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Les acteurs de l’économie corse ne cachent pas leur déception : La bataille continue, des actions sont à prévoir


Rédigé par Jean-François Vinciguerra le Vendredi 3 Juin 2016 à 20:02 | Modifié le Vendredi 3 Juin 2016 - 20:18


Création d’une cellule de détection et d’accompagnement des entreprises en difficultés, une enveloppe de 20 millions d’euros à ajouter au PEI et une hausse du taux de crédit d’impôt de 20 à 30%. Trois mesures annoncées par Martine Pinville qui ne correspondent absolument pas à l’attente des élus, commerçants et artisans. Elles étaient beaucoup plus fortes, à savoir des mesures d’urgence pour plus de 1800 TPE, la réduction des charges fiscales et enfin la mise en place d’un statut fiscal et social afin de maîtrise la crise économique. Rien de tout cela


« De la poudre aux yeux »  à laissé échapper François Gabrielli  hier en début d’après-midi au cours de la conférence de presse qui s’est tenue dans le bureau du président de la CCI de Corse du sud, en présence des responsables des chambres de Commerce Corse sud et régionale, ainsi que la Chambre de Métiers de la Corse su d et de Métiers et les syndicats UAP et Strada Corsa. Cela faisait suite  à la tenue des assises des TPE corses et aux propositions de Martine Pinville, ministre du commerce et de l’artisanat.
 
Le point de vue de Jean-André Miniconi
A la suite de la tenue des assises sur les TPE du 2 juin 2016, la CCI2A, la CGPME, l’UMIH, STRADA CORSA apporte un certains nombre de points d’éclaircissement sur le déroulement des assises, les attentes des organisations professionnelles et des TPE. L’intervention de Jean-André Miniconi, président de la CCI 2A, s’articule autour de cinq points bien précis :
 
  1.  Le gouvernement n’a pas pris en compte les demandes des Chambres Consulaires et des organisations patronales concernant les mesures immédiates. Les professionnels sont déçus et n’ont pas compris la position du gouvernement en la matière. Nous rappelons que la Corse perd un artisan par jour depuis 2009….Nous profitons de la venue programmée de 5 ministres d’ici le mois de juillet pour réitérer notre demande de mesures urgentes dans le cadre d’un comité interministériel.
 
  1. Toujours dans le cadre d’un comité interministériel nous réitérons notre demande de conférence sur l’économie. Nous rappelons que cette demande avait été introduite auprès du Premier Ministre par Mr le Président de l’Exécutif et Mr le Président de l’Assemblée Corse.
 
  1. L’ADEC doit être seule destinataire de l’abondement de la somme des 20 millions d’euros destinée au financement des TPE.  Une partie de cette somme doit être consacrée à financer les entreprises en difficultés. Une autre partie doit financer la reprise et la transmission des entreprises.  Ces 20 millions doivent venir en supplément aux dotations existantes.
 
  1. Le crédit d’impôt sur investissement doit être porté à 30% sans restriction.
 
  1. Il n’y a aucune mesure concernant la lutte contre le para-commercialisme locatif.  Le para-commercialisme est pourtant un sujet primordial que l’on ne peut éluder. Nous demandons à ce que les propositions ci-annexées soient intégrées dans la future loi numérique.
 
« Nous militons pour un véritable plan de développement économique qui donnera un avenir à la Corse et aux Corses.  Ce plan de développement ne pourra se faire sans une profonde réforme de la fiscalité et des institutions. Nous demandons à ce que l’Assemblée Corse prenne une motion en ce sens en faisant du développement économique une priorité. »
 
François Gabrielli : pas content du tout !
 « Si Martine Pinville nous donne satisfaction, je lui fais un bisou » avait-il déclaré peu avant la tenue des assises. Mais François Gabrielli s’est très vite repris et n’a pas caché son amertume après les propositions faites par la Secrétaire d’Etat :
« Le compte n’y est pas. Nous nous trouvons dans une impasse. La première mesure annoncée, nous ne l’avons pas attendue, c’est clair et net. La deuxième mesure, celle concernant les 20 millions d’euros, nous sommes totalement solidaires de M. Miniconi dans sa conclusion. La troisième enfin, relative au crédit d’impôt, ce n’est pas 20 mais 30% qu’il faut mettre en place sachant que les TPC de Corse n’en profiteront pas. Pour le court terme, ce que nous avons demandé pour sauver nos entreprises, il n’y a rien, la proposition réclamée pour une égalité pour tous contre l’auto-entrepreneur, rien non plus. Certes, l’Exécutif nous soutient mais il faudra quand même demander une motion à tous les politiques de la Corse sur le TPE. Une chose est sûre, je ne crois plus en Madame Pinville, plus du tout ! Cela fait sept mois qu’elle nous balade, j’ai demandé au préfet que le dossier soit immédiatement transmis au premier Ministre. C’est la seule et unique solution pour avancer. Nous en avons assez d’être menés en bateau. Le conflit va se durcir et ce qui va se passer, vous le saurez assez vite… »
 
Antoine Mondoloni : l’union sacrée !
Le directeur régional de la CCI n’en revient pas. Lui qui avait préparé un dossier en béton est certainement le plus déçu des différentes délégations. Voici son sentiment sur la tenue de ces assises avec la secrétaire d’Etat :
 
Le court terme ? : « Il manque la manière d’aider et de traiter avec les organismes sociaux et fiscaux ces entreprises. Mieux mobiliser les réseaux. De la poudre aux yeux car je dis depuis des lustres qu’il faut une simplification des aides et de la territorialisation de l’action publique, mais rien ne vient. Personne ne veut changer ses habitudes et il s’agit de ne contrarier personne avant les prochaines élections de 2017…
 
Mieux informer les entrepreneurs corses ? Autant croire que la mer est sucrée. Il faut se déplacer et trouver le bon interlocuteur et élaborer un dossier « tamant’à u mondu »…
 
Nommer un médiateur de crédit par département ? S’il y en avait un pour la région ce sera déjà pas mal. Il y en a ailleurs et le seul qui soit en Corse est celui du Crédit Agricole. A moins de travailler avec le Crédit Agricole, ce n’est pas demain la veille que tous ces établissements vont y arriver pour 320 000 habitants et 44 000 entreprises dont 95% sont des TPE.
 
Etalement des dettes ? Ce serait la seule mesure réalisable mais le gouvernement qui semble traiter la nouvelle collectivité territoriale avec condescendance le fera-t-il ? Je demande 50% de remise de charges fiscales pour la saison afin que les entreprises se refassent une santé et 100%% pour celles qui sont en difficulté.
 
Le moyen terme ?   Plan de contrôle renforcé ? Locations frauduleuses, travailleurs détachés accompagnés de l’information et de la sensibilisation des donneurs d’ordre. Il s’agit d’une action continue à long terme.  Il y a du pain sur la planche…
 
Le long terme ? Créer un partenariat pour le développement économique. 
 
Rénovation des centres villes ? La tâche sera longue
 
Appui aux communes ? Avec quels sous !
 
Le FISAC ? Un dispositif qui marche mais il faut l’abonder très rapidement.
 
Les prêts remboursés ? C’est un classique du parcours du combattant, rien de nouveau.
 
Le crédit d’impôt ? De 20 à 30%. Il faudra attendre la loi des finances de 2017…
 
Le PEI dont 20 millions d’euros destinés aux TPE ? Ce serait extraordinaire…Il ne sera pas consommé au mieux avant 2022 seul problème c’est que le PEI est entré en application en 2003, dont c’est pour 2023 !
 
En conclusion, Antoine Mondoloni estime qu’il y a deux mesures qui peuvent être prise pour le court terme, à savoir l’étalement des dettes fiscales et sociales à 50 et 100% comme par exemple les enseignants et le FISAC qui concerne les TPE de toute une zone en investissement et en fonctionnement.
Pour le moyen terme, les mesures ne sont pas dans la bonne catégorie. Le long terme enfin, il faudra attendre 2017 et la mort de plus de 400 enseignes.
La phrase contre les TPE de Corse: « leur civisme social était en revanche en dégradation sur la même période et nettement moins bon que sur le continent » Cette phrase il ne faut pas la laisser passer. Nos entreprises et leurs dirigeants sont honnêtes. Ceux qui ne payent pas leurs charges sont en difficulté. Que l’Etat fasse sont travail pour les indélicats mais que l’on ne nous colle pas une étiquette d’escrocs… »
J.-F. V.





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