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Les socioprofessionnels lèvent l’occupation des locaux de la Direccte : L’Exécutif de Corse débloque la crise


Rédigé par Jean-François Vinciguerra le Vendredi 1 Avril 2016 à 16:52 | Modifié le Vendredi 1 Avril 2016 - 17:00


La visite de l’Exécutif de Corse a semble-t-il été salutaire auprès du collectif des socioprofessionnels corses qui occupait les locaux de la Direction du Travail. Gilles Simeoni, Jean-Guy Talamoni et Jean-Christophe Angelini ont très longuement écouté les responsables du collectif et ont décidé de leur apporter l’aide indispensable et faire le relais avec les services de l’Etat afin de sortir de cette crise qui, il est vrai, secoue fortement le monde de la petite entreprise. Au terme de longues heures de débats, le collectif, satisfait de l’évolution de la situation, a décidé de quitter les locaux de la Direccte qu’il occupait depuis jeudi matin. Les prochaines assises se tiendront en mai prochain, en présence de la Secrétaire d’Etat chargée du commerce, de l’Artisanat et de l’Economie sociale et Solidaire, Mme Painville


Ils se battent depuis des mois pour apporter leur soutien au « Très petites  Entreprises »  qui constituent en fait 95% des entreprises insulaires. Les TPE broient du noir depuis des années et rien n’est fait pour les sortir de cette crise qui ne finit plus de durer. Les socioprofessionnels, Chambres Consulaires, syndicats des transporteurs, taxis et maintenant la CTC ont unis leurs forces et leur expérience pour venir en aide aux TPE qui, c’est envisageable, peuvent enfin profiter de cette bouffée d’oxygène fraternelle pour commencer à y croire.
Hier, au cours d’une conférence de presse organisée en tout début d’après-midi à la Direccte, MM. Jean-André Miniconi, François Gabrielli, Daniel Felici et l’ensemble des socioprofessionnels, visiblement détendus, se sont exprimés sur cette sortie de crise.
 
Des assises début mai présidées par la ministre
Jean-André Miniconi : « La Chambre de Métiers et la Chambre de Commerce de la Corse du Sud ont décidé de lever l’occupation de la Direccte. Après une nuit de négociations, avec l’appui sans réserve de l’Exécutif de Corse, à savoir, le président de l’Adec, M. Christophe Angelini, le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni et le président de l’Exécutif Gilles Simeoni, nous avons obtenu un certains nombre de points positifs :
 
  • Nous avons enfin eu un diagnostic partagé de la situation des TPE en corse. Il s’agit d’entreprises de moins de 10 salariés qui, je le rappelle, constituent 95% des entreprises corses. Dans ce diagnostic, il ressort que les TPE que sont les commerçants et les artisans (hors auto-entrepreneurs) connaissent de graves difficultés économiques. Les taux de recouvrement des charges sociales sont très au dessus de la moyenne nationale. Ces entreprises ont du mal à payer leurs charges. Les taux de mise en demeure de l’URSSAF sont, pour les indépendants (hors auto-entrepreneurs) deux fois supérieurs à la moyenne nationale. Ce sont des chiffres qui ont été calculés  par les services de l’Etat.  Des chiffres qui, soit dit en passant, rejoignent ceux que nous répétons depuis plus d’un an. 
  • Ce premier document va servir de base à une étude sur des mesures d’urgence à prendre pour ces TPE. Pour ce faire, Mme la Ministre va nous recevoir au cours de la première quinzaine d’avril. Comme nous avons demandé à l’Exécutif de s’impliquer dans ce dossier économique, ce qu’il a fait avec beaucoup de conviction, nous demanderons à être accompagnés par un membre de l’Exécutif.
  • Nous devons à la vérité de dire que ces difficultés peuvent être liées à la crise économique et à la baisse des marges mais également à des événements d’environnement économiques qui ne nous incombent pas. Nous avons en particulier un taux d’auto-entrepreneurs qui, entre 2009 et 2014 a triplé ; il est passé de 2000 à 8000. Cette augmentation très importante peut avoir un effet négatif sur la rentabilité des petits commerçants. Tout simplement parce qu’ils ne sont pas soumis aux mêmes charges sociales.
  • C’est un débat que nous ouvrons et ce n’est pas le seul. Dans les facteurs économiques qui sont en train de contraindre l’économie corse, nous soulignons également le taux de travailleurs détachés, plus important que la moyenne nationale. Nous sommes au deuxième rang des travailleurs détachés.
  • Tous ces dysfonctionnements économiques doivent être réglés. Parallèlement, nous avons demandé au président de l’Exécutif que le développement économique soit inscrit dans une table ronde, au même titre que les trois tables rondes qui ont été décidées avec le premier Ministre, à savoir la spéculation immobilière, les institutions et la langue Corse. Nous demandons que l’économie soit traitée sur le même pied d’égalité. Une lettre a d’ailleurs été envoyée par l’Exécutif. Nous devrions avoir des effets structurants, en clair, nous devons travailler sur un véritable développement économique, et pour les entreprises et pour les salariés. Cela à moyen terme.
  • Pour le court terme, outre les mesures d’urgence que nous réclamons, un protocole d’accord a été signé entre les services de l’Etat et l’assemblée de Corse, sur la tenue d’assises des TPE qui devront se tenir la première semaine de mai. Nous avons un mois et deux commissions (8 avril) pour faire le tour des problèmes spécifiques que peuvent rencontrer  les TPE en Corse. Le président de l’ADEC sera chargé d’animer avec les services de l’Etat, ces réunions. Nous avons d’ailleurs invité Mme la Ministre à présider ces assises.
  • Ce que nous voulons souligner aujourd’hui, c’est la forte détermination des parties en présence, l’union entre les Chambres de Métier et de Commerce, la forte implication de la nouvelle mandature et les organisations patronales régionales. Le problème du statut économique étant en partie politique, il est tout à fait normal que l’Exécutif s’implique dans cette recherche de développement.
 
Victoire prudente, mais victoire quand même !
Daniel Felici : « En tant qu’organisation professionnelle, je me félicite que soit enfin observée la France des TPE, PME entre 1 et 10 salariés. Habituellement, toutes les observations se faisaient sur les entreprises ayant un chiffre d’affaires de 750 000 euros alors qu’en Corse, 95 % des entreprises ont une dizaine de salariés qui n’atteignaient pas ce chiffre. Aujourd’hui on a su mettre en avant que la tranche des TPE était la plus importante, ce qui a fait changer les chiffres que produisent aujourd’hui les services de l’Etat, simplement parce que nous avons été pris en considération. Dès lors, les chiffres ont montrés que nous étions réellement en difficulté. »       
 
François Gabrielli : « Nous, Chambre de Métiers, nous avons soulevé ce problème en septembre dernier lors de notre assemblée générale. Il est agréable qu’aujourd’hui nous arrivions à des résultats aussi satisfaisants. Nous avons été les premiers à tirer la sonnette d’alarme dans la conjoncture très difficile de nos petites entreprises. Notre appel a été entendu et aujourd’hui, c’est une victoire. Prudente certes, mais une victoire. Nous avons un rendez-vous avec Mme la Ministre au sujet des mesures d’urgence à prendre pour nos TPE qui souffrent. Nos assises régionales seront présidées par cette personne. Donc, mettons-nous au travail après tant de satisfactions… »
 
Propos recueillis par J.-F.V.



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