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Le fonds de roulement de la CCI de Haute-Corse amputé de 1,8 millions d'euros


Rédigé par le Jeudi 29 Janvier 2015 à 23:23 | Modifié le Vendredi 30 Janvier 2015 - 00:55


Le fonds de roulement de la CCI de Bastia et de la Haute-Corse sera amputé de 1,846 millions d'euros : c'est la mauvaise nouvelle annoncée jeudi en fin d'après-midi par Paul Trojani, le président de la chambre de commerce, aux élus consulaires réunis en assemblée générale pour se pencher sur le budget rectificatif de 2015 et faire le point sur la conjoncture économique


Dans son allocution d'ouverture qui s'est effectuée en présence de Alain Rousseau, préfet de Haute-Corse, Antoine Mondoloni, président de la chambre régionale de commerce et d'industrie de Corse et Gilles Simeoni maire de Bastia, notamment, Paul Trojani a pointé du doigt le défaut de méthode et de lisibilité qui avait présidé à ce prélèvement "budgété"à hauteur de 823 000€. D'autant, qu'à l'inverse, une CCI comme celle de l'Ile de France avait vu, elle, son prélèvement diminuer de plus de 25 millions d'euros dans le cadre du projet de loi de finances présenté par le Gouvernement ! 
Amertume de rigueur donc mais, ainsi que l'a relevé Paul Trojani "l'amertume ne conduit pas l'action."
Dès le début de l'année un nouveau document budgétaire, tenant compte de ce prélèvement a été établi, ramenant le roulement résiduel à 1,4 millions au lieu de 2,4.
Autre baisse : celle de ressource annuelle provenant de la CCI de Corse de l'ordre de 370 000 €.
Et c’est là le deuxième effet le plus grave de la nouvelle donne budgétaire du réseau consulaire, non seulement nos réserves opérationnelles sont siphonnées, et cela nous interdira d’investir, mais nos ressources annuelles sont écrasées (moins 37 % en 3 ans) et cela nous empêchera d’agir, si nous ne trouvons pas de nouveaux produits" a déploré Paul Trojani devant les élus consulaires.

Une année difficile
"Comment combattre à la fois crise économique, la crise des finances publiques, l’incertitude sur les transports, tout ça pendant une année d’élections locales et… les caisses vidées par la Loi de Finances ?" a encore interrogé le président de la CCI avant de disséquer les difficultés qui pointent…
Le dossier de la SNCM n’en finit plus de rebondir, les délais de s’allonger, les solutions d’être conditionnées et donc, les décisions de se faire attendre…  Le groupe Air France poursuit dans l’absurde asphyxie de son escale à Poretta et condamnant au passage, toute une économie touristique à la disette artificielle ; le BTP est dorénavant dans le dur et les perspectives sont mauvaises, les carnets de commande se vident et les trésoreries s’assèchent ; les prochaines OSP qui se préparent dans l’aérien, à l’OTC puis à la CTC, sont comme d’habitude défavorables à la Haute-Corse en général, et à Bastia en particulier ; les collectivités, frappées elles aussi par la baisse de leurs ressources ou victimes de leurs propres choix, sont toutes amenées à réduire leurs actions et surtout leurs investissements ; les chiffres du chômage en Corse ont à nouveau largement et rapidement dépassé la moyenne nationale et la situation ne s’améliorera pas dans les mois qui viennent ; enfin, le gouvernement qui annonce une nouvelle réforme de la carte consulaire et du format des CCI dans les semaines qui viennent et rien ne filtre ni ne transpire à la veille de cette énième modification des règles du jeu. 

Maintenir et amplifier le plan d'urgence
Mais dans l'immédiat la préoccupation de la CCI est de maintenir et d'amplifier son plan d’urgence au bénéfice de son territoire et de ses ressortissants.
Il y a eu le volet 1. Le 2 est en cours. Le volet 3 sera bientôt engagé et le volet 4 sera surement nécessaire pour soutenir la prochaine saison touristique et "les services sont déjà à pied d’œuvre pour inventorier tous les moyens internes résiduels en interne, ou accessibles en partenariat, pour le préparer."
Autre priorité pour la CCIT2B : convaincre la CTC de "réviser ses projets d’OSP si néfastes à la Haute-Corse "et de procéder à une "réécriture des règlements d’aides, en clair une adaptation urgente des politiques publiques pour les configurer en position de boucliers anti-crise."
Il n'en reste pas moins qu'il faut avancer et notamment travailler sur les dossiers structurants  : "La liste est longue, les tâches sont nombreuses et dans une micro-économie isolée comme la nôtre, le structurel est indissociable du conjoncturel, le tendanciel de la proximité, le global de l’individuel, tout est lié et tout est important" a dit Paul Trojani qui a souhaité que la CCI "soit à l'appui de l'entreprise, à l'avant-garde de cette bataille".
En terminant Paul Trojani n'a pas manqué de saluer Nathalie Carlotti "son engagement et sa disponibilité, ainsi que sa grande loyauté dans nos échanges et nos travaux communs".
Des propos auquel s'est associé plus tard Antoine Mondoloni qui, lui aussi, n'a pas manquer de fustiger, ou à tout le moins de contester comme le fit Philippe Albertini, le directeur de la chambre de commerce, l'ampleur des prélèvements auprès des CCI de Corse et de la chambre régionale.
L'assemblée générale s'est poursuivie par l'intervention de Alain Rousseau, le préfet du département.

Paul Trojani ; "Dans quelques jours des entreprises vont être contraintes de procéder à des licenciements"

- 1,8 millions d'euros de fonds de roulement prélevé au lieu de 800 000 : c'est énorme?
- On ne s'y attendait pas. On s'était préparé pour les 800 000 et là on a pris un coup sur la tête. Croyez-moi, ça fait mal. Mais il y a quand même lieu de retenir que la CCI 2B, malgré cela, n'est pas dans la difficulté. Elle passera le cap. Mais tout le monde devra se retrousser les manches.

- Comment expliquez-vous le fait que l'on déshabille les petites CCI pour habiller celles qui sont mieux nanties ?
- Ce qui m'a choqué c'est que la chambre de l'Ile de France, et je suis sûr que le lobbying parisien n'y est pas étranger, ait vu ce prélèvement diminuer de 25 millions d'euros. C'est inadmissible.

- Les investissements vont quand même se poursuivre en Haute-Corse ?
- Nous poursuivrons, bien sûr, les investissements, à partir d'autres financement que nous allons aller chercher, mais notre principal objectif est de ne licencier aucune personne à la CCI. Notre autre objectif sera d'aider nos entreprises qui en ont grandement besoin.

- Les chiffres du chômage sont en hausse, les dépôts  de bilan se multiplient : La situation économique n'est pas brillante ?
- Je suis très inquiet. Dans le bâtiment et les travaux publics, c'est la catastrophe. Dans quelques jours, vous le verrez, des entreprises vont être contraintes de procéder à des licenciements. On n'a jamais vu ça. Il n'y a plus de commande publique. Les carnets de commande sont vides. Je ne sais pas comment on va pouvoir tenir.

- C'est la crise qui touche la Corse ?
- Elle arrive avec un décalage. Je peux vous dire qu'aujourd'hui elle est arrivée et est bien là.

- La saison touristique sauvait tout le reste auparavant : vous y croyez encore aujourd'hui?
- J'y crois et je me bats pour cela. Pour moi la principale richesse de la Corse c'est le tourisme. Ce qui n'ont pas compris cela, n'ont rien compris. Mais fait-on tout ce qu'il faut pour aller dans ce sens ? 

- Il y a le problème maritime, les OSP dans le domaine aérien, la desserte de Bastia-Poretta ?
- Pour le maritime, nous attendons tous le résultat du tribunal de commerce mais ce que je constate c'est que de semaine en semaine la saison avance. Dès lors nous risquons de connaître quelques difficultés à l'entrée de la saison. Pour ce qui est de l'aérien nous avions effectué des demandes auprès de l'office des transports et de la CTC afin de revoir les OSP en raison du manque évident de sièges sur Bastia. La réponse ? On va les diminuer ! Nous ne sommes absolument pas d'accord avec ces dispositions. Aux politiques de se saisir du problème.

- Il y a aussi la desserte estivale de HOP! sur Bastia que vous montrez du doigt ?
- Je trouve scandaleux que sur 30 ouvertures de lignes en Corse, il n'y en ait que 2 sur Bastia. Mais sur ce plan encore il appartient aux "politiques" d'intervenir. 





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