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Patrimoine : L’Office foncier de la Corse signe la convention d’acquisition du château Stopielle


Rédigé par Nicole Mari le Lundi 3 Juillet 2017 à 23:41 | Modifié le Mardi 4 Juillet 2017 - 00:29


C’est quasiment fait ! Le château Stoppielle entre dans le patrimoine collectif insulaire. L’Office foncier a signé, lundi matin à Centuri, la convention de portage pour acquérir, à la place de la commune, cette magnifique « maison d’Américain », l’une des plus belles du Cap Corse et du patrimoine bâti insulaire. La signature s’est effectuée en présence, notamment, du maire de Centuri, David Brugioni, d’Elisabeth Martegoute, descendante de la famille Marcantoni – De Pietri, ancien propriétaire, de Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse, et de François Orlandi, président du Conseil départemental. Ce lieu, qui pourrait abriter le Parc marin, un musée et des outils touristiques, est devenu, pour l’Exécutif régional, le dernier symbole de la lutte contre la dépossession et la spéculation immobilière. Explications, pour Corse Net Infos, de Jean Christophe Angelini, conseiller exécutif et président de l’Office foncier, qui dit sa fierté d’avoir sauvé Stopielle et le sentiment d’avoir fait son devoir. Une joie partagée par les autres parties concernées.


Les élus sur la terrasse du château Stopielle après la signature de la convention d'acquisition.
Les élus sur la terrasse du château Stopielle après la signature de la convention d'acquisition.
- Qu’avez-vous signé exactement ?
- Nous avons signé la convention de portage établie entre l’Office foncier et la commune de Centuri. Cette convention précède, de deux ou trois semaines au plus, la signature de l’acte d’acquisition. L’étude notariale était, d’ailleurs, présente à cette signature qui engage le processus permettant à la Collectivité territoriale (CTC) de porter le bien pour le compte de la commune ou de la communauté des communes. C’est au territoire qu’il revient d’en décider dans l’attente d’une destination ou d’un projet plus précis.
 
- Des acquéreurs potentiels auraient tenté jusqu’au bout de s’opposer à cette démarche ?
- Nous avons été destinataires, ces dernières heures, d’un recours gracieux introduit par la SCI (Société civile immobilière) qui avait conclu un compromis de vente avant que nous n’ayons fait jouer la préemption. Ce recours n’est pas contentieux. Juridiquement, la différence est de taille ! Et, surtout, il nous paraît très peu motivé ! Il n’a aucun effet sur la procédure en cours. Malgré tout, nous y répondrons dans le respect du droit et des formes qui s’attachent à ce genre d’exercice, mais sans lui accorder, non plus, l’importance qu’il n’a pas.
 
- Peut-on dire que le château est désormais entré dans le  patrimoine corse ?
- Tout à fait ! Nous pouvons considérer, à partir d’aujourd’hui, que le château Stopielle est entré dans le patrimoine collectif du peuple corse. Je tiens à dire la fierté et l’immense joie qui sont, aujourd’hui, les nôtres. Nous avons l’impression d’avoir fait notre devoir. C’est plus qu’un acte de portage ou d’acquisition, c’est un acte de foi dans l’avenir de la Corse et de son patrimoine public.
 
- Quel est le coût de cette acquisition ?
- Le coût tourne autour d’un million d’euros. Mais, l'essentiel, c’est moins le coût au sens de la valeur marchande ou vénale, que l’opération à caractère publique que nous voulions réaliser. Il y a plusieurs grilles de lecture. Une, immédiate, consiste à dire qu’on ne pouvait pas laisser la commune de Centuri et le Cap Corse dépossédés d’un tel patrimoine. Une autre, de portée plus générale, consiste à dire qu’à travers l’opération de Stopielle, nous envoyons un signal démocratique et politique, nous considérons que des joyaux de notre patrimoine collectif ne peuvent plus être vendus, bradés, amputés, comme cela a failli être le cas ici. Enfin, nous disons que, si l’Office foncier a des moyens, il intensifiera son action dans l’attente de mesures plus fortes permettant de stopper l’hémorragie foncière et immobilière qui demeure, malheureusement, en route.
 
- Que va-t-il se passer pendant les deux ou trois ans de portage ?
- Dès à présent, la commune de Centuri et les communes du territoire peuvent réfléchir à un projet pour faire vivre cette magnifique bâtisse. Il a été question, pêle-mêle, du siège du parc marin du Cap Corse et de l’Agriate, d’un musée, d’une structure intercommunale dédiée au tourisme et au développement économique… Pourquoi pas les trois ? Pourquoi pas autre chose ? Il ne m’appartient pas de prendre la décision ou d’y participer en quoi que ce soit, c’est la décision du territoire. Rien n’interdit que, pendant la période de portage qui durera au moins deux ans, un projet soit porté et réalisé.
 
-  Le château a besoin d’être grandement restauré. Avez-vous envisagé des financements ou du mécénat ?
- Oui ! Les financements de l’Office foncier ne sont pas exclusifs. Ce n’est pas parce que l’opération a été réalisée que nous nous interdisons pour les années à-venir d’injecter de l’argent public dans une opération de réhabilitation ou autre. La CTC peut, dans le cadre des services du patrimoine ou dans un autre cadre à déterminer, contribuer à la réhabilitation de cet outil. Ceci étant dit, il y a d’autres pistes : le mécénat, les crédits de l’Etat et de l’Europe, une action intercommunale… un certain nombre de possibilités s’offrent à nous.
 
- D’autres opérations patrimoniales de ce type sont-elles envisageables ailleurs en Corse ?
- Bien sûr ! Nous ne pourrons pas réaliser, en permanence et en tous lieux de l’île, des opérations du même style. Ceci étant dit, même si cela ne peut pas être la règle, dès lors que l’intérêt patrimonial est clairement objectivé, nous pouvons en avoir d’autres, à titre exceptionnel, lorsque les circonstances exigent.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.

Signature de la convention d'acquisition entre la CTC, l'Office foncier et la commune de Centuri.
Signature de la convention d'acquisition entre la CTC, l'Office foncier et la commune de Centuri.

Patrimoine : L’Office foncier de la Corse signe la convention d’acquisition du château Stopielle
David Brugioni, maire de Centuri : « Nous sommes soulagés, rassurés et heureux ! »
« C’est un grand jour. Nous travaillons depuis un long moment sur le dossier de Stopielle. Nous avons, enfin, concrétisé cette signature. Nous sommes soulagés, rassurés et heureux ! La commune va, maintenant, porter un projet avec l’intercommunalité et la région. On peut faire plusieurs choses : par exemple, un musée et le siège du parc marin qui pourrait servir à des opérations de prestige et à des réceptions… Nous avons, également, commencé à travailler sur le financement avec la CTC. Le château étant classé aux monuments historiques, le directeur du patrimoine de la CTC, Pierre-Jean Campocasso, estime que nous pouvons trouver des financements pour la restauration. Nous allons, donc, dans un premier temps, faire une demande de subvention publique. D’ici à la fin de l’année, peut-être courant octobre, nous envisageons d’organiser une exposition sur les Palazzi du Cap Corse ».
 
Elisabeth Martegoute, descendante de la famille Marcantoni – De Pietri, ancien propriétaire : « Le plus important, pour moi, est que Stopielle reste un lieu public »
« Je suis très contente qu’aujourd’hui, 3 juillet, le château passe entre les mains de la CTC et reste dans le patrimoine corse. Je ne sais pas si, comme on le dit, il accueillera le siège du parc marin... Le plus important, pour moi, est qu’il reste un lieu public, ouvert à la population, un lieu de mémoire, peut-être un musée. Je suis très heureuse de participer à tout cela avec David Brugioni, le maire, et avec la CTC ».
 
Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse : « L’acquisition du château Stopielle est particulièrement symbolique ! »
« C’est avec un grand plaisir que j’ai assisté à la signature de la convention de portage et de l’acte d’acquisition de ce magnifique château Stoppielle. Depuis 2016, l’Office foncier de Corse a pleinement joué le rôle pour lequel il a été créé, c’est-à-dire contribuer à diminuer les phénomènes de spéculation immobilière et foncière sur l’île. En peu de temps, sous cette mandature, il a déjà réalisé plusieurs acquisitions, à Belgudè, Bastia, Bunifaziu…, mais l’acquisition de Stopielle est particulièrement symbolique ! D’abord parce que cette bâtisse convoque un chapitre important de l’histoire de la Corse, tant du point de vue sociologique qu’artistique. La richesse des décors et de l’architecture rappelle la dimension du Cap Corse comme lien avec les Amériques. Ensuite, parce qu’elle est le fruit d’un combat d’une famille, et plus particulièrement d’Elisabeth Martegoute, descendante des Marcantoni, qui s’est employée, de toutes ses forces, à permettre à ce château de demeurer dans le patrimoine collectif insulaire. Car il s’agit d’un bien dont la valeur - je ne parle pas de valeur vénale - est inestimable. Un symbole, enfin, qui réaffirme notre détermination d’élus, mais aussi la volonté de nombreux Corses, de mettre un terme à l’hémorragie foncière et à la spéculation immobilière effrénée sur cette terre. Notre majorité, à travers différents outils, notamment l’Office foncier, continuera de travailler sans relâche à préserver notre patrimoine de la spéculation. Certains lieux, comme celui-ci, possèdent une telle valeur historique, artistique et architecturale, qu’il est impensable qu’ils soient un jour privatisés. Pour nous, ces lieux doivent n’avoir pour unique vocation que de participer au développement durable de notre île. Je suis convaincu qu’ensemble, nous saurons donner au château Stoppielle cette dimension-là ».
 
François Orlandi, président du Conseil départemental : « C’est une démarche exemplaire pour la sauvegarde de notre patrimoine »
« Je souhaite, d’abord, saluer le travail d’abnégation du maire de Centuri, de la population à travers son Conseil municipal, également l’écoute qu’il a obtenue de l’Office foncier de Corse. C’est une démarche exemplaire, d’abord pour la sauvegarde de notre patrimoine, ensuite parce qu’elle s’inscrit contre un cadre spéculatif auquel la Corse est trop souvent exposée, enfin parce que ce château témoigne de l’histoire du Cap Corse et de ses aventuriers qui sont partis faire fortune aux Amériques. Certains d’entre eux ont réussi, sont revenus au pays et ont financé des splendeurs dont nous bénéficions aujourd’hui. C’est une part importante de l’histoire du Cap Corse, terre d’aventure et, en même temps, d’ouverture. Cette opération est importante pour notre microrégion, mais aussi au-delà. A travers le château Stopielle, c’est, probablement, la maison d’Américain la plus emblématique, compte tenu notamment de l’état de conservation des peintures, de notre patrimoine collectif. Il faut trouver un projet adapté à l’esprit des lieux, peut-être en faire un lieu de mémoire. Compte tenu de la qualité du site, les vocations peuvent être plurielles. Tout est, à la fois, symboliquement et pragmatiquement, bien construit dans un objectif que nous allons partagé tous ensemble, la population, comme les institutions ».
 



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