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Littoral de la plaine orientale : Les hôteliers obtiennent gain de cause


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 13 Décembre 2013 à 00:55 | Modifié le Vendredi 13 Décembre 2013 - 11:21


La mobilisation a payé. Le préfet de Haute-Corse, Alain Rousseau, vient d’accéder aux demandes des professionnels du tourisme de la Plaine orientale qui, de Lupino à Solenzara, sont montés au créneau pour protester contre le rapport très controversé du BRGM. Ce dernier, censé préconiser les mesures à prendre pour stopper l’érosion du littoral, provoque, depuis sa parution en juillet, la colère et la fronde des socioprofessionnels et des riverains. La pétition, sur Change.org, intitulée : « Sauvons les plages de la côte orientale de Haute-Corse », a déjà recueilli plus de 4500 signatures.


Littoral de la plaine orientale
Littoral de la plaine orientale
Mardi soir, lors d'une réunion avec les hôteliers de l'UMIH (Union des métiers de l’industrie hôtelière) auxquels s’était jointe une habitante de Moriani Plage dans une partie de la maison se retrouve les pieds dans l’eau salée, le préfet de Haute-Corse a surpris tout le monde. Il a, à l’encontre du rapport controversé du BRGM auquel il avait, d’abord, adhéré, donné raison aux frondeurs sur la plupart des points litigieux. Il leur a accordé ce qu'ils demandaient dans l'immédiat, c'est-à-dire une Autorisation d'occupation temporaire (AOT) du domaine public, afin d'enrayer l'érosion par des méthodes douces. Une AOT est un instrument juridique qui permet à l'Etat d'accorder, à un tiers, un droit réel sur son domaine pour construire un ouvrage.

Des méthodes douces
« Le préfet est la seule personne qui a véritablement pris le temps de comprendre l’étendue et l’importance du dossier. Les maisons ou les établissements les plus menacés par l’érosion vont pouvoir en urgence faire les réparations nécessaires pour protéger les plages par des méthodes douces », se félicite Don Louis Ciprani, propriétaire du camp de vacances de Cap Sud, situé sur la commune de Venzolasca, l’une des plus fortement impactée par le phénomène d’érosion.
Depuis la médiatisation de la fronde, le préfet, géographe de formation, n’a, effectivement, pas chômé. Il a visité, incognito, la totalité des établissements de bord de mer pour prendre l’exacte mesure de la situation et a, donc, permis, aux socioprofessionnels et aux particuliers les plus touchés, de poser, à leurs frais, de gros sacs de sable, des boudins et des ganivelles de bois pour retenir la plage. Il n’a pas autorisé les enrochements ou les barrières en dur.
 
Des financements à trouver
Si la nouvelle est aussi positive qu’inattendue, le problème n’est pas clos pour autant. L’autorisation préfectorale n’est que provisoire. Elle durera le temps qu’Alain Rousseau se rapproche des maires des communes les plus touchées afin de constituer une structure collective ou un Comité de pilotage. Son but est d’essayer de trouver des crédits et de déposer, à la fois, un dossier technique et un dossier de financement pour obtenir des fonds européens. Ces fonds permettraient d’effectuer des travaux plus conséquents, de créer des structures pérennes de protection du littoral et de régler les problèmes posés par la digue de la CNPO et par le port de Campoloro qui pourrait être réaménagé.
Le Préfet a averti qu’il faudrait, néanmoins, un certain temps avant d’obtenir ces financements.

Deux menaces à craindre
Rien n'étant définitif, les professionnels et les riverains ont, plus que jamais, besoin des élus pour contrecarrer deux dangers latents. Le premier est l’intégration possible du rapport du BRGM et de ses préconisations dans le PADDUC (Plan d’aménagement et de développement durable de la Corse). Ce dernier, étant opposable aux tiers, le rapport aurait force de loi. Le second est le laissez-faire qui condamnerait à mort le tourisme et les emplois induits en Plaine orientale.
 
Des élus à impliquer
Les hôteliers se sont manifestés auprès du président de l’Exécutif territorial, Paul Giacobbi, de la conseillère exécutive en charge du PADDUC, Maria Guidicelli, et surtout de la présidente de l’Agence de tourisme de la Corse, Vanina Pieri, qui n'ont, ni répondu au courrier, ni daigné les recevoir ! Seuls, le président du Conseil général de Haute-Corse, Joseph Castelli, le président de l’association des maires, Ange-Pierre Vivoni, et des maires des communes concernés se sont impliqués pour les soutenir et les accompagner.
Aussi la mobilisation ne désarme-t-elle pas ! Les acteurs touristiques sont en train de créer une association de défense du littoral de la Plaine orientale qui sera ouverte à tous les personnes concernées. Ils sont prêts à aller encore plus loin s’il le faut !
Affaire à suivre…
 
N.M.
 
A lire également sur notre site :
 
- Haute-Corse : L’Etat veut-il sacrifier le littoral de la plaine orientale ?
Lien : http://www.corsenetinfos.fr/Haute-Corse-L-Etat-veut-il-sacrifier-le-littoral-de-la-plaine-orientale_a5226.html
 
- Littoral de la plaine orientale : Le Préfet rassure et met en garde
Lien : http://www.corsenetinfos.fr/Littoral-de-la-plaine-orientale-Le-prefet-rassure-et-met-en-garde_a5244.html
 
- Littoral de la Plaine orientale : Une stratégie à risques !
Lien : http://www.corsenetinfos.fr/Littoral-de-la-Plaine-orientale-Une-strategie-a-risques_a5391.html
 
- Une pétition en ligne pour sauver les plages de la Côte orientale
- http://www.change.org/petitions/sauvons-les-plages-de-la-c%C3%B4te-orientale-haute-corse

- Rapport du BRGM
- http://infoterre.brgm.fr/rapports/RP-61650-FR.pdf
 
 



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