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Nouveau clash à la CAB : La leçon de démocratie des cinq maires au président Tatti !


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 22 Janvier 2016 à 13:57 | Modifié le Samedi 23 Janvier 2016 - 10:05


Les clashs se suivent et se ressemblent à la Communauté d'agglomération de Bastia (CAB) ! Alors que les personnels CGT entament leur premier jour de grève, le premier Conseil communautaire de l'année 2016 a tourné court. Après un étonnant discours sur la cohabitation du président François Tatti, seul sur son estrade, la réponse des maires a été unanime et cinglante. L’accusant d’être entièrement responsable de la situation de blocage de l’institution, les édiles des cinq communes, Furiani en tête, lui ont demandé, l'un après l'autre, au nom de ce même principe de démocratie, de démissionner. Puis, les 33 élus de la majorité ont quitté la salle des délibérations pour « prouver de visu ce que représente » François Tatti à la CAB. Ne sont restés que quatre élus : les deux élus Tattistes et deux autres opposants bastiais : Jean Zuccarelli et Francis Riolacci. Ambiance en vidéos…


La salle du Conseil communautaire après le départ des 33 élus de la majorité.
La salle du Conseil communautaire après le départ des 33 élus de la majorité.
C’est la réponse du berger à la bergère ! Une partie de ping pong médiatique dont on ne sait réellement à qui elle profite le plus. Une tragi-comédie qui se joue, depuis près d’un an, à parterre ouvert devant les Bastiais et les Corses médusés et dont un nouvel acte s’est joué, vendredi matin, devant les personnels grévistes de la CGT et les non-grévistes du STC. La veille, le président François Tatti, comme c’est désormais son habitude, avait, par voie de presse, lancé un nouveau pavé dans la bataille en déclarant que, désormais la CAB entrait « dans une phase de cohabitation » entre l’Exécutif qu’il dirige et le Conseil communautaire qui lui est majoritairement hostile. Cette étrange affirmation était-elle censée déminer le terrain qu’il avait lui-même contribué à charger, dès la fin de l’année dernière, en destituant des vice-présidence les élus de la majorité des cinq communes membres ? Elle n’a, au final, fait qu’envenimer et renforcer un ressentiment qui n’avait nul besoin de l’être !
 
L’union sacrée
En réponse à ce qui est apparu comme une énième provocation, le premier Conseil communautaire de l’année n’aura, vendredi matin, duré qu’une demi-heure. Le temps pour les maires des cinq communes de la CAB de tirer, en chœur et à boulets rouges, avec des mots d’une dureté jamais encore atteinte, sur la gouvernance et le comportement du président Tatti, de démontrer son illégitimité et de demander, encore une fois, sa démission.
« Vous êtes seul responsable de la situation de blocage dans laquelle nous nous trouvons. Nous vous demandons, donc, de démissionner de la présidence de la CAB ». C’est celui que l’on n’attendait pas, l’allié Giacobbiste d’hier, candidat, il y a à peine 40 jours, sur la même liste aux élections territoriales, qui, le premier, ouvre le feu. La condamnation de Michel Simonpietri, maire de Furiani, est brève et sans appel. « Malgré mon engagement personnel pour apaiser la situation, vous vous êtes entêté dans l’exercice personnel du pouvoirDe fait, vous avez conduit à l’annulation de l’accord politique qui nous avait conduit à vous élire président… Vous avez commis une erreur gravissime en retirant les huit délégations ».
 
Un coup d’Etat permanent
La deuxième salve, tirée par Michel Rossi, maire de Ville-di-Pietrabugno, est de la même veine. Tout en déplorant « l’échec » du contrat de mandature, il appelle François Tatti à prendre ses responsabilités. « Par votre entêtement, votre attitude, votre façon de ne pas accepter la contradiction et ne pas répondre aux attentes des communes, vous avez construit autour de vous une forteresse. Vous considérez pouvoir gouverner seul… Soit vous en tirez les conclusions et vous démissionnez parce que vous êtes largement minoritaire, soit nous tirerons d’autres conclusions ».
La troisième salve est meurtrière. Pour Pierre-Noël Luiggi, qui représente le maire de Bastia, il n’y a qu’un responsable au chaos dont il dénonce l’incompétence : « La CAB ne fonctionne pas et n’a jamais fonctionné… Je suis extrêmement déçu… On n’ira nulle part … Il y a une espèce d’erreur juridique qui fait que François Tatti est président à vie… C’est un coup d’Etat permanent auquel on assiste, c’est l’ancien monde qui préside cette assemblée. Les grandes compétences de la CAB ne sont pas exercées et ne le seront pas tant que François Tatti restera président… Je lui demande qu’il sorte du milieu et nous laisse travailler ! ».
 
Pas de légitimité
La quatrième salve, tout, aussi, lapidaire, décochée par le maire de Santa-Maria di Lota, Guy Armanet, insiste sur la perte de légitimité d’un président ultra-minoritaire : « On vous a donné le droit d’exercer le pouvoir, pas de nous l’imposer !... Vous avez imaginé nous retirer nos délégations pour être seul maître à bord… ». Il fustige une situation « inédite », celle d’une institution dirigée par « un président, flanqué seulement de deux élus… Un seul homme isolé qui persiste à garder son siège contre la volonté de ceux qui l’ont élu, c’est-à-dire nous, les conseillers communautaires ».
C’est également la teneur de la dernière salve, tirée par Jacky Padovani, maire de San Martino-di-Lota, qui rappelle à François Tatti qu’il ne peut prétendre retourné aux urnes puisqu’il n’a pas été élu président par le suffrage universel, mais par le vote des élus communautaires : « Vous déclarez que nous sommes en période de cohabitation… on cohabite avec des personnes légitimes et votre légitimité, vous la tenez de nous autres, conseillers communautaires. La rupture est, désormais, irréversible… Je vous demande, si vous ne voulez pas bloquer l’institution,… de démissionner ».
 
Un bras de fer
Pour prouver crûment ce que François Tatti « représente au niveau de la CAB », il demande aux 33 élus de la majorité de quitter la salle. Ce qu’ils font, chacun à la suite de leur maire, sous les applaudissements d’une partie du public et les huées des grévistes. La démonstration fait mouche. Seuls quatre élus sur 40 restent en place : les deux élus Tattistes, Françoise Vesperini et Julien Morganti, et les deux farouches opposants bastiais : Jean Zuccarelli et Francis Riolacci.
Ce dernier en profite pour se lever, crier son indignation et son soutien aux personnels et en appeler, une énième fois, à un retour aux urnes. Très tendu, François Tatti, tout seul sur son estrade depuis le début de la séance, tente de faire bonne figure et de railler « ce comportement théâtral irresponsable, cette tentative de déstabilisation des institutions, un putsch, une fuite en avant… ». Il annonce qu’il ne lâchera rien, surtout pas son siège de président, et estime, lui aussi, qu’en cas de « rupture de pacte, il faut retourner devant le peuple ! ». Puis, durcit le bras de fer en convoquant un nouveau Conseil communautaire le 29 janvier à 14h30 pour examiner deux dossiers qu’il présente comme urgents et qu’il entend bien faire passer en force.
 
Le blocage persiste
Dans ce dialogue de sourds où chaque partie, désormais, campe sur une position de plus en plus intransigeante, la situation parait inextricable. « Nous avons, aujourd’hui, voulu montrer que le président de la CAB n’est pas, comme il le dit, dans une majorité relative, mais appartient à une minorité absolue ! La CAB est à l’arrêt. Rien ne se fait et rien n’a été fait depuis un an ! La situation de blocage, dans laquelle nous sommes aujourd’hui, est le fait uniquement du président de la CAB. Nous avons demandé audience au Préfet et rencontré les syndicats pour leur assurer de notre soutien… Nous sommes dans une logique de travailler pour le bien des habitants et des salariés de la CAB », explique Pierre Savelli, maire de Bastia. Après avoir rencontré le STC, les maires ont été reçus, dans la foulée, par le Préfet qui a avoué son impuissance.
En attendant la suite du feuilleton, les grévistes ont repris le travail.
 
N.M.
 

Extraits des interventions de Michel Simonpietri, maire de Furiani, de Michel Rossi, maire de Ville-di-Pietrabugno et Guy Armanet, maire de Santa-Maria-di Lota.


Extraits des interventions de Pierre-Noël Luiggi, pour Bastia, de Jacky Padovani, maire de San Martino di Lota, et de Francis Riolacci. Ambiance.


François Tatti : « C’est une tentative de déstabilisation des institutions ! »





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