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Moltifao : Pédagogie "grandeur nature" pour les futurs "aménageurs territoriaux " du lycée agricole de Borgo


le Jeudi 17 Décembre 2015 à 20:20 | Modifié le Vendredi 18 Décembre 2015 - 03:12


Ces jeunes sont donc en classe de 1ère au lycée agricole de Borgo. Âgés de 17 ans pour la plupart, ils suivent un cursus vers un baccalauréat Sciences et Technologies de l'Agronomie et du Vivant, et ils ont choisi l'option "Aménagements et Valorisation des Espaces". C'est dans le cadre de cet enseignement qu'ils ont participé à une journée organisée sur ce thème par le CPIE Centre Corse – A Rinascita ce jeudi 17 décembre. En effet, les élèves sont amenés au cours de leur cursus à appréhender les différentes étapes d'une démarche d'aménagement du territoire. Ainsi, l'association A Rinascita poursuit sa mission de sensibilisation et protection de l’environnement en accompagnant ces futurs acteurs insulaires à découvrir et appréhender la faune et la flore locales.


Moltifao : Pédagogie "grandeur nature" pour les futurs "aménageurs territoriaux " du lycée agricole de Borgo
L’objectif est de travailler et de se questionner sur l’évolution du paysage local : Quels sont les problèmes passés et actuels sur le site ? Qui est responsable de ces problèmes? Qui est concerné? Qui veut agir? Pour quelles raisons?  Quels sont les enjeux ? Quels sont les objectifs de gestion?", c'est ainsi que la Rinascita définit son projet. Les élèves ont donc pris la route de Moltifao avec deux de leurs professeurs. Sandrine Casanova est enseignante en Aménagement, c'est donc tout naturellement qu'elle était présente lors de cette journée. Elle en explique le rôle pédagogique de auprès de ses élèves : " Ce sont des jeunes qui sont amenés, non pas à être forcément des techniciens sur le terrain mais au moins être capables de réfléchir, par rapport à un contexte, à des enjeux, aux besoins économiques, sociaux et culturels d'un site, ils vont pouvoir proposer des solutions de gestion pour essayer de satisfaire un maximum de gens : ceux qui travaillent sur le territoire, ceux qui luttent pour la défense de la nature, les usagers locaux comme les touristes. Essayer de gérer les sites de manière durable ; il ne s'agit pas de mettre la nature sous cloche, on peut très bien protéger nos sites tout en les faisant découvrir à tous et en permettant aussi aux gens qui sont sur ces sites de continuer à vivre de leurs activités."
 

Cachée dans le bassin de la vallée d’Asco la Tourbière est une réserve naturelle classée zone Natura 2000. C'est donc autour de cette réserve qu'a eu lieu la sortie pédagogique avec, non loin de là, la visite d'un site particulier : une ancienne usine de soie. L'animateur de la Rinascita, Gérard Dominici, présente ce lieu particulier : " C'est un site où l'on a pu exploiter des ressources naturelles grâce à des gens qui étaient des visionnaires pour l'époque, au début du siècle dernier, avec des activités qui se sont développées alors qu'elles n'étaient pas habituelles pour la Corse, notamment la culture de vers à soie."
 

C'est donc l'exemple d'un "visionnaire" que les élèves ont découvert, celui d'un entrepreneur qui a su tirer profit d'un lieu déconsidéré. En effet, toutes les visites de la journée se déroulent dans la basse vallée de l'Asco. C'est une zone qui n'était pas habitée jusqu'à ces dernières décennies, le village de Moltifao se trouve à trois kilomètres de là. Comme toutes les basses vallées, elle était délaissée à cause des diverses maladies liées aux zones marécageuses qui s'y trouvent.

 

Petit retour sur la spécificité toponymique liée à cette particularité environnementale avec Olivier Sartori, enseignant de Langue et Culture Corse et second accompagnateur de cette sortie pédagogique : " En effet, au niveau linguistique on voit bien l'aspect péjoratif qui est présent sur certains toponymes, par exemple pour Ghisoni vous avez Ghisonaccia, pour Bastelica vous avec Bastelicaccia. Et de manière générale on le voit bien, les villages sont situés sur les points hauts, alors que dans les basses vallées et les plaines, les terres étaient cultivables mais non-habitables à cause des maladies comme la malaria par exemple."

 

Et du point de vue linguistique, il y avait de quoi alimenter cette journée, puisque les élèves sont originaires de différentes régions de l'île, du Fium'Orbu, de Casinca, Balagne, etc, et comme on le sait, les variations sont nombreuses en langue corse, d'une région à l'autre et parfois même d'un village à l'autre. Ainsi la toponymie témoigne à la fois de la richesse d'un territoire et de sa langue.

 





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