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Paul Giacobbi : « Je suis très favorable au Port de la Carbonite, mais pas n’importe comment »


Rédigé par Nicole Mari le Mercredi 11 Juin 2014 à 23:47 | Modifié le Mercredi 11 Juin 2014 - 23:47


Lors de la première réunion de la mandature entre la Communauté d'Agglomération de Bastia (CAB) et l'Assemblée de Corse (CTC), mardi matin, Paul Giacobbi, président de la CTC, François Tatti, président de la CAB et Gilles Simeoni, maire de Bastia, ont esquissé la feuille de route du nouveau partenariat CAB-CTC. Paul Giacobbi revient, pour Corse Net Infos, sur deux grands dossiers en cours : celui, clivant, du Port de la Carbonite et celui, urgent, des infrastructures routières, notamment la dénivellation des cinq carrefours d’entrée dans Bastia. A suivre demain, les explications de Gilles Simeoni.


Gilles Simeoni, maire de Bastia, Paul Giacobbi, président de la CTC, et François Tatti, président de la CAB.
Gilles Simeoni, maire de Bastia, Paul Giacobbi, président de la CTC, et François Tatti, président de la CAB.
- Où en est le dossier du Port de la Carbonite ?
- Nous avons beaucoup avancé. Tout n’est pas encore fait. Loin de là ! Comme l’a remarqué le maire de Bastia, il reste encore des études à faire, au delà de celles déjà effectuées. Des études pour préciser la bretelle routière, le dimensionnement précis des ouvrages… Le comité de pilotage se réunira prochainement avec la ville de Bastia, la CTC et la Chambre de commerce (CCI).
 
- Pouvez-vous faire un point sur les études en cours ?
- Les études sur les Posidonies ont été validées par le Conseil national de protection de la nature. Nous avons, ensuite, fait des études sur la courantologie et sur la sédimentologie qui ont, également, été validées. De ce côté-là, nous avons avancé. Nous avons effectué des projections sur le financement qui restent à affiner, il y a des choix à faire. L’idée directrice est que le port de la Carbonite, comme l’investissement de l’ensemble des installations portuaires, doit s’autofinancer. Enfin, un certain nombre d’études complémentaires doivent être menées sur la neutralité routière du Port de la Carbonite.
 
- C’est-à-dire ?
- Il faut arriver à créer une infrastructure qui reporte les flux entrants et sortants du Port de la Carbonite, nettement plus loin. Sinon cela ne vaudrait pas la peine de construire un port pour qu’il congestionne la ville de Bastia pendant les 30 prochaines années.
 
- Le port de la Carbonite est un noeud de clivage. Pensez-vous réussir à trouver des points de convergence avec le maire de Bastia ?
- Nous avons des positions très convergentes. Je suis très favorable à ce port, mais pas à n’importe quelle condition, ni n’importe comment ! Par exemple, si, au final, nous nous rendons compte que le financement conduirait à une impasse, nous serions obligés d’y renoncer ! Je ne le crois pas, mais cela reste à démontrer.
 
- Y renoncerez-vous, aussi, en cas d'impact négatif sur l’érosion du littoral ?
- Les études sur la courantologie sont finies. Nous pouvons en discuter et, même, en commander d’autres pour préciser certains points. C’est une matière très délicate qui mérite débat. Cela étant, j’ai travaillé sur ces questions pendant des années, les études de courantologie sont, en général, assez justes.
 
- Le port actuel étant complètement saturé, quand prévoyez-vous la construction du port de la Carbonite ?
- J’ai du mal à vous répondre ! Quand j’étais plus jeune, je me suis occupé du désensablement du Mont Saint-Michel. Les premières études dataient de 1870-73. J’ai retravaillé sur le sujet, il y a 20 ans. Finalement, les travaux ont été réalisés cette année. C’est toujours long ! Je pense que, pour le Port de la Carbonite, nous irons beaucoup plus vite. 15 ans me paraît un horizon réaliste pour la mise en service.
 
- Quels sont les autres grands chantiers en cours qui ont nourri vos discussions ?
- Ce sont tous les projets d’infrastructure routière. La CAB n’est pas maître d’ouvrage, mais est intéressée au premier chef. Le fait que l’on puisse circuler et entrer facilement dans Bastia est une nécessité. J’ai mis deux heures pour me rendre de Venaco à Bastia, une heure jusqu’à Biguglia et une autre heure pour aller de Biguglia à Toga. C’est quand même un temps considérable ! La dénivellation des cinq carrefours d’entrée dans Bastia est, pour nous, une priorité.
 
- A ce sujet, les appels d’offres sur deux carrefours ont été annulés pour suspicion d’entente illicite entre les soumissionnaires. Avez-vous réattribué les marchés ?
- Oui. Les deux premiers marchés, Furiani et Casatorra, ont été réattribués avec une économie non négligeable. Ce qui est plutôt intéressant. Les trois autres suivront. Ces travaux devraient être terminés d’ici à 5 ans. En même temps, il y a d’autres travaux routiers tout aussi importants, notamment concernant le développement du train pour diminuer le flux routier. Il y a une grande différence entre Bastia et Ajaccio : Bastia est très avancé sur les travaux et les études concernant ce qu’il reste à faire. Ajaccio l’est un peu moins, mais a la chance d’avoir deux flux entrants dans la ville de 25000 véhicules/jour chacun. A Bastia, la nature est ainsi faite qu’il n’y a qu’un seul flux rentrant.
 
- Quand les travaux des deux premiers carrefours débuteront-ils ?
- Probablement avant la fin de l’année. Comme, aujourd’hui, les marchés sont attribués, on peut avancer.
 
Propos recueillis par Nicole MARI
 
 A lire aussi :
- CAB - CTC : Vers un nouveau partenariat, plus ambitieux, interview de François Tatti, président de la CAB.




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