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Opération vacances : Des contrôles pour assurer la sécurité des activités touristiques et estivales


Rédigé par Nicole Mari le Mardi 19 Juillet 2016 à 19:45 | Modifié le Mardi 19 Juillet 2016 - 20:05


Chaque année pendant la saison estivale, les pouvoirs publics mettent en place un dispositif de contrôles renforcés des activités touristiques et estivales : l'Opération interministérielle vacances (OIV). Son but est d'assurer la bonne information du consommateur et de vérifier la loyauté des transactions, la sécurité alimentaire ou non alimentaire, les conditions d'exploitation et d'encadrement des activités physiques et sportives, l'accueil collectif de mineurs... Ce dispositif, déployé sous l'autorité du préfet, mobilise de nombreux services sur le terrain : la DDCSPP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations), la DIRECCTE, les Douanes, les affaires maritimes... Pour montrer la diversité des contrôles réalisés, une opération médiatisée a eu lieu, mardi matin, à Venzolasca dans le village de vacances Cap Sud, exemplaire en la matière. Francis Lepigouchet, Directeur adjoint de la DDCSPP, explique, à Corse Net Infos, que, malgré quelques cas particuliers, la sécurité en Corse est globalement satisfaisante.


Village de vacances Cap Sud, Plage de Cap Sud à Venzolasca.
Village de vacances Cap Sud, Plage de Cap Sud à Venzolasca.
- Quel est le but de cette opération vacances effectuée à Cap Sud ?
- Cette opération des services de l’Etat, en cette période un peu difficile, vise à montrer que les personnes, qui viennent en Corse, peuvent venir dans des conditions optimales de sécurité. La DDCSPP examine les publicités, éventuellement mensongères, et l’information du consommateur sur les prix pour une sécurité juridique. Un autre service effectue un contrôle de la sécurité alimentaire dans la cuisine. Cap Sud est un site de vacances sociales. La Corse est la région qui concentre le plus d’accueil collectif des mineurs, à savoir les anciennes colonies de vacances, parce que c’est un site formidable avec des activités de mer et de montagne. Un troisième service vérifie, donc, l’encadrement des jeunes, s’il est en nombre suffisant et s’il est assuré par des personnes qualifiées. Enfin, un professeur de sport juge, sur la plage, la sécurité des activités nautiques et de loisirs, les conditions d’encadrement, le matériel de sauvetage…
 
- Combien de contrôles réalisez-vous pendant la saison ?
- Nous effectuons des contrôles toute l’année en ciblant particulièrement les activités dites de vacances du 10 juin à fin septembre, période où la plupart des centres sont ouverts. Rien que pour la DDCSPP, plus d’un millier de contrôles seront réalisés sur la totalité de la saison dans tout le département de Haute-Corse. Nous avons choisi ce lieu à Cap Sud pour montrer la totalité des contrôles que nous réalisons pour assurer, en cas d’espèces à des jeunes, mais c’est valable pour la totalité des gens qui viennent en Corse, un maximum de sécurité.
 
- Quel est le pourcentage de contrôles qui révèlent des problèmes ?
- La grande majorité des contrôles sont bons. Il y a souvent quelque chose à redire, mais notre démarche est, d’abord, essentiellement pédagogique. Lorsque des petites choses ne vont pas, les agents spécialisés donnent des conseils en espérant que ceux-ci seront suivis. Si les manquements sont plus importants, nous faisons une injonction administrative. Dans un village de vacances, cela porte essentiellement sur des obligations de rangement et de nettoyage. Nous repassons peu de temps après pour vérifier si cette injonction est suivie d’effet.
 
- Quel est le manquement le plus grave ?
- Des conditions d’hygiène catastrophiques ! Dans les restaurants. Cela nous amène à fermer l’établissement, mais cela reste assez rare. Dans les clubs de vacances, nous avons affaire à des professionnels et à une hiérarchie très sensibilisée aux problèmes de sécurité. Donc, en général, tout se passe bien, même si quelques problèmes peuvent survenir. Il y a deux ans, une colo a été intoxiquée. Nous avons fait une enquête et nous avons vite trouvé la cause. La monitrice était la seule qui n’avait pas été malade, elle avait été la seule à ne pas avoir mangé de mayonnaise. Les enfants avaient mis de la mayonnaise dans leurs sacs à dos et, après quelques kilomètres, sous une forte chaleur, l’avaient mangée. Avec les conséquences que l’on devine ! Sans gravité quand même.
 
- Question hygiène alimentaire et restaurants, qu’avez-vous vu de pire ?
- Nous avons, par exemple, l’an dernier, lors de ce même type d’opération de contrôle, fermé un restaurant à Bastia, qui faisait aussi de la vente à emporter, notamment de la découpe de poulets. La viande de volaille est une viande très sensible. La découpe se faisait à même le sol ! Nous avons engagé une procédure pénale. Le restaurant a été fermé et sanctionné pénalement.
 
- Le nombre et la gravité de ces manquements diminuent-ils ou s’aggravent-ils au fil du temps ?
- Cela s’améliore très sensiblement. L’année dernière, nous n’avons fermé qu’un seul établissement, alors qu’avant, nous en fermions beaucoup plus. Autre critère positif : nous sommes également présents sur le port pour vérifier qu’il n’y a pas de rupture de la chaîne du froid. C’est un risque important ! Il y a trois ans, nous avons, quand même, jeté sur le port 3 tonnes de marchandises qui avaient fait la traversée à température ambiante. L’année dernière, nous avons jeté 150 kilos.
 
- Ces contrôles sont-ils faciles à effectuer ou rencontrez-vous des résistances ?
- C’est très facile parce que les gens sont sensibilisés. Il s’agit de montrer que les personnes, qui viendront en vacances, seront bien reçues et pourront passer de bonnes vacances en toute sécurité. Des problèmes existent, à la marge. L’expérience nous prouve que les personnes agressives, qui refusent les contrôles, sont, très souvent, celles qui ont quelque chose à se reprocher et à dissimuler.

Francis Lepigouchet, Directeur adjoint de la DDCSPP.
Francis Lepigouchet, Directeur adjoint de la DDCSPP.
 - Quel est le résultat des premiers contrôles ?
- Sur les 140 contrôles que nous avons déjà effectués depuis le début de la saison, nous avons dressé une mesure administrative et une dizaine d’avertissements. Mais, je vous confirme que la situation s’améliore d’année en année, c’est le fruit d’un travail engagé depuis longtemps. Je dois reconnaître qu’en particulier dans le secteur de la restauration, la prise de conscience est très importante. L’an dernier, il n’y a eu qu’une seule intoxication collective, une TIAC (toxi-infection alimentaire collective), dans un restaurant du Cap Corse, due à une rupture de la chaîne du froid. Un poisson avait été décongelé, travaillé, recongelé… et le SAMU est arrivé !

- Comment cela se passe-t-il en Corse du Sud ?
- C’est la même chose ! Le département a une spécificité qui rend le travail un peu plus difficile : il y a beaucoup plus de paillotes. Et, les paillotes posent un problème de sécurité alimentaire, mais aussi d’occupation du domaine public. C’est, donc, plus délicat !
 
- Vous faites, également, la chasse aux faux produits corses. Comment vous y prenez-vous ?
- En accord avec les organisateurs qui sont demandeurs, nous visitons particulièrement les différentes foires et marchés pour rechercher de faux produits corses. Et, nous en trouvons ! Pas dans la majorité des cas, mais leur nombre est quand même significatif sur certains produits comme la charcuterie et les fromages. Nous sommes, en ce moment, très vigilants sur la farine de châtaigne. Les châtaigniers ayant été affectés par la maladie, la production est très marginale. Si on trouve de la farine de châtaigne dans des proportions importantes, on effectue un contrôle de traçabilité pour déterminer l’origine des produits.
 
- Des opérations ont été menées sur des produits agricoles. Qu’ont-elles donné ?
- Il y a également des problèmes avec certains fruits et légumes. A la demande du préfet de Haute-Corse, nous avons fait plusieurs opérations spectaculaires sur le bord de route auprès de vendeurs à la sauvette qui sont, généralement, italiens. Ces ventes ont cessé, sauf pour les vendeurs qui sont parfaitement en règle. Ceux, qui occupent de manière légale le domaine public ou ont l’autorisation du maire, qui vendent des produits dont ils étiquettent l’origine, le calibre et le prix, ont, tout à fait, le droit de vendre.
 
- Dans les supermarchés ou les épiceries, trouvez-vous, par exemple, des pêches étiquetées corses qui ne le sont pas ?
- Cela arrive ! C’est très difficile à démontrer. Celui, qui veut frauder, met des pêches espagnoles dans un cageot de produits corses. Le contrôle de traçabilité nous permet de déceler la fraude. Le revendeur a acheté un certain volume de pêches espagnoles et on ne sait pas ce qu’elles sont devenues ! Si, en plus, il y a pénurie de pêches corses, mais qu’on en vend beaucoup, c’est suspect !
 
- Globalement, peut-on profiter de l’été en Corse en toute sécurité ?
- Oui ! Même si, malheureusement, malgré toutes les précautions, que peuvent prendre les professionnels, et les contrôles que nous faisons, on n’est jamais à l’abri d’un accident. Tout le monde fait en sorte que tout se passe bien.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.

Hervé Cado, agent spécialisé dans l’accueil collectif de mineurs.
Hervé Cado, agent spécialisé dans l’accueil collectif de mineurs.
Hervé Cado : « Les conditions d’accueil des jeunes sont très bonnes en Corse »
 

Entre 350 et 400 séjours sont déclarés, chaque année en Haute-Corse, du 7 juillet au 25 août, sachant que l’effectif d’un groupe varie d’une vingtaine de jeunes à plus de cent. Hervé Cado, agent spécialisé dans l’accueil collectif de mineurs, vérifie que les jeunes disposent bien d’un encadrement suffisant et qualifié.
 
« Pendant l’été, je contrôle les centres de vacances, qu’on appelait autrefois les colonies de vacances. Nous vérifions si les conditions d’accueil sont satisfaisantes, si les activités proposées sont adaptées et si les jeunes passent un séjour dans de bonnes conditions parce que, sur le plan règlementaire, ils sont placés sous la responsabilité du préfet du département.
Globalement, au fil des années, les conditions d’accueil se sont grandement améliorées. Autant, il y a 20 ans, les colos étaient relégués dans des campings à l’écart, dans des endroits où il n’y avait pas d’ombre… Ces situations-là sont, aujourd’hui, révolues. Les conditions d’accueil des jeunes sont, dans l’ensemble, très bonnes en Corse.
 
Nous demandons seulement aux groupes d’être vigilants quand ils font appel à des prestataires pour des activités sportives et de bien vérifier les qualifications des gens qui encadrent les jeunes. Des gens, un peu indélicats, débarquent, parfois, du continent pour faire une saison. On a souvent vu par le passé des petites affichettes : « Baptême de plongée » avec juste un numéro de téléphone portable. Nous conseillons aux responsables des accueils collectifs de mineurs de s’adresser à des professionnels qui ont pignon sur rue et de passer des conventions avec des éducateurs sportifs munis de cartes professionnelles. C’est l’assurance que ceux-ci sont déclarés auprès des services de la cohésion sociale.
Jusqu’à présent, nous sommes assez satisfaits de la qualité. Un accident peut toujours arriver. Les directeurs des centres de vacances ont l’obligation de nous déclarer les accidents graves. Nous pouvons les aider à gérer ce genre de situation et leur apporter du soutien, par exemple, pour rapatrier un jeune blessé, ou en cas de problèmes ou d’incidents liés, par exemple, à la cohabitation avec d’autres campeurs ».





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