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PLU annulé : Les professionnels du BTP de Porto-Vecchio craignent le pire


le Vendredi 21 Février 2014 à 16:37 | Modifié le Vendredi 21 Février 2014 - 17:01


Les entreprises de Porto-Vecchio n’en peuvent plus. Leur situation s’aggrave au fil des jours et des semaines. En cause, le PLU, annulé il y a deux ans et les permis de construire bloqués. L’Association de Défense des Intérêts Collectifs des Entrepreneurs du Bâtiments (ADICEB) est montée au créneau et a décidé de venir à Ajaccio manifester devant les grilles de la préfecture


PLU annulé : Les professionnels du BTP de Porto-Vecchio craignent le pire
Un cortège de plus de 300 véhicules, camions, utilitaires, cars et voitures est parti, Vendredi matin, de Porto-Vecchio pour rejoindre Ajaccio et a littéralement bloqué l’entrée de la ville au milieu de la matinée, créant un embouteillage monstre dans le centre ville. Les professionnels du BTP protestent contre la baisse de leur activité économique, liée selon eux, à un durcissement de l'attribution des permis de construire. Selon l’ADICEB, un permis de construire sur deux est refusé depuis quelques mois.
Rappelons les faits : le plan local d'urbanisme (PLU) de Porto-Vecchio a été annulé dès 2001 par le tribunal administratif de Bastia, déclarant de nombreux permis de construire illégaux sur des zones protégés. La commune avait fait appel de cette brusque décision, mais la cour administrative d'appel avait confirmé le jugement en juillet 2013.
Cela a entraîné une chute vertigineuse du nombre de permis de construire dans un secteur qui compte près de 6000 résidences secondaires. Selon les chiffres de la préfecture, 309 permis de construire ont été accordés en 2011 contre 246 en 2013. Rappelons que le secteur du BTP représente environ 1 500 emplois sur la commune de Porto-Vecchio.

75% de chômeurs en moins d’un an

Les membres de l’association s’estiment floués : « C’est une décision clairement politique qui, depuis 2013, refuse aux résidents de Porto-Vecchio ce qu’elle a autorisé en 2010 aux habitants des communes voisines de Lecci et Bonifacio.En les privant du droit fondamental de construire même dans les villages de l’intérieur des terres, les services de l’Etat condamnent de nombreuses familles à devenir les SDF de l’extrême Sud et de nombreuses entreprises à une mort certaine » explique Antoine Stromboni, secrétaire de l’association. 
La forte augmentation du nombre de chômeurs prouve si besoin est, que la situation du BTP de la région avec est dramatique, avec 75% de chômeurs de moins de 25 ans en moins d’un an et la baisse significative des contrats d’apprentissage de près de 30%, alors que la moyenne nationale s’élève à 9%. 
« Quand le préfet dit qu’il n’y a pas de baisse d’activité sur Porto-Vecchio il se trompe. Malgré les chiffres annoncés par ses services, il apparaît qu’en 2013 les demandes de nouveaux permis ont chuté de plus de 30% et, depuis le premier septembre dernier, c’est plus de 50% d’avis défavorables qui ont été rendus. On assiste à un politique d’assèchement total de la construction sur notre commune » poursuit Antoine Stromboni qui insiste : « qui veut-il faire croire que, depuis 1986 et pendant de nombreuses années où seul le Règlement National d’Urbanisme s’est appliqué, tous les permis de construire délivrés sur la commune, au nom de l’Etat, étaient illégaux et ce malgré la surveillance constante et sourcilleuse des associations, relayée par la justice administrative. A cela, s’ajoute une conjoncture économique nationale et internationale défavorable. Aussi, nous n’avons plus aucune visibilité à court et moyen terme. Certain d’entre nous ont d’ores et déjà mis la clé sous la porte, d’autres ont licencié en masse. Voilà la raison de notre présence aujourd’hui : notre région est sinistrée… »
 


L’Etat se désengage…

Pour les 800 adhérents de l’association, qui espèrent atteindre le chiffre de 1 200 d’ici le mois de juin prochain, la situation est de plus en plus catastrophique. Ils se sentent lâchés par l’Etat : « L’Etat, qui avait validé le PLU de Porto-Vecchio se désengage de toute instruction raisonnée des dossiers, préférant un « non » préventif de principe, s’abritant derrière des décisions de justice, décisions, n’ayons pas peur des mots, politiques, dogmatiques ! En 
l’absence de document d’urbanisme (PLU), nous exigeons que les services de l’Etat étudient les dossiers de façon pragmatique en tenant compte du futur PADDUC. Ils n’en tirent pour le moment que les éléments à charge pour justifier les refus. Nous sommes persuadés que cette méthode permettra de débloquer la situation dans l’attente d’un PLU pour notre commune. »
Il existe bon nombre d’autres communes dans le même cas. Raison pour laquelle l’association invite les socioprofessionnels, mairies, propriétaires et toutes les personnes impactées parcette situation à les rejoindre afin de grossir les rangs pour les prochaines actions envisagées. 
Une délégation de l'ADICEB a été reçue par le préfet de Corse et le sous-préfet de Sartène. 
J. F.





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