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Meeting Simeoni-Tatti-Milani : L’union consacrée !


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 28 Mars 2014 à 23:15 | Modifié le Samedi 29 Mars 2014 - 03:04


Plus de 2 000 personnes ont assisté, jeudi soir, sur le stade du Prado, au meeting de Gilles Simeoni, FrançoisTatti et Jean-Louis Milani qui ont uni leurs forces pour le 2nd tour de l’élection municipale à Bastia. Ce rassemblement inédit d’électeurs de droite, de gauche et nationalistes vibrant à l’unisson a consacré, de manière spectaculaire, une union qui avait, au départ, déstabilisé plus d’un militant. Il a démontré, encore une fois, la puissance de mobilisation du leader d’Inseme per Bastia. De quoi impressionner, de leurs propres aveux, les autres ténors du quatuor. Pari gagné.


Meeting Simeoni-Tatti-Milani : L’union consacrée !
C’est un spectacle inédit, impossible à imaginer et que personne n’aurait osé pensé, ne serait-ce qu’une semaine auparavant ! Et, pourtant, jeudi soir, sous un chapiteau dressé sur le stade du Prado, l’impossible est devenu possible, l’impensable s’est réalisé devant les yeux quelque peu ébahis de plus de 2000 personnes qui ont bravé la pluie et le froid pour assister à cet événement extraordinaire. Et, ce fut quelque chose de voir assis, côte à côte sur une tribune, unis dans le même combat électoral pour faire tomber la même citadelle honnie, les leaders bastiais des trois grandes familles politiques corses, souriants, visiblement ravis d’être là et profondément émus. Mais le plus étonnant fut de voir cette foule politiquement hétéroclite, d’abord prudente, un peu perplexe, peu à peu gagnée par l’enthousiasme et l’euphorie, se lever comme un seul homme, galvanisée, pour applaudir, dans un même élan, chacun des trois orateurs.
 
Une émotion palpable
Si les militants et sympathisants d’Inseme per Bastia ont l’habitude de ces grandes messes bien orchestrées que suscitent les meetings de leur leader, ceux de droite et de gauche, comme leurs élus, habitués à des ambiances plus intimes et plus feutrées, n’ont pas caché leur stupéfaction et leur admiration. La foule, déjà, les a interpellés. Puis, la scénarisation des entrées en scène et l’arrivée, façon grand show politique, de Gilles Simeoni et de ses quatre premiers colistiers : Emmanuelle de Gentili, François Tatti, Jean-Louis Milani et Mattea Lacave, sous les acclamations d’un public dynamique et surchauffé, les a impressionnés.
L’émotion était visible chez Jean-Louis Milani qui, le premier, ouvre le feu des discours : « Ce soir, dans ce chapiteau archi-comble, à vous voir aussi nombreux réunis, nous avons déjà gagné un combat, celui de faire taire les divergences d’hier pour faire naître une nouvelle force, celui du rassemblement humain qui n’a qu’une seule ambition : faire gagner Bastia ».
 
Pas l’habitude !
Même choc chez François Tatti qui en oublie de bien compter : « D’aucuns disent en politique, 1+1+1, ça ne fait pas 3, c’est vrai ! ça peut faire 2 ! Mais, ce soir 1+1+1, ça fait 1000 ! Parce que vous êtes 1000, ce soir ici ! ». La foule l’interrompt et proteste : « 2000 ! ». Le leader de la gauche dissidente s’exclame, abasourdi : « 2000 ! », puis, avec humour, sous les acclamations et les rires : « Excusez-moi, je n’ai pas l’habitude ! ». Il ajoute avec entrain : « Ça fait beaucoup parce que ce sont les Bastiais qui ont commandé cette union, qui l’ont voulu. Nous accomplissons quelque chose d’unique, nous sommes en train d’écrire l’histoire de Bastia, la vôtre, pas celle qu’on voulait vous dicter à partir de la salle à manger d’une famille ! Jean Zuccarelli a débarqué juste pour continuer le grand œuvre familial, l’œuvre parfaite ! Mais, ce n’est pas ça Bastia ! ». Plus tard, il avoue à propos de l’union : « J’avais besoin de ça pour continuer à avoir envie de construire ».
 
Un point de bascule
Gilles Simeoni revient, quand à lui, sur le courage politique qui a présidé à cette union. « Il aurait été facile de rester engoncés dans nos certitudes respectives… Le choix n’a pas été aisé. Bien sûr, il y a des doutes et des hésitations. Mais, nous sommes aujourd’hui, à un point de bascule historique, nous n’avons pas le droit de nous tromper et de reculer. » Le leader nationaliste n’oublie pas ses fondamentaux, rassure ses militants en rappelant le peuple corse auquel il croît. « Je suis un Nationaliste corse. Je sais aussi que le peuple corse, ce n’est pas seulement les Nationalistes. Il y a des Corses qui aiment leur île autant et, peut-être, plus que moi et qui sont de gauche ou de droite. Nous devons, ensemble, construire ce pays et une société de solidarité, de respect et de démocratie profonde. C’est cette boussole qui a guidé nos choix collectifs, nos décisions et nos engagements ». Pour revenir, ensuite, sur Bastia et fustiger un système « qui est l’exact contraire de ce que nous voulons faire. Les électeurs bastiais ont envoyé le message fort qu’ils voulaient le changement ».
 
Un appel à la mobilisation
Puis, les trois leaders lancent un appel à la mobilisation et tentent de faire sauter les derniers verrous du doute. « Dimanche, ne pas voter notre liste, notre union, serait voter pour Jean Zuccarelli, pour le statut quo, pour en reprendre encore pour 25 ans ! Si nous ne sommes pas bons aux affaires, eh bien, dans 6 ans, vous nous renverrez à nos chères études ! Avec nous, vous pourrez encore le faire ! Mais, avec Jean et la poursuite de son système, ce ne sera plus possible. Il sera trop tard ! Mais, nous réussirons ce que nous vous promettons aujourd’hui », prévient Jean-Louis Milani. Avant de plaider avec lyrisme : « Oubliez vos réticences ! Surmontez-les ! Faites-nous confiance ! Ne cédez pas aux fausses rumeurs, aux mensonges, aux manœuvres déstabilisantes déployées par ceux qui s’accrochent encore pour quelques heures au pouvoir. Jamais la citadelle n’aura été aussi prête de tomber. Mobilisez-vous sans relâche car, dimanche, vous avez rendez-vous avec l’histoire. N’ayez aucune crainte pour n’avoir aucun regret ! ».
 
Des propositions indécentes
François Tatti s’adresse directement aux électeurs du trio : « Je sais qu’il vous en coûte parce que ça été rapide pour vous, parfois même brutal. Mais, oserions-nous laisser passer une telle occasion ? Non ! Nous avons compris que nous n’avons pas le droit de dire : ce sera pour une autre fois ! Nous avons pris nos responsabilités ». Avant de railler les accusations de Jean Zuccarelli : « Qu’on ne vienne surtout pas nous parler d’intérêts personnels ! Par pitié ! Je n’ose pas dire ce qu’Emmanuelle et moi-même, nous aurions pu obtenir si nous avions choisi d’autre voie. Je n’ose même pas le dire, tellement c’est indécent ! Ceux-là même qui, aujourd’hui, nous vilipendent, nous calomnient, étaient prêts à tous les sacrifices ».
 
Le véritable enjeu
Il demande aux électeurs de bien mesurer le véritable enjeu du scrutin de dimanche : « Quel choix peut proposer Jean Zuccarelli ? Il n’a ni bilan, ni projet, ni équipe désormais ! D’un côté, vous avez le recul, l’isolement, l’anathème, le drapeau de la république brandi, non pour défendre Bastia, mais pour défendre les intérêts familiaux. De l’autre, l’ouverture, le projet, la concorde et la mise en commun des énergies. Ça n’a rien à voir ! ». Puis, il rend un hommage inattendu à Gilles Simeoni : « Cette liste est conduite par un homme qui a montré sa capacité à convaincre. Son résultat du 1er tour en témoigne. Et, à rassembler sans renier ses convictions, ni demander aux autres de le faire. Comme ça, nous pouvons avancer ensemble ! Aucune voix ne doit manquer dimanche. L’histoire ne se répète pas. Ne ratons pas le rendez-vous !»
 
Soyez libres !
Revenant sur les absents qu’il espère intégrer demain, Gilles Simeoni conclut, lui aussi, sur les enjeux politiques du scrutin : « On ne construit pas la paix, un pays sur des oppositions, des invectives, des exclusions. On construit une ville sur la concorde, l’écoute, la confiance, la capacité à agréger l’ensemble des forces vives autour d’un projet. Le choix de dimanche n’est pas de savoir si on va faire 250 places de parking ou 320. Ce n’est pas un choix technique, mais un choix fondamentalement politique. Il doit être un choix d’hommes et de femmes libres, dignes, qui refusent de se laisser dicter le choix de leurs suffrages ». Sous les acclamations du public, il exhorte, en corse, les militants à aller convaincre les électeurs : « Bastiaises et Bastiais, levez-vous et dites que le moment est venu. Il est temps pour la démocratie, pour l’émancipation, pour la solidarité… Allez et dites que Bastia se met debout, que nous sommes libres, dignes et que nous allons construire cette cité, ensemble, et que ce sera la victoire de la démocratie ! ».
 
La même soif de changement
Dans le public où Edmond Simeoni côtoie Jean Baggioni et Laurent Croce, les militants et sympathisants de droite, de gauche et nationalistes sont assis côte à côte, mélangés les uns aux autres, dans une uniformité qui les surprend eux-mêmes, portés ensemble par la même exaltation. « Je n’ai jamais vu ça ! Je ne sais pas si nous allons gagner, mais au moins nous aurons vécu un tel moment ! C’est incroyable ! », lâche, emballée, une Milaniste, à la fin du meeting. « Nous nous sentions un peu seuls, parfois. Une telle foule, ça nous porte, ça nous redonne l’énergie, maintenant, plus rien ne sera comme avant », se réjouit un Tattiste. « Nous nous sommes posés des questions. Mais, ce soir prouve que nous avons eu raison. Désormais, quelque chose a changé. Nous pouvons avancer ensemble », renchérit, soulagé, un Simeoniste.
Sans renier les différences et avec la volonté de rassurer, les leaders ont parié sur la force de ce qui rassemble, le même rejet d’une citadelle à abattre et la même soif de changement. Et, ils ont, jeudi soir, gagné le pari avec leurs troupes. Dimanche soir, ils sauront si les Bastiais ont compris le message !
 
N.M.





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