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Langue corse : Les centres d’immersion linguistique accueilleront, aussi, les collégiens et les lycéens


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 16 Juillet 2017 à 20:08 | Modifié le Dimanche 16 Juillet 2017 - 22:13


Le Pianu Lingua 2020, plan de la normalisation de la langue corse adopté le 16 avril 2015, définit une stratégie de développement de l’enseignement du corse, de son apprentissage tout au long de la vie et de soutien aux centres d’immersion linguistique. En 2016, une convention d’un an a été signée entre la Collectivité territoriale (CTC) et l’Etat pour assurer le financement des quatre centres de séjour et d’études corses qui accueillent en immersion, pour des séjours allant d’une journée à une semaine, les classes des sections bilingues du premier et second degré. Lors de sa dernière session de juin, l’Assemblée de Corse a voté le renouvellement de ce financement pour un an. Le groupe Corsica Libera a déposé un amendement pour étendre ces séjours aux collégiens et aux lycéens. Explication, pour Corse Net Infos, de Laura Maria Poli, conseillère territoriale et présidente de la Commission du développement social et culturel, une des trois commissions organiques qui s’occupe, notamment, des rapports traitant la langue et la culture corses.


Laura Maria Poli, conseillère territoriale du groupe Corsica Libera et présidente de la Commission du développement social et culturel.
Laura Maria Poli, conseillère territoriale du groupe Corsica Libera et présidente de la Commission du développement social et culturel.
- Combien la Corse compte-t-elle de centres d’immersion ?
- Elle compte quatre centres, trois en Haute-Corse – Savaghju à Vivariu, Loretu di Casinca et Campanari à Bastia - et un en Corse du Sud à Bastelica. Le but de ces centres est de mettre des écoliers en immersion dans un bain linguistique. Sont concernés les primaires, de la maternelle au CM2, et les collégiens. Il est d’autant plus important de soutenir ces centres qu’il y a de plus en plus d’écoles bilingues en Corse et même de plus en plus d’écoles qui ne sont pas bilingues, mais qui intègrent des contenus en langue corse.
 
- Lors du vote de la convention relative au financement des centres du Cismonte, vous avez déposé un amendement. De quoi s’agit-il ?
- Le groupe Corsica Libera a présenté un amendement concernant le centre linguistique de Savaghju - Vivariu pour étendre ce dispositif aux lycéens en fonction des capacités d’accueil. La priorité est donnée aux scolaires du primaire qui sont accueillis dans ce centre pendant une période d’une semaine. En fonction des disponibilités, nous demandons que cet accueil bénéficie, aussi, aux collégiens et aux lycéens. A partir du moment où un travail est accompli sur les primaires et poursuivi sur les collégiens, il est dommage qu’il ne soit pas étendu aux lycéens.
 
- Tous les collégiens et lycéens de Haute-Corse sont-ils concernés ou seulement ceux de la microrégion ?
- Tous sont concernés. Sur les quatre centres d’immersion, deux sont à vocation régionale : Savaghju et Bastelica et sont ouverts à tout le monde. Les deux autres, Loretu et Bastia, sont réservés aux écoliers du primaire du circondu, de la circonscription.
 
- Combien de scolaires fréquentent ces centres ?
- L’an dernier, dans le Cismonte, donc sans Bastelica, environ 1 900 scolaires ont fréquenté les trois centres. Ce chiffre est en progression constante. Il prouve que ces centres sont des outils très efficaces qui séduisent les enfants et les enseignants et ont vocation à s’étendre à toute la Corse. Ce serait bien qu’en Corse du Sud, qui ne compte que le centre de Bastelica, d’autres centres se créent. Et, pourquoi pas aussi, comme Saveriu Luciani l’a proposé, étendre ces centres à la formation continue pour des adultes, des salariés, des fonctionnaires et des personnels d’entreprises. Nous y sommes tout à fait favorables.
 
- Quel est la durée moyenne d’un bain d’immersion ?
- Il dépend des centres. Certains, comme Loretu et Bastia,  proposent un bain d’une journée. Dans les deux centres à vocation régionale, la durée est d’une semaine, l’immersion est vraiment totale.
 
- Ces centres obtiennent-ils des résultats concrets sur la pratique du corse chez les jeunes ?
- Oui ! De plus en plus d’enfants parlent corse ! Nous le voyons quand des écoliers ou des collégiens viennent à l’Assemblée. A la dernière session, nous avons reçu une classe bilingue de 5ème du collège de Corte, nous avons constaté que les élèves maîtrisaient, au-delà d’un certain apprentissage, parfaitement la langue corse. Les résultats sont là, grâce notamment aux centres d’immersion, mais pas seulement ! Ils sont la conséquence de la politique linguistique globale qui est menée, surtout depuis notre arrivée aux responsabilités.
 
- La déperdition de l’enseignement du corse au lycée est-elle toujours aussi forte ?
- Oui ! C’est la conséquence du système éducatif actuel qui oblige les lycéens à choisir entre des langues, des options… Le jeu des coefficients au baccalauréat entre en compte. Ce qui est sûr, c’est la montée en charge dans le primaire des écoles et des enfants bilingues qu’il faut accompagner dans le secondaire et au-delà même du secondaire à travers les bains linguistiques que proposent les centres d’immersion, notamment Bastelica et Savaghju avec des séjours d’une semaine afin d’optimiser et de réussir à prendre en charge cette montée des effectifs qui provient du primaire. Le plan de formation des enseignants du primaire devrait encore accentuer cette montée en puissance. C’est, aussi, le but de la demande de cadre normatif spécifique qui a été présentée par Josepha Giacometti et votée par l’Assemblée.
 
- Est-ce suffisant ?
- Pour nous, bien évidemment, non ! Généraliser l’enseignement du corse fait partie de la stratégie globale de la majorité territoriale. Notre objectif, c’est le statut de coofficialité de la langue, nous nous battons pour l’obtenir. En attendant, nous avançons, nous franchissons des étapes. La progression du nombre d’élèves en classe bilingue est, déjà, une très bonne chose. Il faudrait davantage de centres d’immersion pour permettre à un maximum d’enfants et de jeunes d’y avoir accès, en dehors même des classes bilingues, nous y arriverons petit à petit.
 
- Avez-vous espoir d’arriver un jour au bilinguisme ?
- Sans la coofficialité de la langue corse qui est la mesure juridique permettant de replacer le corse au centre de la société, donc de le sauver, on n’arrivera pas au bilinguisme ! En attendant d’obtenir cette avancée politique, la majorité territoriale met en œuvre une stratégie visant à intensifier ce qui fonctionne. Par exemple, les centres d’immersion. Notre ambition est de corsophoniser les jeunes générations.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 



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