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Libération de la Corse : « …Il faut allumer les grandes dates comme on allume des flambeaux ».


Rédigé par le Lundi 21 Octobre 2013 à 18:12 | Modifié le Mercredi 23 Octobre 2013 - 01:56


70ème anniversaire. « …Il faut allumer les grandes dates comme on allume des flambeaux ». L'ANACR de Corse-du-Sud a tiré le bilan de la célébration du 70ème anniversaire de la Libération de la Corse. Voici le fruit de sa réflexion.


Libération de la Corse : « …Il faut allumer les grandes dates comme on allume des flambeaux ».
Jamais anniversaire décennal de l’insurrection-libération de la Corse ne fut célébré avec autant d’éclat : cérémonies officielles de l’insurrection le 9 septembre suivies par celles présidentielles du 4 octobre, le tout bien orchestré par L’Elysée, les préfectures et les ONAC de Corse.1
Oh, il y eut bien quelques ratés comme l’omission de Petreto-Bicchisano ; sans exiger que le Président s’y rende, la Résistance de ce village, honorée par la Nation, aurait pu y être évoquée dans son discours dans l’Alta Rocca pourtant si proche. Autre omission : celle du drapeau corse aux côtés de celui de la France et de l’Europe à la mairie de Bastia ; prurit cocardier malséant tant la Résistance corse a confondu dans une même motivation de son combat l’amour de la grande et de la petite patrie. 
Même déni d’histoire de la part des indépendantistes, mais cette fois, pour nier la volonté quasi unanime des Corses de rester Français qui fut le ressort principal de la Résistance. Tout en témoigne de bout en bout, depuis Le serment de Bastia de décembre 1938 jusqu’à l’engagement de 22 classes d’âge pour continuer le combat hors de l’île quand cette dernière fut libérée. En fait, pour ne pas participer aux commémorations, ce sont des arguments spécieux qu’ils ont avancés : « la récupération de l’évènement par l’administration, préfectorale notamment » ou autre argutie : puisque « l’histoire de la libération de la Corse a été occultée depuis 70 ans par la France, il ne saurait être question de cautionner une manifestation alibi ».
Heureusement, ce n’est pas ce que retiendra la Corse de ce 70ème anniversaire, mais bien l’hommage de la Nation à la Corse qui a eu « la fortune et l’honneur d’être le premier morceau libéré de la France ». Avant que ne soient célébrées les grandes dates du 70ème  anniversaire de la libération du pays en 2014, le rappel de celle de la Corse était bien utile pour les médias et les éditeurs de manuels scolaires qui l’omettent souvent. Et puis, en ces temps de basses eaux républicaines, le souvenir de la Résistance et de ses valeurs viennent à point nommé parce que « les souvenirs sont nos forces. Ils dissipent les ténèbres » affirme Victor Hugo. « Ne laissons pas s’effacer les anniversaires mémorables. Quand la nuit essaye de revenir, il faut allumer les grandes dates comme on allume des flambeaux »
Ce qu’on aura retenu aussi, ce sont quelques grandes figures de la Résistance insulaire rappelées dans les discours et dans les médias. Si certain(e)s d’entre eux (elles) sont souvent honoré (e)s, c’est parce qu’ils (elles) sont les porte-drapeaux de cette armée de l’ombre dont les soldats, tous, ont droit à notre respect et notre gratitude. Ainsi l’a exprimé dans son émouvant et puissant discours, Léo Micheli, un des derniers survivants de cette belle page d’histoire de la Corse : « La Résistance est une et indivisible ». C’est pourquoi sont vains et dérisoires les portraits hagiographiques érigeant tel Résistant en stratège solitaire, tel autre en chef de guerre, alors qu’il n’y avait pas de chef protestait Arthur Giovoni mais « seulement des responsables… ce beau mot : responsable ». De même, est vain et dérisoire l’accaparement des martyrs pour servir les passions politiques du présent. « Il n’est pas moins déloyal de s’approprier les morts que de les oublier » dit Alain Finkielkraut. Et il n’est pas moins dommageable « d’oublier leur transcendance que d’oublier leur existence ». Jean Nicoli écrit mourir pour la France –celle de 1789, pas celle de Pétain – pour la Corse, pour son parti mais quel plus bel exemple de transcendance et d’universalité que « cette voix qui monte des fers » pour dire par dessus tout : « Je meurs pour les spoliés de la terre ». Un message qui nous  oblige.

70ème Anniversaire Remerciements de l'ANACR 2A

L’ANACR de la Corse-du-Sud avait souhaité que les cérémonies commémoratives du 70èmeLibération de la Corse revêtent un caractère très solennel mais qu’elles impliquent aussi la population, et la jeunesse notamment. A sa demande, un comité de pilotage a été créé qui a produit beaucoup d’idées, initié beaucoup de projets qui se sont concrétisés. C’est la raison pour laquelle l’ANACR 2A tient à remercier Monsieur le Préfet de Corse et ses collaboratrices et collaborateurs pour leur écoute et leur soutien.
L’ANACR 2A tient à exprimer sa gratitude à Monsieur le Maire d’Ajaccio, aux élus et aux personnels municipaux qui ont accédé à toutes nos sollicitations : érection de la stèle en hommage au général De Gaulle sur la place éponyme, confection de banderoles rappelant qu’Ajaccio fut la première ville de France libérée, concert gratuit sur la place De Gaulle le 9 septembre au soir ; mais également d’avoir pris l’excellente initiative d’apposition de panneaux explicatifs dans les rues d’Ajaccio portant le nom des héros de la Résistance et de la libération.
 
Nos remerciements vont aussi à tous les autres maires de Corse-du-Sud qui ont contribué au succès de la commémoration de ce 70ème  anniversaire en organisant ou en contribuant au succès des cérémonies dans leurscommunes.
Nos remerciements vont également à l’ONAC de la Corse-du-Sud pour le dévoilement de la plaque commémorant les supplices des Résistants emprisonnés dans les geôles de la Caserne Battesti et de façon générales pour l’organisation des cérémonies, pleines de dignité et respect, qui ont ponctué ce 70ème
 
L’ANACR de la Corse-du-Sud remercie pour son soutien la Collectivité territoriale de Corse qui s’est beaucoup impliquée pour la réussite de cette célébration, notamment à travers la réalisation d’une exposition.
 
Nos remerciements les plus vifs vont aussi aux autorités académiques, aux enseignants et particulièrement aux élèves qui ont participé de façon studieuse, sincère et originale à cette célébration. Ce qu’ils ont fait constitue pour tous un encouragement à continuer à intervenir auprès d’eux pour susciter curiosité et intérêt pour cette période de l’histoire de leur terre.
 
Nous ne saurions oublier d’adresser nos remerciements et compliments à l’ensemble des médias publics ou privés (Presse écrite, radio et télévision) pour la place qu’ils ont consacrée pendant plus de la moitié de cette année 2013 aux évènements qui marquèrent l’occupation et la libération de la Corse.
 
Pour terminer, l’ANACR 2A tient à souligner que la reconnaissance et le respect de la population s’adressent à l’ensemble de celles et ceux encore en vie qui refusèrent le fascisme, le nazisme et la collaboration. Nous leur devons de vivre libres.
 
 



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