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Le ministre Patrick Kanner signe un Contrat de ville avec Bastia


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 7 Novembre 2015 à 00:14 | Modifié le Samedi 7 Novembre 2015 - 03:30


Le Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner, était, vendredi, à Bastia pour signer un Contrat de Ville avec la ville et l'agglomération de Bastia (CAB). Après une première halte à l’hôtel de ville où il s’est entretenu avec le maire, Gilles Simeoni, et les deux premiers adjoints, Emmanuelle De Gentili et Jean-Louis Milani, il s’est rendu dans un salon de coiffure pour signer deux contrats d’insertion Starter. Après un déjeuner en préfecture, il a paraphé, en présence des présidents de la CAB, du département et de l’Exécutif régional, le fameux contrat, avant de déambuler dans les Quartiers Sud où il a visité, notamment, le centre culturel Alb’Oru. La visite s’est poursuivie au Puntettu et achevée devant le lycée Simon Vinciguerra où il a dialogué avec des parents d’élèves hostiles à la construction du Parking Gaudin. Patrick Kanner explique, à Corse Net Infos, les enjeux du contrat de ville pour la réhabilitation des quartiers défavorisés et les objectifs des contrats Starter pour la jeunesse.


Le préfet Alain Thirion, le ministre de la ville, Patrick Kanner, le maire de Bastia, Gilles Simeoni, et sa première adjointe, Emmanuelle De Gentili.
Le préfet Alain Thirion, le ministre de la ville, Patrick Kanner, le maire de Bastia, Gilles Simeoni, et sa première adjointe, Emmanuelle De Gentili.
- Quelle est la raison de votre visite à Bastia ?
- Ma visite porte sur les deux tiers de mon portefeuille ministériel. En tant que ministre de la ville, je suis venu signer un beau contrat de ville avec Bastia et son agglomération. Ce contrat comporte une dimension territoriale nouvelle, des crédits directs en fonctionnement et des prévisions pour la rénovation urbaine du Centre ancien et des quartiers Sud. Je voulais, aussi, en tant que ministre de la jeunesse, préoccupé par les importantes problématiques de chômage chez les jeunes, montrer que nous avions les dispositifs permettant à des jeunes de sortir par le haut de leurs difficultés ponctuelles. Le contrat starter est sûrement l’une des plus belles mesures que nous avons prises, cette année, dans le cadre du Comité interministériel « Egalité et Citoyenneté » du 6 mars 2015.
 
- Les contrats starters prennent en compte, en même temps, les charges sociales et les salaires. Peut-on dire que c’est une première ?
- Oui ! A ce niveau-là, tout à fait ! Le contrat starter permet la prise en charge par l’Etat de 45% de la totalité du salaire et des cotisations, ce qui veut dire qu’il reste un peu plus de 900 € à la charge de l’employeur. C’est gagnant pour l’employeur qui a l’opportunité de créer un emploi et c’est naturellement gagnant pour le jeune qui est, ainsi, recruté en milieu ordinaire dans le cadre du code de travail. Ce dispositif, qui a été mis en place en juin dernier, va se développer. Mon objectif est d’arriver à 20 000 contrats starters dans le budget 2016.


- N’est-ce pas un échec, au vu de la situation économique en Corse et sur le continent, d’être obligé de subventionner des emplois ?
- Je n’ai pas peur d’un emploi aidé ! C’est de la redistribution de richesses. L’Etat utilise ce moyen pour donner une activité professionnelle qualifiée à des jeunes et des moins jeunes. Aujourd’hui, on dénombre 210 000 emplois d’avenir pour la jeunesse. Nous allons atteindre 13 000 contrats starters, identiques aux deux que nous avons signés à Bastia. S’ajoutent 50 000 Garantie Jeunes pour ceux qui sont les plus en difficulté et 100 000 d’ici à 2017. On pourrait s’étonner de toutes ces mesures, mais, chaque année, 800 000 jeunes arrivent sur le marché du travail pour seulement 600 000 départs en retraite. Potentiellement, 200 000 jeunes pourraient se retrouver au chômage et sur le carreau. S’il n’y avait pas l’intervention de l’Etat par cette redistribution des richesses, ces jeunes seraient en très grande difficulté. Un emploi aidé n’est pas un sous-emploi, mais un emploi ponctuel pour des jeunes qui, sans cela, resteraient sur le bord du chemin.
 
- N’avez-vous pas l’impression que les contrats se succèdent, changent de nom, mais que les problèmes demeurent ?
- Ces contrats sont utiles. Un jeune, qui a trouvé du travail grâce à un contrat d’avenir ou un contrat starter, ne crachera pas dans le soupe, bien au contraire ! C’est un plus pour lui ! C’est un plus pour la société de savoir que sa jeunesse est prise en considération, notamment dans une période de chômage de masse. Les résultats économiques commencent à se faire sentir avec une hausse de la croissance et de la consommation et une amélioration du pouvoir d’achat grâce, notamment, à la diminution de la part Energie. Grâce à la baisse des prix du pétrole, 10 000 millions € ont été distribués en pouvoir d’achat aux Français. Les clignotants se remettent progressivement au vert. Nous avançons dans le bon sens. L’Etat accompagne ce mouvement de manière positive. Depuis 4 mois, le chômage des jeunes a diminué de 24 000 dans notre pays. Ce n’est pas suffisant, aussi sommes-nous déterminés à aller encore plus loin. Pour moi, régler la question du chômage des jeunes, c’est régler un problème de société majeur dans notre pays.
 
- Le chômage des jeunes diminue, peut-être, ailleurs, mais flambe en Corse …
- Les chiffres, que je viens d’avoir du directeur régional de l’emploi, montrent, au contraire, que le chômage a diminué depuis un an dans notre pays, et surtout en Corse.
 
- Le contrat de ville, que vous avez signé avec Bastia, n’est pas celui espéré par la municipalité. Pourquoi n’avez-vous pas accédé à sa demande ?
- Un contrat de ville est un contrat et, donc, un outil de compromis entre la demande initiale, toujours très forte, de la collectivité locale, et les capacités de l’Etat et de ses partenaires. Ce contrat associe, maintenant, les élus, l’agglomération, les services de l’Etat, l’Agence régionale de santé, les bayeurs sociaux, le procureur de la République… Autour de la table, nous avons trouvé ce bon compromis qui permet de retenir le quartier historique et les quartiers Sud de la ville. A nous de le mettre en œuvre, de le faire vivre.
 
- Quel est l’objectif de ce contrat de ville ?
- L’objectif avec tous les signataires est de bâtir une réponse cohérente pour les 9400 habitants qui vivent dans le quartier historique et les quartiers Sud de Bastia. L’objectif est non seulement la rénovation urbaine, mais aussi le développement économique, l’accompagnement social et, ce que l’on oublie souvent, la citoyenneté nouvelle à travers la création de conseils citoyen. Grâce à la loi de février 2014, nous allons faire vivre une vraie démocratie participative. On ne peut plus, aujourd’hui, bâtir de politiques publiques aussi fortes que la politique de la ville sans la participation des habitants. C’est une démarche collective, initiée par l’Etat avec une volonté contractuelle, ce qui signifie que nous vérifierons que le contrat est mis en avant.
 
- Concrètement, comment allez-vous favoriser le développement de l’activité économique ?
- En favorisant la création de commerces de proximité dans les quartiers prioritaires de la villes et en les exonérant de toutes les taxes foncières et taxe d’habitation. Ces exonérations fiscales permettent l’équilibre financier du commerçant qui crée sa petite entreprise. S’y rajoute la création récente de France Entrepreneurs, une agence qui coordonnera l’ensemble des moyens mis à disposition pour le développement économique, et facilitera, dans un guichet unique, l’accès aux aides de l’Etat. Ces aides seront, je l’espère, abondées par les collectivités territoriales et, à coups sûr, par la Caisse des dépôts et consignations. Il n’y a pas d’impossibilité, aujourd’hui, pour un jeune chef d’entreprise, qui veut créer son entreprise ou son commerce dans un quartier prioritaire de la ville, de pouvoir le faire dans de bonnes conditions d’équilibre financier.
 
- Quels moyens financiers mettez-vous en œuvre ?
- Nous allons, d’abord, poursuivre nos engagements en matière de rénovation urbaine (ANRU). Ce sont les sommes les plus importantes. Nous avons engagé 26 millions € dans le cadre de l’ANRU 1. 108 millions € de travaux ont été réalisés dans les Quartiers Sud. 12 millions € supplémentaires seront accordés pour des travaux dans le cadre de l’ANRU 2. Dans le cadre du Plan national de rénovation urbaine des quartiers anciens dégradés (PNRQAD), les travaux, d’un montant de 31 millions €, s’étaleront jusqu’en 2018. L’espace Gaudin fera l’objet d’un financement spécifique par, notamment, la Caisse des dépôts. S’y ajoutent les crédits de fonctionnement pour le secteur associatif et tout ce qui favorisera l’émergence de commerces de proximité.
 
- Pensez-vous que la rénovation urbaine suffira à sauver ces quartiers ?
- La rénovation urbaine, c’est le dur, le hard ! Il faut y passer. Si on ne rénove pas les logements et l’environnement urbain, si on ne permet pas la création d’activités économiques, on manque le coche. Les citoyens ont besoin de ces travaux, mais aussi de reconnaissance. Ces quartiers ne manquent pas de la compassion de la part de l’Etat, mais manquent du respect et de la reconnaissance. Dans ce cadre-là, la création des conseils citoyens est un élément tout à fait nouveau dans les quartiers prioritaires. J’espère que nos amis bastiais vont se saisir de cet outil démocratique.
 
- La démocratie participative est, justement, le cheval de bataille de la mairie nationaliste. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
- Ce n’est pas un problème de mairie nationaliste ou pas ! Je suis un farouche défenseur de la démocratie participative parce que je considère que, lorsqu’on veut lutter contre les extrêmes, l’abstentionnisme et l’obscurantisme, il faut permettre aux habitants d’être là et d’avoir voix au chapitre sur les décisions les concernant. La création des Conseils citoyens ne dépend pas de telle ou telle sensibilité politique. J’en installe partout en France. Il y en aura 1500, autant que de quartiers prioritaires. En plus, à Bastia, nous mettrons en place une maison du projet où les habitants pourront participer aux projets de rénovation urbaine qui les concernent directement. C’est une évolution de la démocratie que je soutiens totalement.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 
Patrick Kanner, qui est, aussi, ministre des sports, se félicite de l’absence de match, les samedis 5 mai : « La solution, qui a été trouvée, est une solution équilibrée. Elle sera concrétisée le 20 novembre par le dévoilement d’une plaque sur le stade Armand Cesari pour commémorer ce drame qui a marqué la France. Le fait qu’il n’y est pas de match de ligue le jour anniversaire du 5 mai, quand il se déroule un samedi, me semble être une bonne solution. La Ligue et la Fédération de football ont accepté cette solution qui me semble respectueuse de la mémoire des victimes et digne pour la Corse en général ».
 

L’Agglomération de Bastia se réjouit de la signature du Contrat de Ville qui a eu lieu ce jour, en présence de Patrick Kanner, Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Ce contrat de Ville porté par l’Etat, l’Agglomération, la Ville de Bastia et de nombreux partenaires comme la Collectivité Territoriale de Corse et le Conseil Départemental de Haute-Corse, va permettre d’améliorer le quotidien des 9 340 habitants des quartiers Sud et du Centre Ancien et d’œuvrer en faveur d’un rééquilibrage global du territoire, avec l’urgente nécessité d’inclusion des populations vulnérables.
Parmi les priorités définies au sein de ce Contrat, l’Agglo va se mobiliser sur ses champs de compétence : le sport, la collecte des déchets, les transports, la prévention de la délinquance et, en priorité, l’habitat et le développement économique.





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