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Les emplois d’avenir semblent avoir trouvé leur public en Corse


le Mardi 2 Avril 2013 à 08:40 | Modifié le Mercredi 3 Avril 2013 - 02:09


Les divers partenaires institutionnels étaient réunis mardi à Ajaccio pour signer les conventions passées avec les trois grands employeurs dans le cadre des contrats d’avenir mis en place par l’Etat. L’occasion de présenter les grandes lignes du dispositif mais également de signer de nouveaux contrats de travail en présence des jeunes embauchés.


Les divers partenaires du dispositif des emplois d'avenir étaient réunis mardi à la Préfecture d'Ajaccio pour la signature des conventions passées avec les grands employeurs. L'occasion de présenter le dispositif et de signer les contrats en présence des jeunes embauchés. (Photo Yannis-Christophe Garcia)
Les divers partenaires du dispositif des emplois d'avenir étaient réunis mardi à la Préfecture d'Ajaccio pour la signature des conventions passées avec les grands employeurs. L'occasion de présenter le dispositif et de signer les contrats en présence des jeunes embauchés. (Photo Yannis-Christophe Garcia)
Les emplois d’avenir (mesure phare du gouvernement en terme d’emploi depuis le début du quinquennat de François Hollande, qui prévoit d’en créer 150 000 dont 100 000 en 2013, pour tenter de limiter l’explosion du chômage, particulièrement chez les jeunes peu ou pas qualifiés) semblent prendre leur envol en Corse.
En effet, sur les 390 emplois aidés disponibles dans l’ensemble de l’île, ce sont 123 de ces contrats (sur les 196) qui ont déjà été signés en Corse-du-Sud. Et mardi, les divers partenaires* de ce dispositif étaient réunis à la préfecture d’Ajaccio pour signer les conventions passées avec les trois grands employeurs partenaires. Ces derniers, le Conseil Général de la Corse-du-Sud, la Mairie d’Ajaccio et le Parc Naturel Régional de Corse (PNRC), s’engageant en outre à recruter au minimum 82 jeunes de moins de 26 ans au sein de leurs différents services dans les mois et années à venir.

La Corse, première région de France en terme d’emplois d’avenir déjà signés
« C’est une rencontre importante que nous réalisons aujourd’hui, dans le cadre de la stratégie du gouvernement pour développer l’emploi. Certains jeunes ont besoin d’un accompagnement pour parfaire leur formation et cette mesure phare, c’est le contrat d’avenir (…) En clair, ce sont 390 de ces emplois qui sont disponibles en Corse et 123 ont déjà été signés depuis le début de l’année 2013 » a expliqué le Préfet de Corse, Patrick Strzoda. Soulignant le dynamisme de ce dispositif, le préfet a affirmé que « la Corse est la première région de France en terme d’emplois déjà signés, soit 31% contre 12% sur le reste du territoire ». Une salve de 82 nouveaux emplois devraient par ailleurs voir le jour dans les mois à venir. Le Conseil Général 2A en créant 50, la Mairie d’Ajaccio 20, le reste, soit 12 emplois, revenant au PNRC. 

Le Conseil Général 2A, la Mairie d’Ajaccio et le PNRC partenaires du dispositif
« Nous allons faire en sorte que la formation que nous allons offrir à ces jeunes débouche vers la pérennisation de ces emplois qui concernent le secteur environnemental, les services techniques des routes et d’autres encore. Nous prévoyons la création de 50 contrats sur 3 ans, notamment dans le cadre de remplacements des départs en retraite » a expliqué Jean-Jacques Panunzi, président du Conseil Général 2A. Une volonté partagée par Jean-Luc Chiappini, président du PNRC. « Cette mesure est une bonne initiative. Le PNRC a déjà recruté 62 jeunes et 32 d’entre eux ont été intégrés. Il s’agit d’apporter des compétences pour ouvrir des portes vers l’emploi. Et au PNRC, ce sont des emplois verts, au service des territoires, qui permettent également de lutter contre la désertification de certaines zones rurales en ramenant de l’emploi » a-t-il affirmé. Le maire d’Ajaccio Simon Renucci voyant également ces emplois comme « une chance qu’il faut concrétiser en formant les jeunes dans divers domaines où il y a un besoin, comme le social, la sécurité, l’entretien, etc.(…) et qui permet aux jeunes d’être actifs et de se sentir utiles ».

Ne pas oublier les jeunes demandeurs d’emploi handicapés
Prenant la parole en dernier, Dominique Silvani, directrice de Cap Emploi a incité « à ne pas oublier les jeunes handicapés dans ce dispositif, afin d’offrir les compétences d’un jeune public différent ». Puis, les divers partenaires du dispositif ont signé les conventions d’engagement sur la mise en œuvre des emplois d’avenir avant d’inviter les jeunes présents à venir signer leurs contrats. Il semblerait donc que les emplois d’avenir aient trouvé leur public en Corse... Ces contrats qui ont pour ambition affichée d’améliorer l’insertion professionnelle des jeunes peu ou pas qualifiés et de viser la pérennisation des emplois créés, ne font toutefois pas l’unanimité.

Les nombreux partenaires du dispositif des emplois d'avenir affichent une volonté affirmée de pérénniser les emplois créés dans les années à venir. (Photos Yannis-Christophe Garcia)
Des contrats aidés qui sont loin de faire l’unanimité en terme d’efficacité
Car s’ils offrent un CDI ou un CDD de 1 à 3 ans à temps plein, une formation et un suivi personnalisé, de nombreuses questions restent en suspens. Ces contrats aidés, concernant exclusivement le secteur non marchand (collectivités locales, associations, etc.) ne sont pas les premiers du genre, loin s’en faut. Ils existent depuis de nombreuses années et ont régulièrement changé d’appellation sous les divers gouvernements. Les Contrats Emploi Solidarité (CES) à l’œuvre sous un précédent gouvernement socialiste avaient d’ailleurs du se voir ajouter dans l’urgence des Contrats Emploi Consolidés (CEC) afin d’offrir des pistes de sortie pour les bénéficiaires des CES, créés tout juste un an plus tôt.
Sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, les contrats aidés s’étaient également multipliés, sans vraiment résoudre la problématique profonde de l’emploi durable. Dans la même direction, de nombreux spécialistes de l’économie et du monde du travail critiquent ces dispositifs qu’ils considèrent comme de l’emploi précaire financé par l’Etat pour faire baisser artificiellement les chiffres du chômage sur un temps donné.
Avec peu d’efficacité en termes de parcours professionnel et assez souvent un retour à la case Pôle Emploi (ou autre dispositif précaire) lorsque le contrat arrive à son terme…
Ces emplois d’avenir en Corse devront donc faire leur preuve au terme de la période fixée avec une pérennisation des emplois pour mériter leur nom. C’est en tout cas l’objectif clairement affiché par les divers acteurs de ce dispositif. Pour ne pas rester qu’un vœu pieux et faire ainsi baisser, à la fois réellement et durablement, les chiffres inquiétants du chômage des jeunes en Corse.
Yannis-Christophe GARCIA   
 
* Etaient présents lors de la signature des conventions :
- Patrick Strzoda, Préfet de Corse
- Jean-Jacques Panunzi, Président du Conseil Général de Corse-du-Sud
- Simon Renucci, Maire d’Ajaccio
- Jean-Luc Chiappini, Président du Parc Naturel régional de Corse
- Frédéric Ferrandini, Directeur de Pôle Emploi
- Thérèse Pasqualaggi, Présidente de la Mission Locale d’Ajaccio
- Dominique Silvani, Directrice de Cap Emploi

>> Sarah Fausti, 22 ans, bénéficiaire d’un emploi d’avenir à la Mairie d’Ajaccio

Après un emploi au sein de la Police Nationale, Sarah Fausti, 22 ans, vient de signer un contrat de 3 ans à la Mairie d'Ajaccio dans la Police Municipale. (Photo Yannis-Christophe Garcia)
Après un emploi au sein de la Police Nationale, Sarah Fausti, 22 ans, vient de signer un contrat de 3 ans à la Mairie d'Ajaccio dans la Police Municipale. (Photo Yannis-Christophe Garcia)
Corse Net Infos : Vous avez signé aujourd’hui un contrat dans le cadre des emplois d’avenir. Pouvez vous nous en parler ?
S.F : Oui, je viens de signer un contrat dans le cadre des emplois d’avenir à la mairie d’Ajaccio, dans les services de la Police Municipale.

CNI : Comment êtes vous entrée dans ce dispositif ?
S.F : Avant je travaillais dans les services de la Police Nationale. Mais je voulais continuer à travailler en Corse et cela était compliqué. La Police Municipale était un bon choix qui me permettait de faire ce que j’aimais et surtout de rester en Corse. J’ai donc intégré ce dispositif et il s’est passé environ une semaine entre l’intégration dans ce dispositif et la signature de mon contrat aujourd’hui.

CNI : Comment voyez-vous votre avenir ?
S.F : J’ai signé pour un contrat de 3 ans renouvelable dans la Police Municipale. Je compte ensuite en profiter pour passer des concours en interne, demeurer dans cet emploi et y évoluer.
 
CNI : Vous êtes une jeune femme, pourquoi avoir choisi la Police Municipale ?
S.F : Car j’aime ce métier ! Particulièrement pour le contact avec les gens, la proximité et l’aide que je peux apporter.
 
Propos recueillis par Yannis-Christophe GARCIA




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