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Marie-Claire Poggi/Jean-François Mattei : « Cette élection est l’occasion de refonder toutes les forces de gauche »


Rédigé par Nicole Mari le Lundi 12 Septembre 2016 à 21:12 | Modifié le Mardi 13 Septembre 2016 - 00:01


Le binôme de la majorité départementale a déclaré officiellement sa candidature, lundi soir, à Lupinu, pour l’élection cantonale partielle du 3ème canton de Bastia, qui se tiendra les 2 et 9 octobre prochains. Il est incarné par la Tattiste, Marie-Claire Poggi, conseillère sortante, ex-binôme de son désormais adversaire José Gandolfi, et le PRG Jean-François Mattei, ex-candidat suppléant dans le 2ème canton lors du précédent scrutin. Avec comme suppléants : Nicole Barseni, directrice d’école, adhérente du MCD (Mouvement Corse Démocrate), et Nicolas Vincensini pour le PRG (Parti des Radicaux de Gauche). Le binôme, né d’une union de dernière minute entre le MCD, le mouvement de François Tatti, et le PRG officiel d’Alex Alessandrini, en rupture avec le duo historique du PRG bastiais Joseph Martelli/Anne-Marie Piacentini, se présente comme la candidature de l’union de la gauche. Explications croisées, pour Corse Net Infos, de Marie-Claire Poggi et Jean-François Mattei.


Le binôme de la majorité départementale, Marie-Claire Poggi (MCD) /Jean-François Mattei (PRG), entouré des suppléants, Nicole Barseni (MCD) et Nicolas Vincensini (PRG).
Le binôme de la majorité départementale, Marie-Claire Poggi (MCD) /Jean-François Mattei (PRG), entouré des suppléants, Nicole Barseni (MCD) et Nicolas Vincensini (PRG).
- Pourquoi avez-vous décidé de vous représenter, mais pas dans la même configuration ?
- Marie-Claire Poggi : Je suis conseillère départementale sortante et c’est assez naturellement que j’ai décidé de retourner à cette élection. Pas dans la même configuration effectivement. J’ai lancé, en juillet, lors de l’invalidation de l’élection, un appel de rassemblement à gauche qui a été entendu par le PRG qui s’est réuni et a décidé de faire l’union avec nous.
- Jean-François Mattei : Je n’ai pas décidé de me présenter. C’est mon parti, à savoir le Parti des radicaux de gauche (PRG), notamment le comité directeur qui a décidé de ma candidature. Je ne suis pas novice en la matière car, en 2015, j’étais déjà candidat sur le 2ème canton de Bastia avec l’aval de mon comité directeur. L’union, qui est celle des forces de gauche, n’a rien d’extraordinaire ! Ce n’est pas un attelage brinquebalant, mais deux partis de gauche, avec des hommes et des femmes de gauche. Pour moi, et je pense pour les électeurs, ce n’est pas une surprise !
 
- Qu’est-ce qui a motivé cette union ?
- Marie-Claire Poggi : Le contexte politique, je ne sais pas si vous avez vu, bouge beaucoup en ce moment ! A tous les niveaux ! Depuis l’année dernière, il a largement changé. Comme Jean-François, comme Nicolas, comme Nicole, je suis une femme de gauche. Très naturellement, il me semble qu’il faut qu’on refonde la gauche, qu’on reparte à gauche. Cette élection est l’occasion de refonder toutes les forces de gauche et d’essayer d’avoir un élan parce qu’il faut, tout bêtement, repartir sur d’autres bases.
 
- Votre parti, le PRG, est-il le moteur de cette union ?
- Marie-Claire Poggi : Non ! J’ai lancé un appel au moment de l’invalidation. Au PRG, ils sont grands ! Ils ont un bureau, un comité directeur et ils ont décidé de répondre à cet appel-là ! Personne n’a pris le dessus sur l’autre. Il y a eu des discussions au sein des mouvements, puis nous nous sommes mis à travailler ensemble. Cela nous a permis au mois d’août de travailler sur un programme, des projets…
 
- Ce sont les instances officielles du PRG qui ont fait l’union avec le MCD, pas tout le PRG. Que vous inspire cette situation ?
- Jean-François Mattei : Il n’y a pas 2 ou 3 PRG, mais un PRG avec un comité directeur, un président, un vice-président, un trésorier… comme dans tous partis. C’est le PRG dans son ensemble qui a décidé de faire l’union de la gauche.
 
-  Il y a quand même d’autres candidats issus historiquement du PRG sur ce canton, comme le duo Martelli/Piacentini. Vous ne pouvez l’ignorer ?
- Jean-François Mattei : Nous sommes dans une élection républicaine et démocratique. Tout le monde a le droit de se présenter, mais il n’y a que deux candidats sous l’étiquette PRG : Nicolas Vicensini et moi-même.
 
- Il y a au moins trois listes de gauche, plus une candidature PS, cela ne risque-t-il pas de fracturer votre électorat ?
- Jean-François Mattei : Chacun se positionnera, chaque électeur votera pour le candidat qu’il a envie de voter. Nous ne voulons pas entrer dans une polémique. Il y a, certes, plusieurs listes de gauche, mais je reste persuadé qu’au 2nd tour, l’union va se faire. Dans un avenir assez proche, l’union de toutes les forces de gauche et de tous les gens de gauche se fera.
 
- Appellerez-vous à l’union des forces de gauche au 2nd tour autour de la liste qui arrivera en tête au 1er tour, même si ce n’est pas la vôtre ?
- Jean-François Mattei : J’ai bien été clair. Nous soutiendrons le candidat de gauche qui arrivera en tête pour le 2nd tour.
- Marie-Claire Poggi : Nous la soutiendrons parce que nous voulons que la gauche gagne !
 
- Le taux de participation s’annonce très faible. Craignez-vous le désintérêt des électeurs pour ce scrutin ?
- Marie-Claire Poggi : Un taux de participation faible n’est bon pour personne ! Ni pour la démocratie en général. Il faut que les gens aillent voter, quelques soient les élections. Notre travail de terrain, quand nous rencontrons les gens dans la rue, c’est déjà de leur expliquer qu’il y a une élection et qu’il faut aller voter. C’est à nous de les convaincre et de les mobiliser.
 
- Quel est, pour vous, l’enjeu de cette élection qui ouvre sur un mandat court d’à peine un an ? Que comptez-vous faire, si vous êtes élus ?
- Jean-François Mattei : Nous ne sommes pas encore élus, nous verrons quand nous le serons. A ce moment-là, nous nous réunirons pour peaufiner les projets que nous avons déjà mis en commun. Mais, en un an, nous serons rattrapés assez rapidement par le sablier, par ce temps qui passera très vite.
 
- Quels projets ?
- Marie-Claire Poggi : Nous avons axé nos engagements concrets autour de cinq priorités : le développement économique à travers les projets de la requalification de l’avenue de la Libération et le port de la Carbonite qui sera, obligatoirement, générateur d’emplois. Ensuite, la politique d’aide sociale, la nécessaire transparence dans les attributions au niveau du logement social et la réhabilitation du bâti ancien dans les immeubles de ces quartiers qui sont à majorité à vocation sociale. Egalement, la création d’infrastructures sur les hauteurs, par exemple une maison des services publics dans le quartier de Monserato et de Fort Lacroix où il n’y a rien, peut-être même une école. Ce n’est pas une compétence directe du département, mais il a son mot à dire et sa touche à apporter. Ce sont tous ces projets-là que nous nous ferons fort d’expliquer au sein de la majorité départementale que nous rejoindrons facilement si nous sommes élus puisque nous avons déjà son soutien. Nous travaillerons avec tous les autres conseillers départementaux dans cette optique-là sur le canton.
 
- Ce mandat sera focalisé sur la Collectivité unique, donc la suppression des départements. Quelle est votre position sur le sujet ?
- Marie-Claire Poggi : La collectivité unique est en marche, mais elle a, il me semble, beaucoup de mal à avancer. Les ordonnances, la semaine dernière à la CTC (Collectivité territoriale de Corse), n’ont pas eu l’air d’être très bien comprises. Je ne sais pas si la collectivité unique se fera, mais pour nous il y a une loi et nous l’appliquons. Ce qui nous préoccupe, ce sont les équilibres territoriaux parce que Bastia ne doit pas être laissé-pour compte, et la protection des salariés qui se posent des questions.
- Jean-François Mattei : Au PRG, nous sommes des Démocrates, des Républicains, nous considérons que nous sommes régis par des lois. Nous sommes des gens de dialogue et d’ouverture. Si la collectivité unique doit se faire, elle se fera, le tout est qu’elle se fasse le mieux possible pour que chacun y trouve son compte. La seule chose que je regrette, d’un point de vue personnel, est qu’elle n’ait pas donné lieu à un référendum citoyen pour que les gens se positionnent.
 
- La campagne sera courte. Pensez-vous franchir le cap du 1er tour ou même arriver en tête ?
- Marie-Claire Poggi : Vous en connaissez beaucoup des gens qui partent à une élection en disant qu’ils vont perdre ? Bien sûr qu’on va gagner ! On espère gagner ! On y mettra tous les moyens. On va se mobiliser. On est déjà sur le terrain. On va continuer à l’être. On va essayer de convaincre de ce qu’on veut apporter, de ce qu’on peut donner. Oui, je pense qu’on peut gagner !
- Jean-François Mattei : De toute façon, on ne part pas pour perdre ! Je n’ai pas de dons divinatoire, je dirais seulement que nous expliquons le travail à mettre en œuvre et que nous essayons de convaincre les gens de la bonne foi de notre démarche.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 

Présentation de la liste, square Victor Hugo, à Lupinu, en présence notamment de François Orlandi, président du Conseil départemental de Haute-Corse, et de François Tatti, président du MCD et de la CAB (Communauté d'agglomération de Bastia).
Présentation de la liste, square Victor Hugo, à Lupinu, en présence notamment de François Orlandi, président du Conseil départemental de Haute-Corse, et de François Tatti, président du MCD et de la CAB (Communauté d'agglomération de Bastia).



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