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Le collectif des victimes du 5-Mai réplique à Frédéric Thiriez


Rédigé par le Mercredi 15 Avril 2015 à 13:45 | Modifié le Mercredi 15 Avril 2015 - 14:38


"Frédéric Thiriez a accordé, ce dimanche sur France Inter, une interview durant laquelle il évoque la tragédie de Furiani ("il y a ce vieux contentieux du 5 mai") et notamment des décisions qui ont été prises par le Comité Exécutif de la Fédération Française de football après, dit-il, "une longue concertation". Il déclare également "je ne comprends pas que certains, sans doute à des fins politiques, veuillent remettre en cause cette décision". Le collectif des victimes a demandé à l'organe de presse qui a réalisé cette interview de pouvoir bénéficier de la possibilité de répondre à M. Thiriez. Cette opportunité ne nous a pas été donnée. C'est pourquoi nous avons choisi la voie de la lettre ouverte pour apporter des précisions et dénoncées les contre vérités avancées par M. Thiriez." souligne dans un communiqué le Collectif des victimes du 5 Mai 1992.


Le collectif des victimes du 5-Mai réplique à Frédéric Thiriez
Voici le contenu de cette lettre ouverte
"Ainsi, quand le président de la LFP parle de longue concertation, il fait allusion au comité qui avait été mis en place par Noël le Graet, président de la FFF lors de sa visite à Bastia en février 2012. Le Comité a été installé le 19 avril 2012, à Paris, par le président de la FFF, qui en a confié la présidence à M. Jacques Vendroux, directeur des sports de Radio France et victime de la tragédie.
L’objectif, qui lui a été assigné, était, après les commémorations du 20e  anniversaire de la tragédie, de proposer au Comité Exécutif (COMEX) de la FFF les moyens de ne plus voir cette tragédie, la plus terrible qu’est connue le foot français, retomber dans l’oubli. 

 

Il était constitué : de 3 représentants du collectif des victimes (Mmes Lauda et Josepha Guidicelli et M. Didier Grassi, Mme Vanina Guidicelli a participé aux travaux de la dernière réunion sur l’invitation du président du comité) ;  de M. Bernard Desumer, vice président délégué de la FFF ;  de M. Alain Chrisnacht, directeur général de la FFF (seulement présent lors de la réunion d’installation) ; de M. Jean-Pierre Hugues, directeur général de la LFP ;  d’un représentant de la Ligue Corse de Football (M. Marc Riolacci puis M. Lucien Feli) ; - de M. Pascal Boniface, directeur de la Fondation du Foot (qui a participé à la dernière réunion) ;  de M. Didier Rey, maître de conférences à l’Université de Corse, spécialiste du sport corse et méditerranéen ;  d’un représentant de l’USJSF (absent lors de la dernière réunion) et  de M. René Charrier, vice-président de l’UNFP. 


Le comité s’est réuni à trois reprises à la FFF les 19 avril, 11 juillet et 21 novembre 2012. 
Ces réunions se sont déroulées souvent dans des moments de tension forte, notamment entre le représentant de la LFP et les membres du collectif. En effet, M. Jean-Pierre Hugues a toujours eu un comportement hautain et condescendant s’évertuant à uniquement dénigrer la proposition de sacralisation du 5 mai sans même participer aux discussions sur les autres offres de commémoration. L’objectif clairement affiché par la LFP étant de faire passer son seul point de vue sur le 5 mai, c'est-à-dire pas question de geler cette date dans les calendriers du foot français... 

 

In fine, si les membres du Comité étaient parvenus à trouver des points de convergences, il restait un désaccord majeur sur le gel ou pas de la date du 5 mai dans les calendriers du football national. 
Ainsi, tous les membres s’étaient accordés à dire qu’il convenait de commémorer annuellement la tragédie de Furiani. Pour cela, il était proposé :  de cibler dans les calendriers du foot français (pros et amateurs) le 1er week-end du mois de mai comme date de commémoration annuelle. Une manifestation serait, tous les ans, organisée dans les ligues et districts pour sensibiliser les plus jeunes aux valeurs du football et du sport en général (le thème retenu serait arrêté par la FFF et la Fondation du Foot) et valorisée lors des rencontres des championnats nationaux (pros et amateurs) du week-end ciblé;  d’attribuer, tous les ans, une bourse (« labellisée 5 mai 1992 ») à un étudiant chercheur effectuant ses travaux sur un sujet touchant à l’environnement direct du football (sécurité dans les stades, argent et football, sociologie des supporters, paris et football, retombées économiques du football, analyse et comparaison de tragédies ayant un lien avec le football en Europe ou dans le monde...). Cette bourse pourrait être constituée de fonds de la FFF (via la Fondation du foot) complétés par une aide de la Collectivité Territoriale de Corse –CTC- (à solliciter). Un comité de sélection (avec un universitaire de l’Université de Corse, un universitaire de la fac du sport de Marseille, un représentant de la Fondation du foot et un représentant de la CTC) serait chargé d’attribuer cette bourse, ouverte à tout étudiant doctorant. 

 

Les points de vue étaient essentiellement divergents sur l’opportunité ou pas de jouer au football en France un 5 mai.
D’un coté, il était dit qu’il était compliqué pour des raisons économiques et d’organisation de calendriers de se priver d’une date et que jouer le jour anniversaire de la tragédie s’était aussi un moyen de rendre hommage aux victimes et de ne pas oublier (avec des actions entourant les rencontres programmées, ce jour-là). 
De l’autre coté, que l’expérience, déjà vécue, de rencontres organisées un 5 mai s’avérait désastreuse, notamment pour les victimes et pour ceux qui ont vécu la tragédie en direct. Ainsi, pour les défenseurs d’une position « d’un 5 mai sans match », il n’est pas concevable de revivre des moments de fête autour du football un 5 mai, comme ce fut le cas le 5 mai 2001 pour une finale de Coupe de la Ligue ou encore le 5 mai 2010 pour l’attribution du titre de champion de France à l’OM (mal vécu par Didier Deschamps, lui-même, alors entraîneur de l’OM et fervent défenseur d’un 5 mai sans match). Cette mesure de « gel » de la date du 5 mai (en fait quelques journées sur les 40 ans à venir) dans les calendriers du football, s’accompagnerait des mesures ci-dessus validées par tout le comité. 

 

Ainsi, concernant la programmation de rencontre de football national un 5 mai deux propositions ressortaient des débats du comité de suivi.
Une proposition, défendue par les représentants des autorités du foot national consistant à exclure l’organisation, un 5 mai, de toute rencontre de Coupe de France et de finale de Coupe de la Ligue et toute rencontre de compétitions nationales comportant un club issu de la Ligue Corse de Football.

Etne proposition, défendue par les représentants du collectif, demandant la pérennisation des décisions prises par les autorités du foot Français (FFF et LFP) à l’occasion du 5 mai 2012 (20e anniversaire de la tragédie) à savoir pas de matches de compétitions nationales organisées ce jour-là .
Voilà ce qu’étaient les conclusions réelles de ce comité. Mais, malheureusement, ce n’est pas ainsi qu’elles ont été présentées au Comité Exécutif de la FFF (COMEX) le 17 janvier 2013 et l’instance suprême du foot français s’est contentée de satisfaire les exigences de la LFP et de son président en actant simplement qu’on ne jouerait pas de finale de coupe un 5 mai et que les clubs corses ne joueraient pas de compétition officielle un 5 mai.
Non seulement la sacralisation du 5 mai n’a pas été retenue, mais les autorités du foot français (FFF et LFP) ont poussé le cynisme jusqu’à ne retenir aucune des autres propositions de commémoration annuelle.
Ni la FFF, ni la LFP ne peuvent donc se prévaloir de ces travaux. Pire, les mesures actées par le Comité Exécutif du 17 janvier 2013 reviennent, une nouvelle fois, à faire de la tragédie de Furiani une affaire corso-corse exonérant, de fait, les responsabilités nationales du foot français et de l’Etat. 


Enfin, parler de la tragédie de Furiani en employant les termes de "vieux contentieux" montre dans quel état d'esprit se trouve le plus haut responsable du foot professionnel français quand il traite de la tragédie de Furiani, de ses 18 morts et 2500 blessés...
Pour conclure, nous n’acceptons pas l’allusion de M. Thiriez quant à nos actions qui seraient initiées à des fins politiques. Le collectif des victimes du 5 mai 92, dès sa création, a toujours été apolitique et a toujours accepté tous les soutiens d’où qu’ils viennent. 
Ce que nous souhaitons lui rappeler, une nouvelle fois c’est qu’en 1992 le foot fric français a tué 18 personnes et en a envoyé 2 500 autres dans les hôpitaux de Corse et du continent...
Aujourd’hui, le foot français dans tous ses actes a fait le choix du business et du « tout fric »... Attention, les même choix produisent souvent les mêmes effets. Lapréparation de la coupe du monde au Qatar en 2022 en est actuellement une preuve éclatante avec déjà prés de 1 000 morts sur les chantiers des stades en construction ... 
Aujourd’hui, l'objectif du collectif reste ce qu’il a toujours été : que certains acteurs de cette tragédie (Etat, autorités nationales du foot ...) assument enfin, réellement et publiquement, leur part de responsabilité et oeuvrer pour ne pas oublier ce qui s’est passé le 5 mai 1992 à Furiani pour que cela ne se reproduise plus nulle part...  
Furiani mai piu !"

Pour le Collectif des Victimes du 5 mai 1992 
La présidente, Josepha Guidicelli, les porte-paroles Didier Grassi, Lauda Guidicelli




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