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Langues menacées de disparition : François Alfonsi veut "engager" l'Europe


Rédigé par le Dimanche 10 Février 2013 à 20:25 | Modifié le Mardi 12 Février 2013 - 02:01


Le 23 Janvier dernier François Alfonsi, eurodéputé de la Corse présentait à Bruxelles en Commission Culture, son projet de rapport sur les langues européennes menacées de disparition et la diversité linguistique au sein de l'Union Européenne. Ce rapport d'initiative est l'aboutissement de trois ans de lobby et de travail constant au sein de la Commission Culture du Parlement Européen. Celui-ci aura pour objectif de relancer une volonté politique qui aille dans le sens d'un engagement de l'Union Européenne pour sauver et valoriser le patrimoine culturel et linguistique européen.


Langues menacées de disparition : François Alfonsi veut "engager" l'Europe
En effet, plus d'une centaine de langues sont répertoriées comme étant menacées de disparition en Europe et la langue corse en fait partie. Ce rapport veut influer sur les politiques et les programmes européens pour la période 2014-2010 en réclamant un soutien plus spécifique aux langues menacées de disparition parce que c'est là qu'il y a urgence, c'est là que le patrimoine culturel européen est directement attaqué.
Ce rapport a pour but de provoquer une prise de conscience au niveau européen et se sensibiliser les Etats membres. Il s'inscrit dans le droit fil du combat à mener au niveau national pour que François Hollande ratifie la Charte Européenne des langues régionales et minoritaires et du projet de statut de co-officialité de la langue corse.
L'agenda du rapport d'initiative entamé le 23 Janvier avec les premiers échanges de vue compte trois étapes. Celle du  22 Avril avec la présentation du rapport, celle du 18 Juin:avec le vote en commission CULT et celle de  Juillet ou Septembre  avec le vote en plénière.
A noter que 20 Mars prochain à Bruxelles de 14 b à 17 heures, François Alfonsi organisera dans le cadre de son rapport un "Workshop", une session de travail avec des représentants de la Commission Européenne, du Conseil de l'Europe, de l'Unescco, du Réseau de Promotion de la Diversité Linguistique (NPLD), ainsi que des représentants des communautés linguistiques européennes menacées de disparition.

L'intervention de François Alfonsi

Toutes les langues sont nécessaires à l'identité de l'Europe et il y a en Europe plusieurs centaines de langues.
Le Parlement Européen doit jouer un rôle et relancer une volonté politique qui aille dans le sens d'un engagement de l'Union Européenne pour sauver et valoriser ce patrimoine culturel et linguistique européen.

Chacune d'entre elles est consubstantielle de l'identité culturelle européenne. Or une approche scientifique existe, elle porte sur le monde entier puisque c'est l'UNESCO qui l'a mise en place et la met en œuvre.
 Cela permet de constituer un diagnostic de la santé des langues à partir d'un certain nombre de critères tels que la transmission générationnelle mais aussi le nombre de locuteurs, la densité des locuteurs dans la population où ils résident et également différents critères techniques par rapport aux nouveaux médias, par rapport à l'apprentissage et les moyens et les méthodes d'enseignement etc...
Ce diagnostic tel qu'il est posé permet d'affirmer aujourd'hui qu'il y a en Europe  - puisque c'est le sujet de ce rapport - plusieurs dizaines de langues qui sont concernées par une menace plus ou moins forte, plus ou moins proche de disparition et d'extinction.
C'est une question qui n'est pas nouvelle. Le Parlement européen il y a déjà une bonne trentaine d'année s'est soucié de la question des langues minoritaires et c'est d'ailleurs un travail de la Commission de la culture du Parlement européen, qui devenue ensuite résolution, est devenue la Charte européenne des langues minoritaires du Conseil de l'Europe.
Par conséquent,  le Parlement a déjà  eu un rôle positif par le passé, un rôle remarqué et remarquable et je crois qu'aujourd'hui il faut revenir à la tâche car la situation, notamment ces dix dernières années, n'est pas satisfaisante.  
On observe non seulement une accélération de l'érosion de la diversité culturelle européenne mais aussi un relâchement dans les politiques publiques alors qu'il s'agit bien d'un patrimoine européen.
Une langue c'est bien sûr le patrimoine de la communauté linguistique, mais au plan de la culture c'est un patrimoine de l'ensemble de l'Europe.

"Le corse existait avant que la Corse soit française"
Le corse, est une langue dont le patrimoine est celui bien sûr des corses mais c'est aussi une langue européenne avant d'être une langue française. Le corse existait avant que la Corse soit française. Et donc je crois que l'Europe a déjà structurellement une mission de veiller à la question des langues et de sa diversité culturelle. 
Et d'autre part il y a un intérêt dans la mesure où la diversité culturelle est pour l'Europe un élément très fort de sa capacité d'action, de sa capacité d'attraction et aussi de sa capacité de production culturelle car c'est dans la diversité que l'on multiplie les imaginaires, on multiplie les thèmes, qui permettent d'augmenter le volume général et l'attractivité de la création culturelle européenne.
Bien sur, il y a des situations très contrastées en Europe. Il y a des pays qui sont à mettre à l'honneur pour la qualité de leur politique en faveur des langues minoritaires.
Je pense par exemple à la Finlande et à la langue saamie où il y a depuis plus de 20 ans une action politique extrêmement forte et très fructueuse.
A contrario, on ne donnera pas de nom, mais malheureusement il y a d'autres Etats qui refusent d'accepter la diversité culturelle qui existe sur leur territoire et je pense qu'en agissant de la sorte, ils font injure à la démocratie européenne quand d'autres lui font honneur..
Alors ce rapport veut faire un focus plus spécifique sur les langues menacées de disparition parce que c'est là qu'il y a urgence, c'est là que le patrimoine culturel européen est directement attaqué et c'est aussi parce que il y a une responsabilité qui a été réaffirmée par le Traité de Lisbonne dans la mesure où la diversité culturelle a été hissée au rang de valeur essentielle et fondamentale de l'Union européenne.
Nous, nous pensons bien sûr que le rôle de l'Union européenne c'est d'abord de diffuser les bonnes pratiques. Les bonnes pratiques de la Finlande doivent évidemment pour nous, s'imposer naturellement dans tous les pays d'Europe et il revient à l'Union européenne de veiller à ce que ces bonnes pratiques soient diffusées de façon de montrer qu'elle se soucie de la pérennité de ce patrimoine culturel européen. 

"Provoquer un sursaut"
Il faut donc que nous au Parlement européen, nous soyons à nouveau en mesure de provoquer un sursaut, une prise de conscience au niveau de l'Union européenne qui, je l'ai dit, et notamment les dix dernières années a été peu attentive au niveau de la Commission sur cette question là où on observe un ralentissement très net de l'engagement de la Commission. Mais aussi au niveau des Etats où la responsabilité est première et où il faut effectivement trouver les mots et les moyens de convaincre  les dirigeants qu'il faut désormais donner une priorité à cette question.
Alors ce n'est pas toujours le cas. Il y a des effets de taille notamment au niveau de l'Union européenne qui fait qu'une communauté culturelle étroite a souvent beaucoup de difficultés à avoir accès aux dossiers européens où on exige des effets de taille, des effets de
masse considérables. Il y a beaucoup de choses qu'il faut regarder en détail, ce que nous essaierons dans ce rapport de faire. 

"Sensibiliser les États membres"
L'objectif quel est-il ?
Il va s'ouvrir une nouvelle période de programmation pluriannuelle 2014-2020, et il nous faut donc renouveler une volonté politique, renouveler un dialogue avec la Commission pour que le soutien aux langues minoritaires ne soit pas le grand absent de cette programmation 2014-2020, comme malheureusement je pense quand même qu'il a été le grand absent de la programmation précédente 2007-2013. 
Il faut en effet que les communautés, les collectivités concernées, celles qui ont en charge ce patrimoine linguistique parce que les populations qui l'ont hérité des générations précédentes y vivent et y ont leur action culturelle ; Il faut que ces collectivités, ces communautés culturelles soient davantage aidées et soient davantage encouragées dans les bonnes pratiques.
Et enfin bien sûr ce rapport va être l'occasion de sensibiliser les Etats membres. Il doit être rendu hommage aux plus vertueux d'entre eux. Il doit être mis l'accent, pour ceux qui le sont beaucoup moins, sur l'erreur politique considérable que cela représente pour une grande démocratie européenne de ne pas prendre d'avantage en considération la diversité culturelle qui existe sur son sol.
NDLR : Les intertitres sont de la rédaction  




1.Posté par John le 11/02/2013 20:59
Le corse existait avant que la Corse ne soit française.

La France n'a aucun droit sur ma langue !

Détruire une langue, c'est du fascisme.

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