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Marc-André (3 ans) né sans avant-bras à Bastia : Sa mère accuse


Rédigé par le Mercredi 5 Mars 2014 à 18:11 | Modifié le Samedi 7 Février 2015 - 18:20


Marc-André, 3 ans, est le troisième enfant de Lucie Santucci une jeune femme de 34 ans qui a décidé, il y a quelques jours, de faire connaître le drame qui est le sien depuis la naissance de son fils, venu au monde dans une clinique privée de Bastia sans avant-bras gauche ! Aujourd'hui, face au silence persistant que l'on oppose à sa demande d'explications, elle pose, publiquement, la question de savoir pourquoi cette malformation n'a pas été décelée lors des dix échographies effectuées par les deux gynécologues qui l'ont suivie durant sa grossesse.


Marc-André (3 ans) né sans avant-bras à Bastia : Sa mère accuse
"Pour moi ça été le KO total"
Nous sommes le 15 Février 2011. Une drôle de Saint-Valentin pour Lucie Santucci qui, au terme d'une césarienne, vient de mettre au monde un petit garçon.
"Votre petit a un problème de fabrique" lui affirme le médecin.
C'est l'angoisse pour la jeune femme, déjà mère de deux enfants de 16 et 11 ans. Une angoisse justifiée puisque quelques instants plus tard elle découvre que son fils est venu au monde sans… avant-bras gauche.
Et le fut KO total.
" On n'est jamais préparé à ce genre de choses. Outre le choc qu'il a fallu surmonter - j'ai mis plus de 24 heures à accepter de prendre connaissance de son état que je ne voulais pas voir - les deux gynécologues de la clinique Maymard ont essayé de trouver plusieurs explications" raconte t-elle aujourd'hui quand elle évoque cette journée qui a marqué sa vie à jamais.

Avec son avocate actuelle - Me Vannina Cervoni - la jeune femme d'Oletta a sollicité les deux gynécologues à plusieurs reprises mais les demandes d'explications restent lettre morte et les courriers demeurent sans réponse. D'où l'action qu'elle vient d'engager devant le tribunal de grande instance de Bastia.

 

- C'est la raison de votre action?

- Ce genre de choses ne doit plus arriver aujourd'hui. Nous sommes au 21e siècle et même si l'on sait que l'appareil échographique n'est pas une science exacte à 100%, j'estime que tout parent a le droit de savoir si son enfant est porteur d'un handicap ou pas. Après il lui appartient de faire face ou pas. J'estime, que dans mon cas, avec des appareils aussi perfectionnés et notamment deux médecins qui suivent la même grossesse, l'on m'a menée en bateau. 

 

- Rien n'a été décelé ?

- Ils soutiennent avoir vu le bras, l'avoir mesuré mais moi je me pose la question de savoir comment l'on peut voir quelque chose qui n'existe pas ! Si je sollicite les médias aujourd'hui c'est parce que nous avons un rapport d'expertise qui démontre plusieurs négligences de la part des deux médecins. On ne fait pas les choses gratuitement. On ne les agresse pas inutilement. Moi je veux qu'ils comprennent qu'ils ont commis une erreur monumentale, que cela ne doit plus arriver et que cette erreur c'est quelque chose qui fait mal aux familles et qui va très certainement faire très mal à mon enfant. Même s'il y a des avancées au niveau des prothèses, tout le monde sait bien que lorsque dans la société d'aujourd'hui l'on sort de la normalité, on est quand même regardé d'une drôle de façon. Vous imaginez ce que Marc-André va subir lorsqu'il va entrer à l'école sans sa prothèse qu'il refuse, et tout au long de sa vie jusqu'à ce qu'il soit en âge de se défendre.

 

- Qu'est ce qui selon vous n'est pas tolérable dans cette affaire ?

- J'aimerai que tout cela ne se reproduise plus. J'aimerai bien que les médecins fassent davantage attention et qu'ils reconnaissent leur erreur relevée par un expert judiciaire - le docteur Francis Carlus de Perpignan. Notre action ce n'est pas du vent. Elle n'est pas davantage engagée pour leur faire du mal, mais quand je vois que deux personnes hautement qualifiées se permettent de faire comme si rien n'était, comme si c'était une simple erreur dans leur parcours, permettez que je sois outrée. Ils n'ont pas le droit de prendre une décision à la place des gens et ça ce n'est pas tolérable. Maintenant les ennuis vont commencer pour nous. La plage, l'école, le regard des gens : quand l'on est maman, avec le caractère que j'ai de surcroît, cela ne nous réjouit pas, mais on va être obligé de faire face car on n'a pas le choix.

 

- Qu'attendez vous de votre action ?

- Je ne demande pas que l'on soit favorable à mon cas. Je demande qu'il y ait une justice. Et que les choses soient faites concrètement. Positivement. Visiblement. Mais ils refusent nos sollicitations Le rapport du docteur Carlus, qui souligne que l'on a affaire à deux excellents médecins, relève qu'ils ont manqué à leurs devoirs à plusieurs reprises et qu'il y a des négligences et des incohérences qu'eux-mêmes n'expliquent pas. 

 

- Votre sortie de la clinique ?

- On m'a volé mon accouchement. Quand on se retrouve face à ce handicap on est surpris et choqué, ça fait mal. Je me suis projetée dans l'avenir, j'ai imaginé les prothèses, la vie de tous les jours etc. Il m'a fallu du temps pour accepter. Maintenant mon fils c'est l'amour de ma vie. J'en suis dingue mais j'ai encore du mal à me confronter à son handicap. Comment va t-il couper sa viande, lacer ses chaussures ? 

 

- Que va t-il se passer à présent ?

- Depuis le mois de Novembre nous avons assigné les médecins en justice. Nous sommes en Mars mais nous n'avons pas toujours de réponse de leur part.

 

- Vous avez été confrontée aussi à la critique...

- Quand on fait des démarches comme la mienne l'on s'attend toujours à ce qu'il y ait des retours positifs et négatifs.  Il y a des gens qui vont comprendre parce qu'elles ont été confrontées à des cas similaires et d'autres qui vont dire "oui mais, oui mais". Je les mets au défi de venir me le dire en face. Et d'imaginer ce que j'ai vécu, après que j'ai perdu il y a 10 ans,  quand, le ventre, ouvert on m'a annoncé que mon fils avait un défaut de fabrique ! Lorsqu'ils auront vécu la même chose ils pourront venir en discuter avec moi. Pour l'instant on suppose les choses, mais c'est facile de les supposer. Pour ce qui me concerne, je n'ai pas peur de marcher et de me lever. Je ne suis pas là pour les assassiner mais plutôt pour faire passer un message : celui qu'à l'avenir les médecins soient plus consciencieux dans leur travail. Il n'y pas pas d'attaque. Il y a un ressenti. Une histoire fondée et constatée.






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