des neuf ! Il n’y aurait pas de majorité possible dans cette enceinte et cela aurait été dommageable pour l’intérêt de la Corse. Grâce à ceux qui ont proposé cette prime des neuf, aujourd’hui, les Nationalistes peuvent administrer la Corse. Ils ont gagné avec un gros tiers des voix qui leur ont donné 24 élus. Sans la prime, ils n’auraient eu que 18 élus, ce qui est encore plus loin de 26 (la majorité absolue, ndrl) que 24.
 
- Vous allez, désormais, siéger sur les bancs de l’opposition. Dans quel état d’esprit êtes-vous et comment concevez-vous cette opposition ?
- Une opposition constructive ! Chaque fois que le président de l’Exécutif, sous le contrôle de cette Assemblée et de son président, en l’occurrence Jean-Guy Talamoni, fera des propositions pragmatiques et qui iront dans le sens de l’intérêt général, nous les approuverons sans états d’âme. Nous participerons aux travaux. Nous essaierons d’améliorer les textes de l’Exécutif quand ils seront amendables. S’il propose des choses qui sont dans le paraître ou dans l’incantation, nous nous y opposerons.
 
- Qu’entendez-vous par propositions pragmatiques ?
- Par exemple, des propositions pragmatiques de consommation des crédits du PEI (Plan exceptionnel d’investissements), de consommation des crédits européens, de la PPE (Prime pour l’emploi) et des crédits du contrat de plan Etat-région. Nous accompagnerons l’Exécutif et le président de l’Assemblée dans une démarche consensuelle.
 
- Vous étiez président de l’Office des transports (OTC). La nouvelle majorité territoriale veut mettre en place une compagnie maritime régionale. Cela vous inquiète-t-il ?
- On ne peut pas créer ex-nihilo une compagnie régionale et, surtout, une SPL (Société publique locale) parce que l’Europe nous a, d’ores et déjà, dit que ce n’était pas possible. Nous avons une lettre, en ce sens, de Mme Verstager, très circonstanciée, qui ne date pas d’il y a deux siècles, mais du mois de septembre dernier. On peut, pendant les campagnes électorales, faire des propositions et dire qu’on est pour une compagnie régionale publique, mais, après, il y a la réalité de la loi nationale et la réalité du règlement européen qu’il faudra bien respecter, quelque soit la couleur politique de ceux qui administrent, aujourd’hui, cette Assemblée.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 



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