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Les explications de Paul-Antoine Luciani


Rédigé par Vanina Bruna le Lundi 27 Octobre 2014 à 20:36 | Modifié le Lundi 27 Octobre 2014 - 23:10


Ambiance électrique lundi soir pour le dernier conseil municipal présidé par Laurent Marcangeli avant les élections à venir. Vif échange entre le député-maire avec Paul Antoine Luciani, qui privé de parole a fini par quitter la salle avec les autres conseillers d'opposition, présents, à l'exception de José Filippi.


Les explications de Paul-Antoine Luciani
Le dernier donseil municipal a eu lundi soir, dans une ambiance très tendue. Alors que Laurent Marcangeli a ouvert la session sous les applaudissements de ses soutiens (voir par ailleurs), Paul-Antoine Lucciani a demandé la parole avant d'entrer dans le vif du sujet. Alors qu'il s'apprêtait à donner son avis sur différents thèmes à l'ordre du jour, Laurent Marcangeli l'a interrompu.  
Dans une ambiance très tendue, Laurent Marcangeli a accusé Paul-Antoine Luciani de ne pas vouloir entrer dans le débat en ne respectant pas les formes.
Je vous ai demandé la parole, vous me l'avez accordée
- Je vous l'ai donnée, et bien je vous la retire, rétorque aussitôt Laurent Marcangeli, catégorique. Les personnes qui s'étaient déplacés pour soutenir le député-maire en cette soirée un peu particulière ont alors hué Paul-Antoine Luciani. Un échange froid, glacial même entre les deux partis, qui laisse présager une campagne extrêmement tendue.
Paul-Antoine Lucciani a quitté la salle, François Casasoprana, Charles Pieri et Céline Lantieri lui ont aussitôt emboîté le pas.
Pour François Casasoprano "le conseil municipal a été transformé en meeting. C'est dommage. Il faut que le débat se situe à un autre niveau. Les paroles appellent à un débat digne, sur les hauteurs, mais les actes nous amènent dans une logique d'affrontement et des manoeuvres crasses. Ajaccio mérite mieux que cette campagne, sale, qui s'annoncent."

La réaction de Paul-Antoine Luciani

 "J'avais prévu de quitter le débat à la fin du discours, je le disais à la fin. C'est un débat spécial, c'est une séance spéciale. La dernière séance du 6 mars avant les élections, ils ne sont pas venus. Ils l'ont boycottée. Nous nous sommes venus, pour dire au revoir, mais nous sommes venus quand même. Nous aurions pu ne pas venir. Sur les onze, nous n'étions que quatre. Les autres ont choisi de ne pas venir pensant qu'il y aurait cette ambiance. Mais nous cette ambiance nous l'avons affrontée.
On a entendu les noms d'oiseaux. Ils avaient leur petite troupe autour d'eux, leur groupuscule. Ça ne va pas nous impressionner quand même, mais vous avez entendu les insultes. Après il dit, « la dignité, la dignité » mais pendant ce temps la, on lance des insultes... 
Mon texte durait trois minutes, même pas, mais je pense que ce qui le dérange, c'est le rappel qu'ils sont minoritaires à Ajaccio, ils ont eu 12 301 voix, il y a 13 850 électeurs qui ont voté contre eux. C'est un rappel qui est insupportable. Ils ont eu une majorité au résultat électoral, mais ce n'est pas la majorité de l'opinion ajaccienne. Le peuple d'Ajaccio n'est pas avec eux.
Après, la grossièreté d'interrompre alors qu'il a donné la parole, il vous la reprend, c'est une attitude un peu dictatoriale, que tout le monde jugera.  
J'avais le droit de parler, j'ai demandé la parole, il me l'a accordée. C'est donc bien qu'il était d'accord. Ce qui l'embête, ça n'est pas le fait que je parle, c'est ce que je dis. Sur le fond, tout était dans le texte, notre avis sur les frais supplémentaires, sur le port, sur la SPL tout est dans le texte. Nous sommes allés en commission, nous avons fait des observations, nous avons même fait bouger certaines choses en commission. I
Ils donnent des leçons aujourd'hui, ils ne sont jamais venus une seule fois en commission.
  Quant au fait qu'il m'accuse de ne pas prendre mes responsabilités, je lui dirai que depuis 40 ans je les prends mes responsabilités, je milite moi, au parti communiste, et c''est plus difficile que d'être le petit parrain de M. Copé ou de M. Franscici… Alors qu'il en fasse autant avant de parler de fuir les responsabilités. Moi j'assume les miennes.

Le texte de Paul Antoine Luciani, au nom des élus de l'oppostion présents en séance

"C''est aujourd'hui la dernière séance de votre mandature. Nous aurions pu prendre la posture qui avait été la votre le 6 mars dernier à l'occasion de la dernière séance de la mandature précédente et refuser de siéger aujourd'hui, mais ce n'est pas une surprise nos choix ne sont pas les vôtres! 
Nous avons tenu en premier lieu à marquer par notre présence, le point final du parcours majoritaire que vous aviez amorcé le 30 mars. Un point final anticipé qui vous est imposé par une décision de justice; une justice dont nous voulons saluer le service éminent qu'elle a  rendu au suffrage universel. 
Nous avons également voulu relayer au sein d une assemblée qui représente toute la communauté ajaccienne, un sentiment très largement partagé dans la population. 
Cette dernière séance intervenant après 7 mois de mandat, pourra peut être susciter chez vous et chez les 12 301 électeurs qui ont voté pour vous,  un sentiment confus mêlé de nostalgie et d amertume. Mais pour nous et certainement aussi pour les 13 812 électeurs qui n ont pas voté pour vous, cette dernière séance sera ressentie comme un commencement, un nouveau départ,  une nouvelle chance... Nous avons voulu exprimer ici maintenant,  cette confiance dans l'avenir d Ajaccio. 
Nous avons  voulu enfin achever notre travail d'opposants constructifs. De votre  côté vous avez annoncé urbi et orbi, votre démission et celle de votre majorité à l'issue de cette réunion.  Cette annonce donne un relief très particulier à cette ultime session.  Elle pourrait même occulter les conséquences préjudiciables des décisions que vous allez prendre avant  de partir.  Nous souhaitons donc donner sommairement mais précisément,  notre avis sur certains points essentiels. 
C est aujourd'hui la dernière séance de votre mandature.  Nous aurions pu prendre la posture qui avait été la votre le 6 mars dernier à l occasion de la dernière séance de la mandature précédente et refuser de siéger aujourd'hui, mais ce n'est pas une surprise nos choix ne sont pas les vôtres! 
Nous avons tenu en premier lieu à marquer par notre présence,  le point final du parcours majoritaire que vous aviez amorcé le 30 mars. Un point final anticipé qui vous est imposé par une décision de justice; une justice dont nous voulons saluer le service éminent qu elle a  rendu au suffrage universel. 
Nous avons également voulu relayer au sein d une assemblée qui représente toute la communauté ajaccienne, un sentiment très largement partagé dans la population. 
Cette dernière séance intervenant après 7 mois de mandat, pourra peut être susciter chez vous et chez les 12 301 électeurs qui ont voté pour vous,  un sentiment confus mêlé de nostalgie et d amertume. Mais pour nous et certainement aussi pour les 13 812 électeurs qui n ont pas voté pour vous, cette dernière séance sera ressentie comme un commencement, un nouveau départ,  une nouvelle chance... nous avons voulu exprimer ivi maintenant,  cette confiance dans l'avenir d'Ajaccio. 
Nous avons  voulu enfin achever notre travail d'opposants constructifs.  De votre  côté vous avez annoncé urbi et orbi, votre démission et celle de votre majorité à l'issue de cette réunion.  Cet te annonce donne un relief très particulier à cette ultime session.  Elle pourrait même occulter les conséquences préjudiciables des décisions que vous allez prendre avant  de partir. Nous souhaitons donc donner sommairement mais précisément,  notre avis sur certains points essentiels. 
Le budget supplémentaire : il est particulièrement éloquent. On ne peut plus dire que vous êtes contraints par les effets de la gestion précédente. Vous avez dénoncé durant 13 ans le poids exorbitant des frais de personnel s dans le budget communal.  Et vous avez à longueur de séance,  depuis 7 mois,  dénoncé l'impossibilité où vous vous trouviez de faire face aux obligations financières de la commune. On constate page 7  du rapport de présentation que précisément dans les 7 petits mois de votre mandature, et sous votre responsabilité exclusive, les frais de personnels font un bond spectaculaire de 873 745 euros, soit 1.51% de la masse globale du chapitre 012 ! Mais en année pleine, cette dépense globale s'élèvera sans doute à 1 400 000 euros et à près de 3% de cette masse! Dans les caisses d'une ville ruinée par vos prédécesseurs, il y avait encore apparemment quelques fonds de tiroirs suffisamment garnis pour réaliser ce que vous appelez, sans autres précisions (je vous cite) "un certains nombres de recrutements"...
S'agissant de l'indemnisation des 15 commerçants lésés par la construction d'un parking (une indemnisation que nous avions prévue en installant une commission spéciale à cet effet) nous constatons que vous n'avez eu aucune peine à trouver les crédits nécessaires: ils figurent dans le budget supplémentaire du stationnement. Car, contrairement à ce que vous avez occulté en dénonçant les choix financiers de notre équipe. le budget du stationnement est bien équilibré en recettes et dépenses; que ses recettes proviennent des usagers (et non des contribuables) et qu'elles permettent de régler globalement, dans l'immédiat 450 000 euros aux commerçants impactés! Dans ce cas encore, la ville ruinée que vous avez dépeinte et décriée vous permet de faire face à d'importantes et nécessaires obligations...
S'agissant du budget supplémentaire du Port de plaisance, nous constatons que les dénonciations virulentes et inacceptables ont fait place à un discours plus raisonnable. Nos protestations et nos répliques n'y sont pour rien évidemment!
La création d'une société publique locale ne suscitera pas de débat particulier, car la délibération que vous proposez n'aura sans doute pas d'effet concret dans le calendrier que vous annoncez, la CAPA étant pour le moment, dans l'incertitude quant à sa capacité de délibérer valablement, après votre démission... On remarquera que la commission des finances a rectifié, grâce à l'intervention de Charly Cervetti, l'imputation comptable qui interdisait de financer cet outil. Un outil, utile sans doute, mais dont on peut craindre qu'il génère, dès sa création plus de dépenses que de recettes. En tout état de cause, vous avez trouvé, dans les caisses vides de la ville, les premiers 260 000 euros nécessaires pour le financer. 
S'agissant du patrimoine foncier communal, nous refusons catégoriquement qu'un particulier, quel qu'il soit, exige à des fins d'occupation privée, le déclassement d'une parcelle, si petite soit elle, du domaine public communal. Je me suis largement exprimé sur ce point en commission; mais, même si vous ne retirez pas ce projet de délibération de l'ordre du jour, comme je vous l'ai demandé, votre décision ne sera pas suivi d'effet.
Cette observation vaut également pour le projet de protocole avec l'Etat concernant la Citadelle où, manifestement vous avez accepté de vous engager dans la vois sans issue de l'acquisition, à titre onéreux, de ce joyau, en oubliant que le préfet Erignac avait demandé et obtenu que la Citadelle de Bonifacio soit cédée à Collectivité territoriale de Corse au franc symbolique.
Ces observations très concises suffisent à vous indiquer notre rejet de votre budget supplémentaire, nos réserves sur les autres budgets, et notre accord pour une indemnisation équilibrée des commerçants, d'autant qu'ils peuvent s'attendre à des difficultés supplémentaires, du fait de l'abandon unilatéral, irréfléchi et coûteux, du parking Campinchi.
Voilà Monsieur le Maire en quelques mots, ce que nous souhaitions vous dire au sujet de l'ordre du jour de ce dernier conseil. Nous allons vous laisser conclure entre vous cette mandature que la justice a , fort heureusement, interrompue. Car selon nous, si votre passage à l'éxécutif municipal a été bref, il a aussi été négatif pour Ajaccio.
Désormais ce sera aux ajacciens d'en juger. Nous ne sommes que leurs représentants."




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