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Paul-Marie Bartoli : « Nous n’abandonnerons pas nos partenaires historiques…»


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 9 Juin 2013 à 22:42 | Modifié le Jeudi 13 Juin 2013 - 08:29


Le vote, par l’Assemblée de Corse, vendredi dernier, du rapport lui donnant mandat pour poursuivre, en direct avec les compagnies, les négociations concernant la future Délégation de service public (DSP) maritime a été un soulagement pour le président de l'Office des transports. Paul-Marie Bartoli a du accepter les deux amendements de Femu a Corsica qui lui imposent des contraintes financières et un calendrier. Il affirme, à Corse Net Infos, qu’il est prêt à aider au sauvetage de la SNCM, mais pas au détriment des intérêts de la Corse.


Paul-Marie Bartoli : « Nous n’abandonnerons pas nos partenaires historiques…»
- Quelle est votre réaction après le vote du rapport amendé sur la DSP ?
- D’abord, j’ai vu et entendu les représentants de la société corse à travers l’Assemblée de Corse qui ont, unanimement, approuvé le rapport qui consistait à ne pas octroyer la DSP et à prolonger les négociations en me faisant confiance. Les deux amendements, qui ont été déposés, ont obtenu, d’entrée de jeu, l’avis favorable de l’Exécutif parce qu’ils consistent à sécuriser juridiquement la poursuite de la procédure en ne mettant pas de montant dans la délibération. Les montants sont inscrits dans le rapport qui n’a pas à être amendé puisqu’il ne fait que retracer la négociation jusqu’à aujourd'hui.
 
- Le rapport voté, que va-t-il se passer maintenant ?
- Dans le respect des décisions de l’Assemblée, je le dis clairement, je vais reprendre les négociations avec la SNCM et la CMN. Je vais, aussi, adresser un courrier à la Corsica Ferries pour lui demander, au cas où elle aurait eu le temps de faire évoluer son offre, si elle est en état d’assurer la desserte sur l’ensemble des lignes prévues par le cahier des charges. Je vais le faire pour garantir juridiquement la DSP et pour ne donner à personne l’impression que les jeux sont faits d’avance. Nous avons démontré, au cours de la procédure, la nécessité d’une transparence quasi-totale à laquelle je vais m’astreindre encore dans les semaines à-venir.
 
- La Corsica Ferries affirme que l’offre globale SNCM/CMN est illégale (cf interview Pierre Mattei). Que répondez-vous ?
- La Corsica Ferries est en permanence en procédure ! Nous, nous devons défendre les intérêts de la Corse qui sont d’attribuer une DSP. Si, par malheur, le rapport, qui concluait à ne pas attribuer la DSP, mais à poursuivre les négociations, avait été repoussé, il n’y aurait plus de DSP ! Nous serions revenus aux Offres de service public (OSP) qui, moins contraignantes que la DSP, n’auraient pas permis d’assurer un service de qualité et fiable pour la Corse et son économie. Je rends hommage à la sagesse de l’ensemble des conseillers territoriaux qui ont voté la délibération à l’unanimité.
 
- Comment négocier sans base financière ?
- La base financière globale pour l’aérien et le maritime se situe à 187 millions €. Le législateur a prévu la déspécialisation de l’enveloppe de continuité territoriale. Au cours de la négociation, nous avons mis 104 millions € sur la table, non indexé. Pas 1 € de plus ! Le groupement SNCM/CMN a voulu indexer cette somme qu'il faisait partir, d’ailleurs, à 107 millions €. Ce n’était pas acceptable !
 
- La SNCM a refusé 104 millions €. Les élus vous ont donné mandat pour un montant plus bas. La négociation ne court-elle pas vers un échec assuré ?
- J’ai cru parvenir à un accord avec le groupement SNCM/CMN à 104 millions €. Il a, dans la finalisation de l’offre, le dernier jour de la négociation, estimé que le montant n’était plus 104, mais 107 millions €, en plus indexé. J’ai toujours dit qu’entre 90 et 94 millions €, c’était jouable pour le groupement SNCM/CMN, avec un montant indexé dans le cadre de la loi Sapin, pas l’indexation maximale telle qu’il la propose. Ce qui donne 94 millions € indexés ou 104 millions € non indexés et figés sur la durée décennale de la convention. Le groupement n’a pas accepté. J’en ai déduit qu’il fallait rendre la procédure, non pas infructueuse puisqu’elle se poursuit, mais suspendue en attente d’une nouvelle négociation.
 
- Pensez-vous aboutir cette fois-ci ?
- J’ai bon espoir d’aboutir à une entente sur un prix qui soit, comme disent les amendements que nous avons soutenus, acceptable, raisonnable et dans l’intérêt supérieur de la Corse, de son économie et des finances de l’Office des transports de la Corse.
 
- Attendez-vous du duo SNCM/CMN qu’il vous présente un nouveau projet d’entreprise ?
- Absolument ! Les choses sont claires. La CMN est une entreprise qui tourne. La SNCM connaît des difficultés énormes que personne ne peut nier, pas seulement au niveau de l’actionnariat, mais également au niveau du projet d’entreprise. Dès lors que la proposition financière, que nous ferons pendant les négociations, sera acceptée par la SNCM et par la CMN, il leur appartiendra de définir un projet d’entreprise, à la fois, compatible avec les intérêts de la Corse et permettant le sauvetage de la SNCM.
 
- Jusqu’à quel point participerez-vous à ce sauvetage ?
- Nous sommes tout à fait favorables à participer à ce sauvetage, mais, bien entendu, ni financièrement, ni au détriment de la Corse. Nous considérons que la SNCM fait travailler de nombreux Corses, directement et de manière induite, notamment beaucoup d’artisans et de PME (petites et moyennes entreprises).
 
- Quelle est la principale difficulté aujourd’hui ?
- La difficulté, aujourd’hui, vient du fait qu’on sent, hélas, très bien, qu’il n’y a pas un patron à la tête de la SNCM. Non seulement, on ne connaît plus avec certitude l’actionnariat, mais, en plus, comme il n’y a pas de patron, il n'y a pas de projet d’entreprise. Je comprends l’inquiétude des salariés. La Corse et sa collectivité n’abandonneront pas les partenaires historiques que sont la Méridionale (CMN), depuis plus de 80 ans, et la SNCM et son ancêtre La Transat. Nous considérons que, malgré les difficultés, ils doivent revenir à des choses beaucoup plus sérieuses et, surtout, assurer la fiabilité du service que nous demandons. Sur ce point, nous serons intransigeants.
 
- L’actuelle DSP finit au 31 décembre. Il y a urgence. Quel est le calendrier ?
- A la 1ère session de juillet (4 et 5 juillet), je viendrai présenter un rapport d’étape qui fera le point sur la reprise des négociations. Je dirai, dans la plus totale transparence, où en sont les discussions et si elles ont, oui ou non, une chance d’aboutir.
Propos recueillis par Nicole MARI



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