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Le chef du Gouvernement n’a pas vraiment convaincu à Ajaccio


Rédigé par Pierre BERETTI le Lundi 4 Juillet 2016 à 19:21 | Modifié le Mercredi 6 Juillet 2016 - 02:14


CTC, préfecture, mairie. Une visite bien remplie pour le chef du Gouvernement qui n’a pas vraiment convaincu les élus locaux en attente de davantage de mesures pour l’île.


 Le chef du Gouvernement n’a pas vraiment convaincu à Ajaccio
Une chose est sûre, la venue de Manuel Valls n’aura pas laissé indifférent. Le matin, c’est avec un arrière-goût d’amertume et de déception non dissimulées que les élus de la majorité territoriale ont quitté l’Assemblée de Corse. Les présidents Talamoni et Simeoni avaient, en effetn énoncé l’ensemble de leurs revendications (lire par ailleurs). S’il semble qu’il y ait une avancée sur le fameux arrêté Miot et la question de la fiscalité du patrimoine, les autres sujets, chers aux nationalistes, ont soit reçu peu de réponse, soit été peu voire pas évoqués.


Déception donc pour le statut de résident et les prisonniers politiques. Amertume sur d’autres sujets tels que la coofficialité qui ne trouve qu’un simulacre de solution à travers des mesures scolaires et l’agrégation de langue corse, mais qui ne répond en aucun cas à la demande de coofficialité.
Manuel Valls a tenté de faire « avaler la pilule » avec la signature du protocole PEI à hauteur de 471 M€ mais là encore, il ne s’agit pas d’une rallonge mais d’un accord déjà acté. Pas de cris de victoire à la sortie de la Collectivité Territoriale de Corse lundi matin. 

"Des limites que nous ne franchirons pas"

La visite du Premier ministre s’est poursuivie à la préfecture de Corse, le temps d’une conférence de presse. Ce dernier a clairement rappelé ses positions et celles du gouvernement : « Concernant le statut de résident, la coofficialité de la langue corse ce sont des limites que nous ne franchirons pas. Sur la question des prisonniers politiques, je le répète, il n’y a aucun prisonnier politique en France ».
Des mots très forts au regard des attentes des élus de la majorité territoriale, néanmoins légèrement tempérés par la suite du discours qui a salué les rapports de confiance et l’apaisement nécessaires afin d’œuvrer pour le développement économique de l’île.
Autre engagement de Manuel Valls positif : une proposition de loi visant à prolonger la voie dérogatoire de la Corse en matière de droits de succession qui devrait être rédigée d’ici la fin de l’année. La visite ajaccienne s’est achevée à la mairie d’Ajaccio. Le Premier ministre a noté les initiatives de la ville qui n’aura pas attendu la réforme de la Collectivité unique afin de débattre de sujets tels que l’avenir de la base d’Aspretto ou de la Citadelle.
Il a également rappelé le soutien financier de l’Etat quant au projet du nouvel hôpital tant attendu par la population du pays ajaccien.

Des manifestants en faveur de l’amnistie
La visite de la cité impériale aurait pu s’achever sur ses bonnes paroles mais c’était sans compter sur les manifestants du collectif Sulidarità venu interpeller vivement le chef du gouvernement sur la question de l’amnistie. « La question des prisonniers occupe la scène politique depuis plusieurs années, Manuel Valls l’a reconnu bien qu’il nie l’existence de prisonniers dits « politiques », a souligné Jean-Marie Poli, Président de Sulidarità.
C’est aller à contre sens de l’histoire puisque le conflit entre la Corse et la France est éminemment politique depuis des siècles et sur la période contemporaine depuis quarante années. Le FLNC a décidé de sortir de la clandestinité et le peuple corse s’est prononcé en faveur du mouvement nationaliste décidé à revendiquer l’amnistie et le rapprochement de nos prisonniers politiques. Cette question a été validée par l’Assemblée de Corse et par plus de la moitié des communes en conseil municipal. La Corse doit aujourd’hui s’inscrire dans une nouvelle démarche politique. L’Etat français doit comprendre que les prisonniers politiques corses font partie de la solution politique. Il faut s’inscrire dans la justice et non dans la vengeance ».  



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