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Paul Giacobbi : « C’est une liste de rassemblement plutôt marquée à gauche ! »


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 8 Octobre 2015 à 17:43 | Modifié le Vendredi 9 Octobre 2015 - 01:07


C’est à Corte, dans l’amphithéâtre Jean-Baptiste Acquaviva, que Paul Giacobbi, président sortant du Conseil exécutif de l’Assemblée de Corse, a présenté sa liste pour les élections territoriales des 6 et 13 décembre. Intitulé « Prima a Corsica », la liste, sans étiquette, qui veut transcender les clivages droite/gauche, compte 33 maires et conseillers municipaux ou départementaux. A côté des vieux routiers attendus et des Libéraux qui ont viré leur cuti, elle recèle quelques petites surprises et un zeste d’indépendantisme. Explications, pour Corse Net Infos, de Paul Giacobbi.


Paul Giacobbi, entouré de ses colistiers.
Paul Giacobbi, entouré de ses colistiers.
Il a été le premier à déclarer sa candidature et il est le premier à présenter sa liste complète. Alors qu’on lui prêtait des stratégies d’attente, Paul Giacobbi, le président sortant de l’Exécutif de Corse, a, visiblement, décidé, dans cette campagne, de prendre les devants. Et de taper dans les symboles… nationalistes ! Malice ou pure provocation ? Il donne à sa liste un nom corse : « Prima a Corsica », qui apparaît comme un pied de nez à son principal adversaire « Femu a Corsica », qu’il tacle avec âpreté, sans le nommer. Il présente sa liste dans l’amphithéâtre Jean-Baptiste Acquaviva. Pur hasard, prétend-il ! Plus significatif, il offre la 20ème place à Marie-Noëlle Culioli, militante de Corsica Libera, un temps à l’Exécutif du mouvement national, élue sur la liste de Jean-Charles Orsucci à Bonifacio et présidente des jeunes agriculteurs de Corse-du-Sud. Ce régionalisme affiché, Paul Giacobbi, qui se présente sans étiquette, ni investiture, réitère sa stratégie de 2010. Il laboure à gauche et fauche à droite.
 
Des sortants
Sa liste reconduit 9 conseillers exécutifs ou territoriaux sortants dont des proches comme Pierre Ghionga, Pierre Chaubon, Balthazar Federici, Marie-Thé Olivesi ou Marie-Paule Bartoli. Il récupère, dès le 1er tour, le maire de Propriano, Paul-Marie Bartoli, bien placé en 3ème position, également Antoine Orsini, président du groupe Corse Social Démocrate et président de la Commission des finances. Et, surtout, François Tatti qui rejoint les rangs, en dernière minute, avec deux militants de son mouvement, Marianne Acquaviva (18ème) et Rachida Bernous (32ème). Ce qui n’est guère du goût du Front de Gauche qui, n’avalant toujours pas la défaite bastiaise, crie à la trahison. Autre élu bastiais récupéré, le conseil municipal d’opposition et ancien Zuccarelliste, Jean-Baptiste Raffalli. A noter également, la présence en position non éligible (48ème), de Paulette Girolami-Guelfi, adjointe au maire de Sisco, pour contrer le ralliement d’Ange-Pierre Vivoni à la liste d’Emmanuelle de Gentili.
 
Des Libéraux
L’ouverture à droite prend forme, dès la 6ème place, avec Anne-Marie Galletti, la fille du maire libéral de Lucciana qui vire officiellement sa cuti. Un ralliement attendu, mais que n’apprécie guère une grande partie de sa majorité municipale. Attendue également la présence de Marie-Josèphe Capinielli (12ème), conseillère municipale d’Ile Rousse, qui entérine l’alliance des dernières élections municipales. Avec le maire de Calenzana, Pierre Guidoni (19ème), qui avait déjà rejoint le camp Giacobbiste, le président de l’Exécutif confirme sa mainmise sur la droite balanine. Delphine Orsoni conseillère départementale de Corse du Sud, qui, élue, en mars dernier, sur une liste de gauche avec Alexandre Sarrola, fracture, en avril, son binôme pour rejoindre le camp libéral, aux côtés de Jean-Jacques Panunzi, et se retrouve, en septembre, à la 8ème place sur la liste de Paul Giacobbi. De même, le maire libéral de Conca, Fanfan Mosconi, conseiller territorial sortant, rempile à la 17ème place, et se retrouve en opposant à Camille de Rocca Serra qu’il a soutenu aux dernières municipales de Porto-Vecchio. Difficile de s’y retrouver pour l’électeur lambda qui y perd son latin !
 
Des absents
Manque à l’appel, Henri Malosse, président du Conseil économique et social européen, qui avait été le premier à annoncer sa candidature auprès de Paul Giacobbi. L’entente semblait, pourtant, parfaite entre les deux hommes. Les raisons du divorce diffèrent. Paul Giacobbi avance un problème de place, la 7ème, qu’Henri Malosse aurait refusé, ne la jugeant pas assez bonne. Ce dernier parle de déception face à la prédominance « d’intérêts particuliers, locaux ou privés, sur l’intérêt général ».
Autre absent de marque : la ville d’Ajaccio, seulement politiquement représentée par Anne-Marie Luciani, ex-conseillère municipale en rupture de ban de Simon Renucci.
 
N.M.
 

Paul Giacobbi commente la composition de sa liste

- Comment définissez-vous votre liste ?

- C’est une liste de rassemblement avec beaucoup de tendances, de renouvellement et de jeunesse, beaucoup de compétences et pas mal d’énergie.
 
- Pourquoi l’intituler « Prima a Corsica », un nom qui se rapproche beaucoup de « Femu a Corsica » ? On peut s’étonner ?
- Non ! Ils disent « Femu », alors qu’ils ne font rien ! Femu a cumedia, me paraîtrait plus approprié ! Nous, nous faisons des choses. La Corse est en tête, en quelque sorte. Elle est dans nos têtes. On le prend comme on veut ! On est là avant tout parce que c’est la Corse. Ce n’est pas une élection nationale. C’est l’élection de la Corse.
 
- Présenter votre liste dans l’amphithéâtre Jean-Baptiste Acquaviva à Corte n’est-ce pas aussi volontairement symbolique ?
- Non ! Il fallait se réunir au centre de la Corse. Je suis très heureux d’être à l’université de Corte qui loue des salles. On s’y trouve très bien. Je n’ai pas choisi la salle. Le choix s’est fait en fonction des disponibilités. N’y voyez aucun symbole particulier ! Sinon l’attachement au centre de la Corse, au lieu géographique.
 
- Beaucoup de maires ou d’enfants d’élus dans votre liste. Avez-vous joué l’efficacité, la compétitivité ?
- Non ! Je ne sais pas si la liste est compétitive. Ce qui l’emporte dans une élection, c’est le travail préalable et la crédibilité. Là, je crois que nous avons vraiment un atout considérable. C’est, aussi, peut-être, la volonté de poursuivre et la capacité de chacun. La dernière fois, la liste sortante avait raté le PADDUC, comme on rate une marche. Mais alors raté, et bien raté ! Cette fois-ci, nous l’avons réussi. Il n’y a pas que ça, il y a tout le reste. C’est vrai que cela donne de la crédibilité. Ensuite, le fait que beaucoup de candidats soient des gens d’expérience est, effectivement, important.
 
- Le nombre d’élus de droite, présents sur votre liste, répond-il à une volonté de ratisser large ?
- Je ne sais pas s’il y a beaucoup de personnalités de droite, de gauche et du centre. Il y a des personnalités de la Corse, ce qui me paraît le plus important et le plus fondamental. Nous avons souhaité faire un rassemblement. Il y est ! Il est important. C’est ce qui compte avant tout.
 
- Certains élus de gauche, notamment le Front de Gauche, vous accusent d’avoir préféré le bord libéral à votre famille d’origine…
- Pas vraiment ! Certes, il y a des personnalités d’ouverture sur la liste, mais la liste reste plutôt marquée à gauche, même assez clairement, en dehors de ma personnalité.
 
- Vous avez refusé d’intégrer des sortants de votre liste et, en dernière minute, vous intégrez François Tatti. Pourquoi ?
- Je n’ai pas refusé d’intégrer ! Un certain nombre de gens ont souhaité faire leur liste. Je ne peux pas empêcher les gens de faire leur liste. Je rappelle que, la dernière fois, il y avait quatre ou cinq listes. François Tatti a souhaité participer dès le 1er tour. Très bien ! On a essayé de le faire et on l’a fait.
 
- Simon Renucci et Corse Social Democrate, aussi, voulaient participer dès le 1er tour. Pourquoi, alors, les refuser ?
- Ça ne s’est pas fait ! Ce sont des choses qui arrivent dans la vie publique. Tout ne se fait pas aussi facilement que cela.
 
- Vous avez dit à vos colistiers que la plupart d’entre-eux seraient élus. Espérez-vous sortir en tête au soir du 1er tour ?
-  Bien entendu ! Oui ! D’ailleurs, je crois que ce n’est pas un scoop de le penser, ça me paraît relativement probable. Ça dépend du travail de chacun et, aussi, du succès que l’on aura ou que l’on n’aura pas auprès de la population. Une élection, chacun pense ou croît qu’il en détient le secret. Cela fait 30 ans que je fais de la politique. Des fois, ça marche. Des fois, ça ne marche pas. Là, ça a l’air de marcher. On sent, quand même, un certain engouement. Je n’ai jamais connu un début de campagne comme celui-là ! Après les pronostics… Nous verrons à l’arrivée. C’est ce qui compte.
 
- Quelle possibilité d’union envisagez-vous au 2nd tour ? Une liste gauche/droite ?
- On verra ! Je l’ai déjà dit. On essaye de réunir d’abord sa famille, puis de s’élargir. C’est aussi simple que cela. Je pense qu’il y aura certainement des possibilités d’union au 2nd tour. Cela dépendra, bien entendu, des résultats du 1er.
 
- Quel sera votre programme maintenant ?
- D’abord, le programme va consister précisément à exposer le programme. On y met la dernière main en partant de notre bilan. Beaucoup de bêtises se disent. Il y a des gens qui ont fait le PADDUC ! Maria ne l’a pas fait, mais ces gens l’ont fait en changeant une demi-ligne non significative. Nous allons le démontrer. Je trouve quand même cette captation, un peu culottée ! Nous allons rappeler tout ce que nous avons fait, tout ce qui n’a pas été fait précédemment et, surtout, tout ce que nous avons envie de faire. Ensuite, nous allons rentrer en campagne de manière totale, aller au devant des gens, parler, convaincre, à la fois collectivement, ce qu’on appelle la tournée de la campagne, et, puis, individuellement, chacun essayant, là où il est, dans la mesure de ses moyens, d’apporter quelque chose. Ce n’est pas si simple que cela !
 
Propos recueillis par Nicole MARI.

 
LISTE PRIMA A CORSICA
1 Paul GIACOBBI
Député - Président du Conseil exécutif de Corse
2 Maria GUIDICELLI
Conseillère exécutive - Conseillère municipale d’Ajaccio
3 Paul-Marie BARTOLI
Maire de Propriano – Conseiller exécutif
4 Marie-Thé OLIVESI
Maire de San Nicolao –Conseillère exécutive
5 Antoine OTTAVY
Maire de Bastelicaccia
6 Anne-Marie GALLETTI épouse SOLET
7 François TATTI
Conseiller à l’Assemblée de Corse – Président de la Communauté d’Agglomération de Bastia
8 Delphine ORSONI
Conseillère Départementale de la Corse-du-Sud
9 Pierre CHAUBON
Maire de Nonza – Conseiller à l’Assemblée de Corse
10 Marie-France BARTOLI
Conseillère à l’Assemblée de Corse
11 Pascal MINICONI
Maire d’Afa
12 Marie-Josèphe CAPINIELLI
Conseillère municipale de L’Ile-Rousse
13 Balthazar FEDERICI
Maire de Venzolasca – Conseiller à l’Assemblée de Corse
14 Anne-Marie LUCIANI
15 Pierre GHIONGA
Conseiller exécutif – Conseiller Départemental de la Haute-Corse
16 Marie-Claire CASALTA épouse FERRALI
17 Fanfan MOSCONI
Maire de Conca - Conseiller à l’Assemblée de Corse
18 Marie-Anne ACQUAVIVA
19 Pierre GUIDONI
Maire de Calenzana
20 Marie-Noëlle CULIOLI
Présidente des Jeunes Agriculteurs de la Corse-du-Sud – Conseillère municipale de Bonifacio
21 Antoine ORSINI
Maire de Castello di Rostino – Conseiller à l’Assemblée de Corse
22 Dorothée COLONNA épouse VELLUTINI
Maire de Murzo
23 Dominique VENTURINI
Conseiller municipal d’Aleria
24 Catherine ALBERTINI
25 Pierre DEGORTES
26 Emmanuelle PELLONI
27 Jean-Baptiste RAFFALLI
Conseiller municipal de Bastia
28 Nathalie PULICANI
29 Dominique MAROSELLI
Maire de Rutali
30 Marie-Ange ANDREANI
 Adjointe au maire d’Olmeto
31 Barthelemy  LECA
Maire de Serriera
32 Rachida BERNOUS
33 Paul-François RAFFALLI
Maire de Tavera
34 Marie-France ALESSANDRINI
Adjointe au maire de Volpajola
35 François GIORGI
Adjoint au maire de Zonza – Vice-Président de la Communauté de Communes de l’Alta Rocca
36 Pascale BURSACCHI
37 Didier THIRY
38 Marie-Josée SALVATORI
Maire d’Avapessa
39 Marc-Antoine NICOLAI
Maire de Cervione – Conseiller Départemental de la Haute-Corse
40 Marie-Josée PIERALLI
Adjoint au maire de Morsiglia
41 Jérôme NEGRONI
Maire de San Lorenzo
42 Anna-Lisa CHIAPPINI
43 Francis GIUDICI
Maire de Ghisonaccia – Conseiller Départemental de la Haute-Corse
44 Madeleine CARETTE
45 Michel SIMONPIETRI
Maire de Furiani – Conseiller Départemental de la Haute-Corse
46 Catherine BARBAGELATA
47 Docteur Jean-Claude MOURIES
48 Paulette GIROLAMI épouse GUELFI
Adjointe au maire de Sisco
49 Docteur Ange-François VINCENTELLI
Maire de Santa Reparata di Balagna
50 Mimi ALLEGRINI-SIMONETTI
51 François ORLANDI
Président du Conseil Départemental de la Haute-Corse – Adjoint au maire de Tomino
 
 


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