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Les 40 ans du Conservatoire du Littoral : Ricantu-Capitellu, l’extraordinaire restauration écologique


le Lundi 9 Février 2015 à 19:27 | Modifié le Jeudi 12 Février 2015 - 17:15


Ricantu, la plage chère aux Ajacciens. Promenade, footing, plage de sable fin, le fond du golfe d’Ajaccio et sa longue étendue de sable d’environ 5 kilomètres ont fait l’objet d’une extraordinaire renaissance au cours de ces vingt dernières années. Un travail de longue haleine mené depuis le début des années quatre-vingt-dix par le Conservatoire du Littoral a redonné une âme à cet endroit béni des Dieux, cette lande située entre mer et plaine avec en toile de fond la crête des montagnes. Le Ricantu est une authentique vitrine par laquelle transitent de nombreux voyageurs mais c’est aussi un espace de détente et de liberté à haute fréquentation


Au commencement était la longue plage en arc de cercle et sa lande menant jusqu’à Capitellu, immense domaine d’une quarantaine d’hectares que l’on admirait pour sa beauté sauvage dès lors que l’avion atterrissait à Campo Dell’Oro. Un site remarquable où il est apparu nécessaire d’intervenir pour améliorer les conditions de sa fréquentation afin d’apporter une attention particulière aux milieux naturels. L’enjeu consistait à intervenir au plus vite pour réhabiliter cette immense lande, lui redonner ses atouts naturels, la revaloriser. C’est l’énorme chantier dans lequel s’est investi le Conservatoire du Littoral de la Corse avec ses partenaires que sont la Collectivité Territoriale de Corse, le Conseil Général de la Corse du Sud, l’office de l’Environnement de la Corse et l’Union Européenne sur la base d’une étude paysagère.
 
La touche du Conservatoire…
Renaissance voulue, travaillée, assumée d’une zone périurbaine aux portes d’Ajaccio, le Ricantu et ses espaces naturels ont changé de visage en moins de deux décennies. Les genêts de Salzmann et ses plantes endémiques ont fait l’objet des années durant d’un projet d’aménagement paysager associant les dimensions sociales, écologiques et paysagères du site avec l’instauration d’un muret sur toute la longueur qui rappelle les vieux murs de pierres sèches d’antan, la clarification des surfaces pour mieux reconstituer le cordon dunaire et  séparer la lande de la plage. Il va sans dire que le décapage du grand remblai et l’évacuation de 10 000 mètres cubes de déblais ne furent pas une mince affaire car il a fallu avoir recours à de savantes techniques pour récréer un écosystème équilibré.
On se rappelle que le site ressemblait plus à un immense parking envahi par toutes sortes de véhicules, de détritus, plus encore un no mans land qui menait à l’ancien camp militaire de l’Armée de l’Air abandonné depuis de longues années et dont les bâtiments avaient été détruits par des attentats et qui sait, promis à une sorte de bétonisation. 
Il fallait réagir vite et apporter des solutions pour aménager au mieux le site et lui redonner son aspect le plus naturel.
 
L’hélix de Corse
Fort heureusement, la Conservatoire du Littoral et ses acteurs ont apporté la solution, avec force volonté de restaurer le fond de baie d’un des plus beaux golfes du monde. Démolir plutôt que construire et aménager, surtout avec la découverte, sur place, d’une espèce rarissime que l’on croyait à jamais disparue, à savoir un tout petit escargot, l’hélix de Corse. C’est le seul et unique endroit où cette espèce est connue, le Ricantu est son dernier refuge. C’est le naturaliste Lecoq qui avait décrit cette espèce à la fin du XIXe siècle et Bernard Recorbet, de la DIREN, missionné par le Museum d’Histoire Narutelle chargé de le retrouver. Ce qui a été fait après maintes recherches autour du site. Un arrêté de protection de biotope fut même établi.  A « lumaca di u Ricantu » enfin retrouvée et protégée malgré sa tendance à ne vivre la nuit lorsqu’il pleut alors qu’il passe le plus clair de son temps enfoui sous le sable, ne se nourrissant que du fameux genêt de Salzmann, lui aussi maintenant protégé.
Le Conservatoire du Littoral a donc relevé le défi et deux décennies plus tard, le paysage dégradé, le parking, le dépotoir et la piste auto-école et autre site de gymkhana, c’est du passé.  Le Ricantu n’a pas été mis sous cloche mais bien offert au public comme un espace de détente à nul autre pareil dans le respect de la biodiversité. Botanistes, naturalistes et scientifiques ont œuvré en totale synergie pour la restauration écologique de la lande et s’attachent plus que jamais à sauvegarder l’escargot de Corse. Les gardes du littoral sillonnent tous les jours la zone pour en assurer un entretien régulier. Le Ricantu a retrouvé des couleurs, une image, une nature qui reprend le dessus. Il mêle avec bonheur usage populaire et exigence de conservation écologique.  
J. F.

Ils sont venus, ils ont vu, ils ont aimé !

Quarante ans, ça se fête. Le Conservatoire du Littoral méritait bien cet anniversaire. Quarante années au service de l’île, sur le terrain, sur l’eau, dans les airs, partout où le défi et l’ambition se présentaient, les acteurs étaient prêts à se battre, à battre la campagne et en découdre pour mieux protéger, mieux restaurer et rendre aux espaces naturels leur intérêt écologique, leur aspect originel. Ils ont fait mieux que de se défendre car les opérations réalisées méritent le plus grand respect. La restauration de l’espace Ricantu-Capitellu est une exceptionnelle réussite, un authentique hymne à la nature.
 
 
Il y avait foulelundi matin  sur la zone du Ricantu ensoleillé. Tous les services de l’état étaient représentés, les élus, les institutions, et bien entendu les services du Conservatoire au grand complet pour fêter ces quarante années de passion pour dame nature avec visite guidée du site
« Cette année, le Conservatoire a quarante ans. En Corse, le bilan n’est pas négligeable. 19 000 hectares acquis, près du quart du littoral définitivement préservé, des dizaines de sites protégés, réhabilités, gérés et ouverts à tous. Un bilan riche et encore d’autres projets à conduire avec la même exigence de qualité et le même souci d’équilibre… » Ainsi s’exprimait Nicolas Alfonsi, Président du Conseil des Rivages de Corse, premier vice-président du Conseil d’Administration du Conservatoire.
 
Le maire d’Ajaccio, Laurent Marcangeli dont c’était la première visite officielle après sa réélection, s’est montré agréablement surpris de la qualité des travaux effectués sur le site : « Je n’ai pas oublié l’état dans lequel se trouvaient ces lieux. Ce qui a été fait est remarquable, c’est une formidable image pour notre ville. Je tiens à remercier Niclas Alfonsi pour son action, sa constance dans son engagement et sa politique de marche en avant pour nos rivages… »
 
Mme Viviani Letidissez, députée et présidente du Conseil d’Administration du Conservatoire a souligné la bonne tenue des travaux et le résultat d’une grande qualité du site : « Cette une opération de grande envergure qui prend plus de temps qu’un temps d’élu mais quel travail, quelle réalisation de la part du Conservatoire du littoral. A travers les quarante années du Conservatoire, c’est 160 000 ha qui sont désormais protégés mais aussi et surtout ouverts à tous. Je tiens à féliciter ceux qui ont réalisé et porté fièrement ce projet, paysagistes, dessinateurs, initiateurs pour cette remarquable vitrine d’Ajaccio. »
 
Odile Gaurier, directrice du Conservatoire du Littoral a présenté à son tour tous les aménagements réalisés dans le détail, revenant sur ce qu’était la zone du Ricanto avant les travaux et ce qui a été entrepris pour réaliser cet espace naturel : « Il fallait faire un choix, cela a été fait. Ajaccio a adopté le site tandis que la lande regagnait du terrain. Le plus important aujourd’hui c’est de venir au Ricantu en famille, se promener, profiter de cet espace où la nature a repris le dessus sans pour autant en exclure l’homme… »
 
Paul Giacobbi a résumé la restauration du site par ce titre : « des escargots et des hommes… » et a tenu à remercié l’ensemble des partenaires pour la réalisation de ce chantier qui a avancé « lentement mais sûrement. Je remercie tous ceux qui ont participé à cette grande opération. L’espace est magnifique, tout a été restauré avec passion et détermination de la part des nombreux acteurs dont Nicolas Alfonsi, l’inlassable président du Conseil des Rivages qui récolte le fruit de son travail, de sa détermination et de son savoir-faire… »
 
« Escargot, montre-moi tes cornes » a entonné Dominique Bucchini pressé par Nicolas Alfonsi de dire quelques mots. Le président de l’Assemblée a rappelé avoir travaillé avec le Conservatoire dès 1977 alors qu’il effectuait ses premiers pas sur le littoral insulaire : « Ce fut un plaisir de travailler avec ces personnes qui ont rélisé un travail de grande qualité des années durant. »  
 
Nicolas Alfonsi, l’un des personnages clés de cette opération a remercié les partenaires de cette opération  d’envergure. Il a également rappelé le sauvetage de nombreux sites de Corse et s’est félicité du travail du Conservatoire tout au long de ces années « à l’abri de tous les intérêts partisans… »
J. F.  




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