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Matthieu Tarot : "Avant d’être président du jury du Festival, je suis spectateur…'


Rédigé par Michela Vanti le Lundi 1 Février 2016 à 00:42 | Modifié le Lundi 1 Février 2016 - 08:52


Entre deux séances de films de la sélection, le président du jury du Festival du Cinéma italien de Bastia, a eu le temps de rencontrer dimanche matin la presse. Une occasion de mieux faire la connaissance de Matthieu Tarot, influent financier du septième art, dont le dernier film l'Hermine, fait un carton mérité.


Matthieu Tarot : "Avant d’être président du jury du Festival, je suis spectateur…'
- Que pensez-vous du cinéma italien d’aujourd’hui ?
- C’est ce qu’on va découvrir pendant cette semaine… Aujourd’hui on a de plus en plus tendance à regarder ce qui se passe dans le cinéma américain alors que; par exemple; le cinéma nord européen est extrêmement puissant comme certains films italiens. Suburra qu’on a vu samedi soir ce n’est un exemple. Dans le passé l’Italie a connu des grands réalisateurs mais même aujourd’hui on y produit des films superbes, je pense à Sorrentino, Moretti, Garonne qui ce sont des démons. La relève des grandi maestri du cinéma italien existe, elle est bien là, tout comme pour le cinéma français.
Ce qui a changé, et qui fait bizarre aux gens de notre âge, à la génération de la relève, c’est que le système des coproductions franco-italiennes a disparu. En France on a le sentiment que le cinéma italien était plus puissant avant parce que avant il y avait un système de cofinancement franco-italien avec des participations croisées d’acteurs, réalisateurs, producteurs qui permettait une distribution de ces films en France. Aujourd’hui cette imbrication des deux grandes familles de cinéma n’existe plus et on peut le déplorer. Je crois qu’il y a peut-être quelque chose à faire en termes de lobbying et de législation pour remettre en place cette collaboration qui était si productive à une certaine époque.


- Votre film italien préféré ?
- J’aime beaucoup les films italiens, Le Guépard de Visconti c’est un film que m’a beaucoup touché. J’aime aussi les réalisateurs contemporains comme Nanni Moretti, il y a quelques années je me suis même acheté un scooter pour être comme lui en Caro Diario.

- Revenons au Festival. Que représente pour vous présider ce jury ?
- C’est la première fois comme préside un jury et j’ai envie de m’immerger dans ce festival qui a la grande force de représenter la diversité du cinéma italien d’aujourd’hui. Comme président je m’intéresserai aussi à la distribution de ces longs métrages. Après chaque séance; je demanderai aux organisateurs si le film est distribué en France car, pendant un festival, il se peut que on voit un film que les français ne verront jamais car il n’a pas de distributeur. Le rôle d’un jury c’est d’aider les réalisateurs à le diffuser. Il faut que le film soit vu, on fait un film pour qu’il soit vu.

- Quels seront donc vos critères personnels de choix ?
- Quand je vais au cinéma je ne veux rien savoir. La lumière  s’éteint, le rideau se lève et je découvre le film. Avant d’être président je suis spectateur et comme tel je veux d’abord rentrer dans l’histoire et oublier que je suis au cinéma… J’ai des goûts très éclectiques, j’aime les histoires d’amour, les comédies, les drames, peu importe, mais il faut que je sois touché par le film et que j’oublie que je suis au cinéma. Je suis  assez exigeant mais si je rentre dans l’histoire je n’ai aucun préjugé…  

- Quels sont vos projets futurs ?
- J’attends les César du 26 février pour en parler. Fabrice Lucchini y est nominé comme meilleur acteur du dernier film que j’ai produit, l'Hermine.

- Pourquoi aimez-vous autant la Corse?
- Parce que la Corse est moderne et vivante et, aujourd’hui plus que jamais,  elle a montré qu'elle aime le changement. Son peuple est pour le mouvement et va toujours de l’avant et le contexte politique en est bien la preuve. Aux dernières élections les Corses ont donné une leçon de démocratie historique qui n’a pas d’antécédents en France. La Corse est un pays moderne et dynamique contrairement à l’image qu’on peut en avoir d’elle à l’extérieur et je l’aime car c’est un pays immensément moderne.





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